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Mar, Oct

Politique

Perçue plus qu’une purge, mais un démantèlement des réseaux et espaces de pouvoir du secrétaire d’Etat à la Défense, Jean Baptiste Bokam, la vague des promotions des sous-officiers et sous-officiers supérieurs de gendarmerie, signée du Mindef, Mebe Ngo’o Edgar Alain provoque des «gorges chaudes» dans les brigades de gendarmerie et les pelotons routiers motorisés.

Séisme ! Tsunami ! Chasses aux sorcières ! Démantèlement et neutralisation des réseaux de Jean Baptiste Bokam… Il n’existe pas d’expression forte pour qualifier, les violentes secousses qui s’observent depuis quelques jours au sein de la gendarmerie nationale. Dans les casernes, les compagnies et brigades Ter de gendarmerie, tout comme au Sed, l’émoi qui s’est emparé des collaborateurs du secrétaire d’Etat, en charge de la gendarmerie, prête du flanc à de la controverse. «Tout laisse croire, qu’il y a derrière ce vaste mouvement d’affectations ciblées, des sous-officiers et sous-officiers supérieurs de gendarmerie, une volonté sinon de nuire, celle de marcher sur les plates-bandes du Sed. L’opportunité d’un tel chamboulement ne se justifie pas ; d’autant que les derniers mouvements dans les brigades Ter, effectués par le Sed, datent du mois de septembre 2013» s’indigne un adjudant chef major. Plus qu’un acte exceptionnel, le coup de pied du Mindef, Mebe Ngo’o Edgar Alain, dans la fourmilière, ressemble à de l’inédit.

« Les pelotons routiers motorisés (Prm), sont le secteur le plus juteux de la gendarmerie. Il en est aussi de certaines brigades Ter, qui se trouvent dans le Littoral, plus particulièrement dans les zones portuaires. A l’exception de trois ou quatre postes de commandement des pelotons routiers motorisés (Bamenda, Buea, Bafia dont les plénipotentiaires sont les protégés des proches du Mindef), près de 18 commandants de Prm, sur les 22 que compte le pays, ont été relevés de leur poste de commandement par le mouvement massif, sans avoir fait l’objet d’un dossier disciplinaire. C’est curieux.» Explique un commandant de compagnie. S’agissant des chiffres, plus de 75% de sous-officiers et sous-officiers supérieurs de gendarmerie, relevant des équipes des brigades Ter et certains Prm, mises en place par Jean Baptiste Bokam, ont été «chassés» de leur poste de commandement.

Beaucoup de gendarmes s’interrogent sur ce qui peut expliquer la nécessité pour Mebe Ngo’o de faire un vaste ménage des commandants de brigade Ter, alors que ceux-ci, sont arrivés à leur poste de commandement depuis seulement six mois. D’autres redoutent une démobilisation qui pourrait s’en suivre, tant sur le service qu’au niveau de l’année scolaire de la progéniture de certains commandants déchus.


Qui peut le plus, peut le moins

De par ses fonctions de ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, il va sans dire que le ministre Mebe Ngo’o Edgar Alain a compétence à effectuer des promotions des sous-officiers et sous-officiers supérieurs de gendarmerie. Il est d’autant plus fondé à le faire, dès lors que Jean Baptiste Bokam, qui est secrétaire d’Etat à la gendarmerie, l’est auprès du Mindef. Ce qui étonne, c’est l’envie soudaine du Mindef, Mebe Ngo’o Edgar Alain, d’opérer lesdites affectations dans des services qui, jusqu’ici, sont restés la chasse gardée de Jean Baptiste Bokam, depuis sa nomination au Sed en septembre 2006. Les dernières nominations des responsables dans les unités territoriales de la gendarmerie nationale datant de septembre 2013 ont été signées du Sed. Bien avant l’arrivée de Jean Baptiste Bokam, depuis au Sed, ceux qui l’y ont précédé, au rang desquels, Remy Ze Meka, Jean Marie Aléokol, ont toujours effectué ce type d’affectations.

La promptitude du Mindef, à faire le ménage alors que celui qu’il appelle affectueusement « Tonton » est affaibli par la maladie et se trouve interné à l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce en France, ne manque-t-il pas d’élégance ? Le Mindef aura du mal à expliquer à son « Tonton » qu’il n’y a pas derrière cette couche inutile de verni, la volonté de faire perdre à Jean Baptiste Bokam, ses repères et le contrôle des opérations, de retour de sa maladie. Les décisions du Mindef signées le 09 mars (un dimanche), laissent entrevoir dans l’article 2, que « le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense en charge de la gendarmerie, est chargé de l’application desdites décisions».

Souley ONOHIOLO


Focal: Un commando pour clarifier des affectations en gestation

Il n’est pas de nature; même qu’il arrive difficilement que des sous-officiers et sous-officiers supérieurs de gendarmerie, de l’armée en général, rechignent, s’indignent et se révoltent au point de vouloir faire volte-face à des décisions prises par la hiérarchie. A entendre les cris de colère, d’amertume et d’indignation qui retentissent de part et d’autre, le pire est à craindre. Les décisions du Mindef sont sujettes à polémiques. Sous cape, certains sous-officiers et sous-officiers supérieurs, parlent de la surenchère et de diverses arnaques dont ils ont été victimes. «Beaucoup de millions ont été versés aux intermédiaires pour le maintien ou la promotion à certains Prm et brigades Ter juteux. Il y a une folle intention de purger la gendarmerie par l’anéantissement des proches du Sed» explique un Maréchal des logis chef. Autre curiosité, les sous-officiers et sous-officiers supérieurs, balayés de leur poste de commandement ont été affectés à des fonctions de secrétaire ou chef secrétaire ; si le poste est prestigieux en terme d’occupation de l’espace de pouvoir, il s’agit d’un simple garage, au vu du dénuement en termes d’avantages.

Autres curiosités, des cas de doublons dans les affectations (des gens qui se retrouvent dans plusieurs postes de commandement à la fois), des confusions de positionnement tant au niveau des grades que de l’ancienneté. Certaines langues évoquent la nomination au poste de pelotons routiers motorisés (Prm), des sous-officiers qui ne disposent pas du permis « solo » qui confère les aptitudes à exercer la fonction de conducteur de moto. Ce qui laisse présager une certaine précipitation dans la préparation des décisions. Face à la situation, l’on redoute une certaine résistance qui pourrait survenir lors de la passation de service. Dans les coulisses, certaines sources parlent de l’entêtement de certains sous-officiers et sous-officiers supérieurs, balayés, à ne pas céder leur fauteuil, tant que la clarification de leur situation n’est pas faite. L’on évoque, la création d’un commando pour la clarification de la situation. Une telle démarche peut-elle prospérer ? Wait and see;

© Souley ONOHIOLO : Le Messager

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