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Sam, Aoû

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Trop c’est trop ! Le premier sportif Camerounais en a ras-le-bol. Sa décision de prescrire à son premier ministre de mener une enquête en bonne et due forme sur la débâcle des Lions Indomptables au Brésil, est l’expression d’une colère exacerbée longtemps entretenue.

Quand Paul BIYA qui a pourtant la réputation inouïe d’être pondéré, flegmatique, patient et surtout stoïque et d’un stoïcisme légendaire décide spontanément de saisir le taureau par les cornes, c’est dire que l’heure est grave et que l’honneur du pays est sérieusement galvaudé. Mais l’on ne devrait pas se méprendre sur la réaction spontanée du Chef de l’Etat. Sa prescription démontre à suffisance qu’il reste constant dans ses approches managériales. Malgré la gravité des faits et gestes constatés dans la tanière des Lions et son environnement immédiat  avant, pendant et après la compétition, Paul BIYA résiste à la tentation de trancher dans le vif.  C’est vrai que s’il l’avait fait, cela aurait atténué les douleurs qui rongent de la majorité de ses compatriotes.
C’est vrai par ailleurs que la gravité de la situation  nécessitait l’urgence de sa résolution. Beaucoup de camerounais se seraient attendus que le Chef de l’Etat coupât toutes les têtes de turc sans coup férir et sanctionnât avec la dernière énergie tous ceux qui, de près ou de loin, auraient eu une part de responsabilité dans la débâcle des Lions au Brésil. D’aucun ont même cru, a tort ou a raison, que cette déculottée des Lions provoquerait, ipso facto, un réajustement ministériel. Que nom. Paul BIYA reste fidèle a son tempérament et égal a son style.

En donnant un mois au premier ministre pour mener une enquête aux fins d’établir toutes les responsabilités des uns et des autres et proposer une sorte de plan Marshall pour redonner au football camerounais toutes ses lettres de noblesse, il se donne lui-même le temps de prendre la pleine mesure de la forfaiture.

 

La prescription présidentielle, il convient de le préciser, est un véritable coup de semonce à tous ceux qui ont l’habitude de tirer les marrons du feu et d’opérer en sous marinage dans les eaux troubles. Indubitablement, ils seront tous traqués. Paul Biya ne recule jamais quand il décide de frapper. Rien alors rien ne l’arrête plus.

En 2010, au sortir de la Coupe du Monde foireuse en Afrique du Sud, les langues se sont liées et déliées. Le sujet avait fait les choux gras de la presse nationale et internationale. Michel Zoah, alors  ministre des sports et de l’éducation physique avait même été interpellé par les députés à l’Assemblée nationale. Sans fard, il dénonça tous les maux qui minaient le bon fonctionnement des Lions Indomptables. Malgré tous les tourbillons, soubresauts et les frasques des uns et des autres en Afrique du Sud,  Paul BIYA s’abstint de sévir.

Cette fois, le président de la république sort de sa réserve, comme pour dire que la récréation n’a que trop duré et doit terminer. Aux grands maux, de grands remèdes. Que ceux qui se complaisent dans les convictions du genre : il n’y aura rien de grave et que c’est un coup de vent qui passera, que ceux là se détrompent et se désillusionnent. Quand BIYA se fâche, il devient comme «un monstre sacré». Tous les fauteurs de troubles et autres mafieux n’ont qu’à bien se tenir. Ils sont dans l’œil du cyclone. Ils n’échapperont guère. On ne perd rien à attendre.

© Mutations : Emmanuel Jonas Kana

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