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Sam, Juil

Société

Le sous-officier de l'armée de terre accusé de tentative de commission d'un acte terroriste a été condamné le 07 septembre dernier.

Sans perdre du temps, Me Nyamsi a interjeté appel le 08 septembre 2016. L'avocat de l'adjudant Brahim Menoumour n'a pas attendu l'épuisement de la période de recours (10 jours) prévue par le tribunal militaire. La veille, lors d’une audience courue, la collégialité présidée par le colonel Kegni a tranché dans l'affaire de ce sous-officier qui comparaît devant lui depuis près d'un an.

«Après avoir suivi les débats et analysé les arguments des parties, le tribunal a déclaré l'adjudant Brahim Menoumour non coupable de l'accusation de violation de la consigne », a commencé le colonel Kegni. Pour autant, l'accusé ne s'en tire pas à si bon compte. Il a été déclaré coupable de tentative de commission d'un acte terroriste; usurpation de titre ; contrefaçon de documents ; détention illégale de munitions de guerre et immigration clandestine. Le commissaire du gouvernement, le capitaine Belinga, solennel tant dans son smoking d'officier que dans le prononcé de son réquisitoire a été implacable.

«Je profite de l'occasion de cette  audience pour rappeler que l'accusé est un militaire qui a commis des actes extrêmement grave... Il est judicieux qu’il paye au prix fort les actes qu’il a commis. Tout en lui accordant les circonstances atténuantes au regard de son passé pénal vierge, il y a lieu de le condamner à vie! L'article 19 du code pénal vous permet de le déchoir de sa qualité militaire », a demandé le commissaire du gouvernement.

"Rien à dire"

Moins charismatique, l'avocat de Brahim Menoumour a plaidé que son client « est en train de payer au prix fort son implication à vouloir s'attaquer à une nébuleuse (Boko Haram, ndlr). «Personne dans cette salle ne pourra nous dire qu’il n'avait pas entendu, que ce soit dans la presse ou par les réseaux sociaux, parler de mon client », a-t-il dit, prenant l'assistance à témoin. Il a poursuivi : «Le passé vierge de mon client, la confiance que l'armée avait et a encore en lui -il était sergent-chef au moment de son arrestation, il est aujourd'hui, adjudant- prouve qu'il mérite un égard particulier. Dans le cadre de la sentence à prononcer, je vous prierais d'avoir la main douce et de rendre une saine et bonne justice ».

L'accusé qui écoutait cette passe verbale d’un air vaguement lunatique a été invité à se prononcer pour sa défense. «Rien à dire», a déclaré celui qui se faisait appeler le «sultan de Bodo». Cet homme avait courant 2014 intrigué l'opinion en clamant dans certains médias qu’il savait où se trouvait Aboubakar Shekahu, le leader de Boko Haram. Il affirmait qu’il était en capacité de rapporter «sa tête dans un sac». Il demandait pour réaliser son exploit à être reçu par le président de la République.

Il jurait vouloir lui donner des informations de première main. Il se déplaçait de plateaux de télévision en salles de rédaction pour déverser ces prétentions avant d'être arrêté en septembre 2014 à la mosquée principale de Garoua. Dans son véhicule, les enquêteurs affirment avoir retrouvé des explosifs de fabrication artisanale, de nombreuses munitions et des faux documents. Toutefois, dans cet arsenal, il n'est nulle part énuméré des armes pour percuter ces munitions ni un détonateur pour allumer les explosifs.

Il n'empêche, le tribunal militaire de Garoua a condamné Brahim M. à 25 ans d'emprisonnement ferme, 134.000 FCFA de dépens, une radiation des effectifs de l'armée camerounaise.

© Source : Le Jour : Aziz Salatou

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