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Mar, Déc

Société
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Le carrefour «J’ai raté ma vie», récemment rebaptisé «Place Nelson Mandela» par la Communauté urbaine de Douala, n’a jamais aussi bien porté son nom. Dans la nuit du lundi, 30 décembre dernier dès 19h, les «travailleuses du sexe» ont reçu la visite de l’équipe de l’association Vies-ages, qui lutte contre le Vih/Sida. Leur objectif : distribuer des préservatifs féminins, masculins et des lubrifiants à ces prostituées en leur montrant également la méthode d’utilisation du préservatif féminin dont la majorité d’entre elles disent n’avoir jamais fait usage. Cette tâche qui semblait tout à leur avantage n’a toutefois pas été facile.

Dès leur arrivée au célèbre carrefour, les membres de l’association ont été repoussés par les filles de joie à la vue de la caméra. «Pourquoi voulez-vous nous filmer ? Nous ne voulons pas sortir à la télé», ont lancé ces filles avant de disparaître dans le noir. Plus une seule prostituée pendant près d’une heure, n’était visible à la ronde. Réfugiées pour la plupart dans un couloir obscur, elles attendaient impatiemment que les visiteurs veuillent bien ranger le matériel de filmage. Les plus courageuses, elles, continuaient sans aucune gène à «tacler les clients». Pour finalement se prêter à la séance d’explication de l’association bienfaitrice, il a fallu la présence de leur «présidente», plus connue sous le nom de «Rémé dossier» ou encore «maman dossier», pour que les prostitués acceptent de se réunir.

Curiosité
C’est au total plus de 500 préservatifs masculins, des préservatifs féminins et des lubrifiants qui leur ont été distribués par l’équipe de l’association Vies-ages. Une distribution qui s’est faite dans une ambiance de joie et de gaieté. Après les explications sur la méthode d’utilisation, les commentaires allaient dans tous les sens. «J’ai déjà utilisé ce préservatif», lance l’une d’entre elles, avant de poursuivre «cela procure plus de plaisir que le préservatif masculin lors du rapport sexuel». Pour celles qui découvraient pour la première fois, l’objet apparaissait comme une grande curiosité. C’est avec une attention particulière qu’elles suivaient les explications.

Non sans poser des questions. «Comment doit-on l’utiliser ? J’espère qu’il n y a pas d’effet secondaire! Combien cela coûte t-il?», S’interrogeaient-elles. Certaines, d’ailleurs envisageaient le même soir, de l’expérimenter avec les clients qui n’acceptent pas de mettre le préservatif masculin. Quelques 250 prostituées, de l’avis de leur «présidente», ont chacune reçu des préservatifs et des lubrifiants. Tous les «couloirs» du carrefour «j’ai raté ma vie» où elles se réfugient habituellement ont été visités afin de permettre au maximum de prostituées de se mettre davantage à l’abri du Sida.

Blaise Djouokep (Stagiaire)

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