Sidebar

27
Lun, Mai

Sport
Typography
  • Smaller Small Medium Big Bigger
  • Default Helvetica Segoe Georgia Times
L’équipe nationale a besoin de toilettage. Paul Le Guen et son adjoint Yves Colleu, sont partis. Les yeux se tournent vers la Fecafoot et le ministère des Sports. Pour un nouveau projet sportif qui sera lancé avec le renvoie de quelques joueurs.Créée au lendemain de l’élimination du Cameroun de la 19ème Coupe du monde, la Commission mixte Minsep-Fecafoot, pense avoir donné suffisamment d’arguments aux pouvoirs publics pour sanctionner les meneurs de la fronde qui a conduit au fiasco en Afrique du Sud. Robert Ndjana, Ze Ntollo et Blaise Ombgwa représentaient le ministère des Sports, le Dr Francis Mveng Ela, Aboubakar Alim Konaté et Pierre Ndjilli Ndengue étaient des émissaires de la Fecafoot. Parmi les mesures fortes préconisées, cette commission demande l’exclusion d’Idriss Carlos Kameni, Rigobert Song, Alexandre Song, Achille Emana et Géremi Njitap. La grande surprise, c’est le maintien de Samuel Eto’o, l’autre fauteur de trouble, au sein des Lions.

Idriss Carlos Kameni

Titulaire sous l’ère Thomas Nkono, ancien coach des gardiens de but limogé après la Can, il a perdu sa place, remplacé par Souleymanou Hamidou. Réfractaire à la critique, il est entré en rébellion et fût de ceux qui jubilaient sur le banc de touche quand les Lions encaissaient un but à la Coupe du monde. Durant le séjour des Camerounais en Afrique du Sud, Kameni s’est souvent entraîné à l’écart du groupe. Il se limitait à quelques minutes de footing sur le terrain d’entraînement du Northland Primary School de Durban.

Avec Idriss Carlos Kameni, le temps suspend décidemment son envol. En 2000 aux JO de Sidney, il était trop jeune barbu pour jouer à l’équipe nationale Espoirs. En 2010, en Afrique du Sud, il est trop vieux pour rester dans les Lions. Heureusement qu’il pense sérieusement à sa reconversion de danseur de cabaret. Pourvu que son physique réponde à ce nouveau challenge.

L’exclusion envisagée de Kameni entraîne inéluctablement le recrutement de nouveaux joueurs. Jacques Songo’o, l’entraîneur adjoint en charge des gardiens de buts, a contacté Charles Itanje. Le portier du club Grec de AO Kalava, âgé de 28 ans, a accepté sans hésiter de rejoindre le Cameroun. En 2002 les dirigeants du sport camerounais l’avaient effectivement approché pour lui proposer d’être remplaçant. Raison pour laquelle il avait décliné l’offre, donnant l’impression de vouloir jouer pour la France.

Alexandre Song, la mauvaise graine

Alexandre Song donne raison à ceux qui pensent que l’enfant est le père de l’homme. Malgré ses piges à la Premier league, il reste le gamin d’Elise Bar à Yaoundé. Incapable de domestiquer sa violence dans et en dehors des stades, il ne présente que l’argument de la force à ses interlocuteurs. Au cours du mondial sud africain, il s’est illustré aux côtés de son oncle, comme le petit troufion de la jacquerie clanique. Il est évident que si le Cameroun est aujour-d’hui éliminé de la coupe du monde, il l’est en grande partie à cause de ce enfant, puisqu’il s’est estimé être le patron de cette sélection, et c’est encore par lui que tous les scandales sont partis. Avec son égo surdimensionné, il a participé au pourrissement de l’atmosphère dans la tanière des Lions en Afrique du Sud. Tout professionnel n’a t-il pas l’obligation de respecter les choix de son entraîneur, quand bien même il est aussi incompétent que celui du Cameroun ?

L’état d’esprit de ce joueur est condamnable. A cinq minutes du coup d’envoi du match de la troisième journée dans la poule E contre les Pays-Bas, le sociétaire d’Arsenal pourtant dans le onze entrant simule un mal et refuse de jouer. Paul Le Guen va le remplacer au pied levé par Aurélien Chedjou. L’on se souvient qu’en mars dernier, face à l’Italie à Monaco, en amical, il avait ouvertement montré son mécontentement de la non convocation de son oncle Rigobert Song. Alors qu’il devait initialement jouer avec son habituel dossard, le N°6, il avait exigé le N°4, celui de son oncle, non sans avoir balancé un cinglant «donnez moi ce numéro 4, même comme on ne veut plus nous (mis pour Rigobert) voir dans cette équipe». De plus, ses rapports avec plusieurs joueurs de la sélection nationale seraient plutôt tendus. Comme lorsqu’il demande à un de ses coéquipiers, plus ancien que lui en sélection nationale, de se lever de «sa» place dans le bus.

