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Mar, Oct

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Frustrés et courroucés par les agissements de certains de leurs anciens coéquipiers faisant partie aujourd’hui du Comité citoyen pour le redressement du football camerounais (Cocirefca), ces idoles, réunis autour d’une association qui verra bientôt le jour, exigent un peu plus de considération. Sollicité pour arbitrage, le ministre des Sports et de l’éducation physique qui les a reçus vendredi dernier, a promis une rencontre entre les deux « factions » mardi 16 avril prochain.

Que sont devenus les héros des Coupes du monde 82, 90 ? Difficile de répondre à cette question sans ressentir un pincement au cœur. Ils sont certes nombreux à pouvoir raconter avec une pointe de nostalgie les prouesses de Timothée Makongo, Mbida Arantes, feu Théophile Abéga ou encore Jean Pierre Tokoto, Onana Eloundou, Beb Solo, Aoudou Ibrahim et Cie, mais peu sont à même de dire ce qu'il est advenu de la plupart de ces dignes ambassadeurs du Cameroun. Si quelques uns ont réussi à sortir la tête de l’eau et occuper certains postes clé dans des instances faîtières du football national, continental et même mondial, d’autres ont sombré dans l'anonymat. La conférence de presse qui a eu lieu jeudi 11 avril à Yaoundé avait entre autres buts, de dénoncer cette injustice à laquelle sont victimes ces anciennes gloires du football camerounais. C’est pourquoi l’essentiel de la communication a tourné autour de la nouvelle dynamique qu’ils entendent désormais impulser à leur famille ébranlée par des opportunistes de mauvais aloi. 

En effet, pour Michel Kaham, Emmanuel Maboang Kessack, Tataw Stephen, Edmond Enoka, Wamba Petit Michel, Olé Olé et bien d’autres qui défendent cette cause, « il est temps de mettre fin à cette époque où un groupuscule d’anciens footballeurs envahit les médias pour parler au nom de leurs camarades alors même qu’ils n’ont jamais rien fait pour leur tendre la main et marcher ensemble ». A en croire ces légendes, Roger Milla, Emmanuel Mvé, David Mayebi et Cie qui ont monopolisé la parole dans les médias et passent le clair de leur temps à s’autoproclamer porte-parole des anciennes gloires, devraient comprendre que cette époque est révolue. En clair, ils condamnent avec la dernière énergie l’attitude de ces anciens coéquipiers véreux qui sont dans la gestion du football depuis des lustres et n’ont jamais rien fait pour les footballeurs. Mais lorsqu’ils sont mis en minorité, ils viennent solliciter les anciens joueurs pour parler en leur nom. Comment comprendre cette levée de bouclier qui survient à un moment où les élections dans les ligues décentralisées de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) battent leur plein ? « Il n y avait pas meilleur moment que celui-ci. Nous avons justement profité de l’environnement ambiant marqué par le public qui a les yeux rivés sur les footballeurs et ceux qui gèrent ce football, pour faire entendre nos voix. L’actualité s’y prête et nous sommes convaincus que nous serons écoutés et que notre combat ne sera pas vain », répond Michel Kaham qui balaie du revers de la main, la thèse de la manipulation. 


Clanisme 

Pour le directeur du Centre de formation Kadji sport academy, ces vieux Lions ne souhaitent qu’une chose : se faire entendre. Ce d’autant plus que « le problème est de trouver un consensus entre nous. Nous voulons former un groupe d’anciens joueurs soudés, avec tous ceux-là. Nous allons tenir une assemblée générale où nous devons élire des gens pour désormais nous représenter », espère Dagobert Mougam. Lui qui précise qu’il est question aujourd’hui de mettre sur pied une association qui va rassembler tous les footballeurs qui ont défendu avec fierté les couleurs du Cameroun. Ce qu’ils appellent le «Forum de la grande famille des footballeurs sans voix et laissés pour compte». Lequel permettra d’éviter les querelles, le copinage et le clanisme qui ont souvent caractérisé certains de leurs leaders vivant aujourd’hui dans une opulence des plus critiquées. Une démarche qui ne saurait se faire sans un cadre juridique clairement défini par des instances que sont la Fécafoot, la Confédération africaine de football (Caf), la Fifa et le Minsep. « Nous n’allons pas faire sans ces instances puisque notre démarche suit une ligne directrice qui veut que nous marchons ensemble sans exclure personne », explique Maboang Kessack. 

Pour joindre la parole aux actes, ceux-ci sont allés investir le ministère des Sports vendredi matin, jurant de ne quitter l’enceinte que lorsque le maître des céans les aura reçus. Mêmes les mots apaisants et les multiples suppliques de Malik Evele Atour, le directeur des normes et du suivi des opérations sportives (Dnsos) n’ont pas suffi à entamer la détermination de cette vingtaine de visiteurs d’un autre genre. Ces derniers auront finalement gain de cause puisqu’ils vont rencontrer Adoum Garoua quelques minutes plus tard. A retenir de cette audience ? « Nous sommes allés présenter nos doléances au ministre des Sports afin d’apporter aussi notre contribution aux consultations élargies qui ont commencé depuis le 9 avril dernier. Nous sommes près de 90% d’anciens footballeurs, qui n’avons mandaté personne pour parler en notre nom. Heureusement, le ministre nous a écoutés et nous a donnés rendez-vous mardi prochain où nous ferons face à ces anciens coéquipiers», explique Michel Wamba. Affaire à suivre. 

Christian TCHAPMI : 

Le Messager

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