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24
Mar, Avr

Sport

Qu’on se le dise. La succession de Iya Mohammed se joue en partie dans les Ligues régionales. Entre tractations de coulisses, pots-de-vin, parrainage et guerre d’intérêts, les lieutenants du président sortant de la Fécafoot se livrent bien avant le 25 mai, à des sourdes batailles de positionnement ou de déstabilisation du camp d’en face. Lesquelles viennent conforter la position de certains observateurs avertis du football camerounais qui estiment que la course vers le fauteuil pour la prochaine olympiade à la Fécafoot est bien loin d’une simple ballade de santé. Sinon comment comprendre que les accords et les « pactes de non agression » qui ont sous-tendu les élections en 2009 se transforment en confrontations d’un autre genre. Les Ligues régionales du Centre, Littoral, Nord et Ouest ont montré à travers leurs différentes assemblées générales électives que les guerres de positionnement en vue des élections au niveau fédéral sont plus que jamais tributaires des élections à la base où certains administrateurs et autres membres du bureau exécutif se battent pour conquérir leur électorat dans l’espoir d’être reconduit ou de franchir un pallier de plus dans la nomenclature de cette prestigieuse fédération. 

Dans le Littoral, on a frôlé le pire lundi dernier. Alors que les membres du collège électoral sont réunis dans la salle où doit avoir lieu l'Assemblée générale élective de la Ligue régionale dans un hôtel au quartier Bonanjo à Douala, un incendie provoqué par un court-circuit, se déclare, vite maîtrisé heureusement. Mais il s’en suit une guerre d’intrigues et d’intimidation à nulle autre pareille. La présence sur les lieux de Tombi A Roko Sidiki, le secrétaire général de la Fécafoot, David Mayebi, vice-président ou encore René Mpondo Black, suffit-elle pour produire l’irréparable ? En fait, les membres des différentes factions en lice s'accusent mutuellement d'être à l'origine du feu, ouvrant ainsi un boulevard à des échauffourées qui vont entraîner l'évacuation du site par les éléments des forces de l'ordre. Ces derniers, en nombre sur les lieux, n’ont d’autre choix que de filtrer les entrées de l'hôtel. Le tout, sous l'œil vigilant du sous-préfet de Douala 1er, Ekoa Mbarga. Comme si cela ne suffisait pas, quelques manifestants scandant des slogans anti-Fécafoot à l'entrée de l'hôtel vont en rajouter à l’atmosphère déjà très tendue. A en croire Léa Eyoum, le président sortant, l’auteur de ce désordre n’est autre que la Fécafoot qui a choisi de botter en touche les prérogatives de la Ligue pour s’empresser de convoquer les élections. Résultat des courses : les élections sont suspendues jusqu’à nouvel avis. 

Circulaire 

Une suspension qui intervient deux jours seulement après la décision de la Commission électorale fédérale de la Fécafoot d’annuler les élections à la ligue régionale du Nord suite à un recours introduit par Abdouramane Hamadou. En sa qualité de président de l’Etoile filante de Garoua, l’ancien directeur de cabinet de Iya Mohammed dénonçait son exclusion de l’Assemblée générale élective, parce que non convoquée comme tous les autres membres de droit. Les membres de la Ligue qui avaient déjà accordé la majorité des suffrages à Alim Konaté, motivaient cette décision courageuse par le fait que le club était inscrit au championnat en cours, selon l’article 4 des statuts des Ligues décentralisées. Une sanction qui, apprend-on, n’était que la conséquence de la circulaire du secrétaire général de la Fécafoot signée du 29 janvier, qui excluait du processus les électeurs issus des clubs qui n’ont pas pris part aux championnats régionaux et départementaux la saison 2011-2012, au cas où leurs championnats n’auraient pas été engagés avant le 20 février. Ce qui est le cas pour la Ligue en question dont le démarrage du championnat initialement programmé pour le 03 février n’est pas encore effectif. Le Sg avait donc agit hors de son terrain de compétence. Et Abdouramane qui a reniflé le complot, a saisi la Commission électorale nationale mise sur pied par la Fécafoot qui lui a finalement donné gain de cause. 

Elections plutôt calme à la Ligue régionale du Centre. Sans surprise, Luc Assamba a été réélu pour les quatre prochaines années par 89 voix sur 90 votants, avec un bulletin nul. Le maire de l’arrondissement de Yaoundé II, seul candidat à la présidence, succède à lui-même. Ce dernier qui dit orienter sa feuille de route en priorité sur les infrastructures, rappelle qu’il faut que les enfants jouent sur de bons terrains de football. C’est pourquoi « on va s’y mettre pour que nos équipes évoluent sur des terrains appropriés. Nous allons travailler suivant les règles de l’art. Il faut former toutes les entités de notre football. Il faut que les clubs de première division du Centre deviennent africains, disputent la Coupe du Cameroun, que la région du Centre continue à diriger le football camerounais en donnant le ton. On devra être les meilleurs », promet-il. Fait notable, des réaménagements ont été opérés dans le nouveau bureau exécutif ainsi qu’au niveau des délégués qui représenteront la région à l’Assemblée générale fédérale du 25 mai prochain. Faustin Mbida a quitté son poste de secrétaire général au profit d’Albert Ayomba. Une mutation que Luc Assamba s’empresse d’expliquer : « l’ancien secrétaire général a une autre fonction qui est incompatible. Il travaille déjà à la Fécafoot et ne peut donc plus occuper une place dans le bureau de la Ligue régionale de football du Centre », souligne-t-il. 

Radiation 

Antoine Depadoue Essomba Eyenga, Joseph Mbanga et Henri-Claude Balla Ongolo ont été exclus de la liste des délégués devant représenter la région du Centre à l’Assemblée générale fédérale. Ils payent là sans doute le prix de leur prise de position contre la Fécafoot. Eux qui, réunis au sein du Comité d’urgence, ont écrit à la Fédération internationale de football association (Fifa) le 08 avril dernier pour désavouer Iya Mohammed et déclarer leur solidarité au ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep), mis en cause pour ingérence après avoir décidé de surseoir au processus élection au sein de la Fécafoot et de ses ligues décentralisées jusqu’à nouvel ordre. 

A l’Ouest, tout est passé comme lettre à la poste. Joseph Feutcheu présidera aux destinées de la Ligue régionale de football pour les quatre prochaines années. En place depuis février 2012, il a été réélu le 24 avril 2013 pour un nouveau mandat qui s’achèvera en 2017. Le président fondateur de Feutcheu Football club a reçu les voix des 81 membres de l’assemblée générale, soit 100% des voix. L’élection de ce capitaine d’armée de l’air survient un an après la radiation de Charles Emedec, l’ancien président et Serge Tsemo, son secrétaire général. Pour l’heureux élu, la construction du siège de la ligue demeure une priorité. « Vous savez que mes prédécesseurs ont détourné tout l’argent destiné à la construction de ce siège. Je vais rencontrer le président de la fédération et ses collaborateurs pour voir dan quelle mesure relancer le dossier. Je me pencherai aussi sur le problème de stade à l’Ouest », a confié Joseph Feutcheu qui jure de rester fidèle à son mentor Iya Mohammed. Restent attendues la reprise des élections (houleuses) dans les ligues régionales du Sud, du Nord et du Sud-Ouest qui nous réservent certainement d’autres rebondissements. 

Chaud devant! 

© Christian TCHAPMI : Le Messager


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