Rigobert Song, un vieux sans souffle

A 17 ans, Rigobert Song fait une entrée fracassante à l’équipe nationale. A 32 ans, il a choisi de sortir par la plus petite des lucarnes. Mesquinerie, sauvagerie, jalousie, intrigues sont ses seuls arguments aujourd’hui. Rigobert Song est un adepte du statut quo, qui prédit l’échec à tous ses successeurs et instaure un climat de terreur en équipe nationale. Pour mieux cacher ses cheveux blancs, il a adopté pour un look particulier. Mais, la forme ne fait pas le fond. Song Bahanag est un joueur du passé et du passif. Il ne pardonnera sans doute jamais à Samuel Eto’o de lui avoir «arraché» son brassard de capitaine qu’il a porté pendant dix ans. Depuis que le joueur aux quatre Coupes du monde (1994, 1998, 2002 et 2010) a perdu sa place de titulaire inamovible, l’ambiance dans le vestiaire est devenue très lourde. «Rigo» qui en veut à tout le monde se comporte comme un véritable chef de gang. Et traumatisme les joueurs qui ne sont pas ralliés à sa cause.

Emana: le foot n’est pas héréditaire

En Afrique du Sud, Achille Emana avait clairement manifesté son animosité envers les nouveaux qu’il appelle «des gamins». Il faisant ainsi allusion aux Germano-camerounais Eric Maxim Choupo Moting et Joël Matip. Des joueurs qui ont pourtant réalisé une très bonne performance avec des clubs allemands, plus huppés que son Réal Bétis, au bilan moins reluisant en deuxième division espagnole. Et pourtant, lorsqu’il a eu sa chance, contre les Pays-Bas, Emana n’a absolument rien démontré. Il est loin d’être l’illustre successeur de son père. Avec Emana, on a compris une chose: le football est loin d’être héréditaire. Le grand Emana Marco se retourne dans sa tombe à chaque fois que son fils foule la pelouse d’un stade avec les Lions indomptables. Que de déchets dans le jeu?! Il ne s’agit pas seulement du manque d’inspiration, les recruteurs européens se trompent rarement. La carrière d’Emana est terminée avant d’avoir commencé. Comment peut-il espérer former une paire d’attaquants efficaces avec Samuel Eto’o, alors que les deux joueurs se regardent en chiens de faïence? Après son baiser de judas en Afrique du Sud, le gouverneur de Toulouse est prié de quitter les choses avant qu’elles ne le quittent. Ce n’est qu’une affaire de courage.

Géremi Njitap, trop vieux

Le 8 octobre 2005, lorsque Womé Nlend rate son penalty face à l’Egypte, Géremi Njitap a du mal à cacher son mécontentement. A l’hôtel Hilton, il dit à qui veut l’entendre qu’à cause de ce joueur, il ne participera pas à la Coupe du monde 2006. en Angola, à la Can, en quart de finale, contre les Pharaons d’Egypte, il a commis une bourde qui a éliminé le Cameroun. Il s’est rattrapé en Afrique du Sud de la pire des manières. Tout se passait comme si pour lui, cela s’arrête le plus tôt possible pour que commence une partie de poker. Le globe-trotter du football mondial ne songe pourtant pas à mettre un terme à sa très longue carrière. La Fifa devrait songer à récompenser cet homme qui joue au football depuis le berceau. Géremi Sorel Njitap est un cas d’école. C’est le bras droit de Rigobert Song Bahanag. Les deux hommes, tout au long de la campagne sud africaine, ont participé à la campagne de déstabilisation et de dénigrement de certains joueurs. L’exclusion arrive au moment où le peuple camerounais demande aux deux cadres de prendre leur retraite internationale.

Eto’o, le milliardaire épargné

 Bizarrement, le capitaine des Lions ne figure pas sur la liste des joueurs dont le Commission mixte Minsep-Fecafoot demande la radiation à vie. Et pourtant, les causes les plus anciennes et les plus visibles de la situation délétère qui prévaut au sein de l’équipe nationale camerounaise sont le comportement et les agissements de Samuel Eto’o Fils, imbu de lui-même et assoiffé du pouvoir. Pour Eto’o, tout est intrigue, manipulation, intimidation et corruption.

Milliardaire, il s’en donne à cœur  joie. Il sera rarement pris en flagrant délit de dénigrement frontal de ses partenaires en public, mais il se rattrape en coulisses. Une attitude antisportive qu’avait dénoncée Roger Milla à la veille de la Coupe du monde. L’ambassadeur itinérant s’indignait qu’Eto’o Fils «a apporté beaucoup à Barcelone et à l’Inter Milan, mais jamais rien à l’équipe du Cameroun. Il n’a pas encore répondu aux attentes. C’est aussi une question de discipline: il a un peu malmené les autres joueurs, on n’avait jamais vu ça en équipe nationale».

Le comportement des joueurs incriminés donne du crédit aux propos du ministre des Sports et de l’Education physique, Michel Zoah, qui, dans le cadre des questions orales aux membres du gouvernement, le 02 juillet 2010,?expliquait que «les défaites d’aujourd’hui sont l’expression des divisions, des jeux de clan, des querelles et des combats interpersonnels, des haines et des jalousies qui ont fait leur lit dans le cœur de certains joueurs, des ego surdimensionnés qui n’acceptent pas la présence d’autres talents autour d’eux...».

© La Méteo : Nadine Bella

Overall Rating (0)

0 out of 5 stars
  • Aucun commentaire trouvé
Ajouter un commentaire