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Réunis autour du Comité citoyen pour le redressement du football camerounais (Cocirefca), ces anciennes gloires du football qui ont donné une conférence de presse vendredi 5 avril 2013 à Yaoundé, condamnent le dernier courrier de la Fédération internationale de football Association (Fifa) menaçant de suspendre la Fécafoot.

Le sujet, le temps d’un week-end, a fait le tour de la toile. Charriant comme toujours commentaires et débats. En effet, jeudi 04 avril 2013, la Fifa, sous la plume de Jérôme Valcke, son secrétaire général, a saisi Iya Mohammed, président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) pour lui signifier que l’Etat du Cameroun ne doit pas s’ingérer dans le processus électoral en cours. « Nous avons été informés du courrier du ministre des Sports et de l’éducation physique au sujet des élections au sein de la Fédération camerounaise de football daté du 26 mars et dont le contenu a retenu toute notre attention. Nous avons ainsi pris note de la demande ministérielle de surseoir à l’exécution du calendrier électoral de la Fécafoot », fait savoir la Fifa qui précise que la correspondance du Minsep faisait suite à des plaintes de certains acteurs du football camerounais ainsi que de l’inquiétude suscitée par les supposés incidents dans deux ligues membres de la Fécafoot. Et de rappeler que «la décision du ministère et sa mise en œuvre par les différents préfets ne manquent pas d’inquiéter, car il s’agit d’une ingérence dans les affaires internes de la Fécafoot qui doit être seule à même de prendre de telles décisions conformément à ses statuts. Les articles 13 et 17 des statuts de la Fifa exigent en effet des associations membres qu’elles gèrent leurs affaires de façon indépendante et sans l’ingérence d’aucun tiers, faute de quoi elles sont susceptibles d’être sanctionnées». 

Le ton du Sg est ferme et se veut de plus en plus incisif puisque plus loin, Valcke argue « qu’au vu de ces circonstances, nous vous prions de prendre contact avec les autorités concernées, et plus particulièrement le ministère des Sports, pour leur faire part de la position de la Fifa et faire en sorte que la décision soit révoquée afin d’éviter une détérioration de la situation (…) Nous vous saurons gré de bien vouloir nous tenir informés des démarches que vous aurez effectuées et de leurs résultats jusqu’au mardi 9 avril 2013 au plus tard. Faute d’éléments concrets prouvant la fin de l’ingérence ministérielle, nous nous verrions alors obligés de porter le cas à la connaissance des organes de la Fifa appropriés pour plus de considérations. » C’est dire que la Fécafoot dispose donc de 4 jours pour clarifier le processus de renouvellement de ses organes de base. Or l’objectif déclaré d’Adoum Garoua était d’arriver à un « aboutissement heureux » des opérations électorales. 


Stratagèmes 

Cette correspondance de la Fifa vient donner raison au Messager (lire l’édition du jeudi 28 mars 2013) et prouve que contrairement à ce qu’elle a voulu faire croire à l’opinion publique, la Fécafoot avait bel et bien écrit à la Fifa pour demander qu’elle intervienne pour mettre la pression sur l’Etat du Cameroun. En réaction à ce courrier qui a visiblement été la goutte d’eau de trop, le Cocirefca à grands renforts d’arguments juridiques, a démonté la thèse de l’ingérence que brandit la Fifa pour dédouaner la Fécafoot. Pour Joseph Antoine Bell, « cette lettre, manifestement, a été dictée de manière indirecte et il y a eu des influences qui font que ça ne peut pas être la position officielle de la Fifa. » Conclusion ; la fédération aurait mis la pression sur l’instance mondiale pour qu’elle fasse peser sur le Cameroun la menace d’une suspension. D’ailleurs, à ce sujet, Roger Milla, David Mayebi, Joseph Antoine Bell et Emmanuel Mvé, le président de cette association, ont remis aux hommes de médias un document de quatre pages qu’ils présentent comme les stratagèmes mis en place par les dirigeants de la Fécafoot dans le but de se maintenir ad vitam aeternam à la tête de cette instance. 

L’un des quatre points dudit document porte sur les commissions spécialisées de la Fécafoot qui sont par essence des structures opérationnelles qui constituent les moyens d’action de celle-ci. Ici, le Cocirefca rappelle qu’en son article 11, les statuts de la Fédération précisent que « les membres de la Fécafoot sont les clubs, la Ligue de football professionnelle du Cameroun, les Ligues décentralisées (régionales, départementales et d’arrondissement), les associations des corps de métier ». L’article 20 alinéa 2, lui, dispose que « n’ont en revanche pas qualité d’organe de la Fécafoot mais exercent un rôle purement consultatif, les commissions permanentes et les commissions spécialisées ». Suffisant pour s’insurger contre l’attitude du secrétaire général de la Fécafoot qui, dans sa circulaire du 29 janvier 2013 fixant les modalités des prochaines élections à la Fédération, a demandé aux présidents desdites commissions d’élire en leur sein des représentants qui siègeront au sein des nouvelles assemblées départementales, régionales et fédérales. 

Plus loin, les membres du Cocirefca condamnent la suspension de l’Association des footballeurs camerounais (Afc) de toute activité au sein de la Fédération. Car « comment concevoir, que des élections puissent être organisées au sein de la Fécafoot sans les principaux acteurs que sont les footballeurs ? », s’interroge Emmanuel Mvé qui estime qu’il s’agit là d’une incongruité et d’une injustice qu’il faut très vite réparer. A suivre… 

© Christian TCHAPMI : Le Messager


 

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