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Mar, Déc

Société
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« Pan ! Pan ! Pan !… » Les gifles pleuvent. Entrecoupées de paroles d’invective. Le colonel de l’armée de l’air camerounaise (reconnaissable par ses galons et sa tenue bleu ciel) n’a pas l’air de vouloir s’arrêter. Durant trois minutes, il va ainsi rouer de gifles le pauvre taximan resté dans son véhicule et qui tente par moments de se protéger le visage face à cette furie militaire. La circulation est carrément arrêtée. Une dame du troisième âge, qui vend des beignets à deux mètres du théâtre, tend les mains vers le haut gradé de l’armée de l’air en signe de supplication, afin qu’il « pardonne » l’infortuné taximan. La scène se passe dans la matinée du 15 février 2010. Quelques personnes sortent la tête des véhicules pour mieux voir. Mais, personne n’intervient. Pas même les policiers qui dirigent la circulation à quelques mètres de là, au lieu dit « Mobil Olezoa ».

Finalement, le colonel se calme et monte dans son véhicule, de marque Toyota Mitsubishi Vx immatriculée CE 333 CK. Il démarre en trombe et s’engage dans la rue qui passe devant l’ambassade de France et aboutit au quartier général. Le taximan démarre lui aussi et conduit ses clients à destination. L’incident dont il vient d’être la victime est survenu après qu’il se soit plaint, par un geste de la main à travers la portière, de ce que son bourreau avait brusquement braqué et freiné devant lui. Manquant de peu de lui rentrer dedans. La scène a en tout cas consterné tous les témoins. D’abord, à première vue, le colonel était dans le tord. Ensuite parce que, comme on le sait, tous les automobilistes ont souvent ce geste d’exacerbation à l’encontre de ceux qui ne respectent pas le code de la route. En tout cas, cela remet sur le tapis le sempiternel problème des hommes en tenue qui, continuent de se comporter en seigneurs de guerre dans nos rues. « Et si le taximan avait réagi, le militaire pouvait lui coller une balle dans la tête. On aurait parlé de bavure », conclut un homme qui a suivi la scène depuis un autre taxi.

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