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Sam, Avr

Politique

 

Jamais la Une d'un journal  n'aura suscité un tel émoi au sein des forces de maintien de l'ordre que celle de notre confrère l'oeil du Sahel de lundi. L'on a appris avec soulagement l'arrestation d’Abdallah Adamou. Le sulfureux trafiquant de voitures de seconde main, devenu négociateur lors de la libération des otages aux mains de Boko haram semblait jusqu'ici intouchable. "Il appelait à tout moment le secrétaire général de la présidence de la République.

Il y avait ordre de ne pas y toucher", regrette un membre des forces de maintien de l'ordre. Abdallah Adamou, un obscur trafiquant de voitures était perçu dans les salons de l’extrême Nord comme l'un des hommes les plus puissants de la région. Ses rutilantes voitures aux vitres opaques à force d'être très teintées n'étaient par exemple pas fouillées aux contrôles de police. "Lorsqu’ il venait se coiffer dans mon salon, je tremblais de tout mon corps tant il respirait le danger», se souvient un artisan de Domayo à Maroua. Plus que par son aspect qui était plutôt agréable, Abdallah, la quarantaine, avait une réputation très redoutée.

Il avait beau répandre des billets de banque à profusion sur son passage, l'homme respirait la mort En cause, ses accointances avec Boko haram. Il ne s'en vantait pas, mais tout le monde savait que le trafiquant de voitures était en contact, pour dire le moins, avec les membres de la Choura, le "gouvernement" de la secte. Il serait entré en contact avec eux par l'entremise d'un autre trafiquant. C'est après l'enlèvement de la famille Moulin Fournier le 19 février2014 à Dabanga que peu à peu Abdallah va faire surface. Lougouné, son compère trafiquant de voitures, un ressortissant nigérian, lui aurait apporté une affaire qui le dépassait.

Lougouné, ami d'enfance d’Aboubakar Shekahu, avait reçu de ce dernier la confidence qu'il détenait les otages dont tout le monde parlait alors. Le leader des Moudjahidin aurait confessé à son ami que ses captifs lui ont été amenés par des coupeurs de route qui avaient mené le rapt. Boko haram avait racheté les otages et voulait en négocier l'échange avec des autorités de premier plan de la République camerounaise. Il avait été impliqué quelques années plus tôt dans la vente à une personnalité de premier plan d’une voiture volée au Nigeria.

Lougouné savait que son pote Abdallah Adamou, très cupide et opportuniste, gravitait autour de personnalités haut placées. Il contacte Abdallah. Celui-ci accepte malgré les dangers. Ils vont rencontrer Aboubakar Shekahu. Celui-ci leur rit au nez. "Vous manquez d'épaisseur", leur aurait-il dit. Dépites, les deux trafiquants cherchent partout une personnalité à la fois crédible au Cameroun et au Nigeria selon les critères de Boko haram. C'est ainsi que le député Abba Malla, influent politique du Mayo Sava qui possède du bien à Maiduguri est contacté et persuadé, voire encouragé de participer à la négociation.

Les autorités camerounaises sont d'accord, Boko haram aussi. On procède à l'échange. La rançon est confiée au trio, Abba Malla, Abdallah Adamou et Lougouné. Ce sont les négociateurs occasionnels. Les otages à peine rentrés que le prêtre Georges Vandenbusch est kidnappé à son tour. Le trio est de nouveau sollicité. L'opération est un autre succès mondialement salué.  

Argent sale

L'affaire semble lucrative tant pour les terroristes que pour les négociateurs. Abdallah A., surtout roule les mécaniques. Il brasse des devises étrangères. Son commerce de voitures bondit. La suspicion sur ses activités devient démentielle. C'est à qui pourra l'arrêter. Les forces de maintien de l'ordre en font presque une fixation. Ils sont chaque fois quand ils croient y être parvenus stoppés net par les protecteurs d’Abdallah A. à la présidence de la République. Puis, survient l'enlèvement de religieux italiens et canadiens à Tchere le 05 avril2014. Un faisceau d'indices rend ce rapt suspect. Les autorités camerounaises en tout cas prennent une décision édifiante sur la confiance qu’elles n'ont plus avec leurs "protégés" les négociateurs.

S’il leur est laissé la conduite des tractations, la rançon sera cette fois portée et remise aux terroristes" en mains propres «par un officier de très haut rang. Le partenariat négociateurs et autorités camerounaises s'est fissuré. Ils ont coopéré avec les autorités dans les libérations des otages, de la famille du vice premier ministre, des otages chinois, d'un otage allemand mais, ils étaient devenus euxmêmes des suspects. Les arrestations vont commencer. C'est ainsi que, Alhadji Mari, inspecteur de police à Mora, fils d'une dame ancien député, est arrêté par les limiers de l'opération Alpha. Il aurait été pris en flagrant délit de ravitaillement de Boko haram. Transféré à Yaoundé, cet homme qui souffrait de diabète avant son arrestation va décéder en détention.

© Le Jour : Aziz Salatou

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