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Mar, Oct

Politique
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Dans «Mensonges d'État : Déserts de République au Cameroun », ouvrage qui vient de paraître aux éditions Schabel, l'ancien patron de la Santé publique, met à l'index le ministre des Transports et l'ancien ministre de la Défense, qui instrumentaliseraient l'opération épervier pour se débarrasser de potentiels candidats à la succession.

Il n'y va pas de main morte, pour sa première sortie littéraire derrière les barreaux. Urbain Olanguena Awono ci-devant ministre de la Santé publique entre 2001 et 2007 a commis un ouvrage où il sort de sa réserve, et donne des coups à ceux qu'ils présentent comme les principaux responsables de sa déchéance.

Les ministres Edgar Alain Mebe Ngo'o, Remy Ze Meka ou encore Amadou Ali, ces « petits Machiavel des tropiques », atteints de complotite qui soufflent à l'oreille du président, les noms de prétendus ambitieux au poste de président de la République. L'actuel ministre des Transports,  Edgard Alain Mebe Ngo'o, Délégué général à la sureté nationale au moment de l'intensification des arrestations dans la cadre de l'opération épervier, et Remy Ze Meka, son collègue de la Défense en 2008, sont présentés par Olanguena comme les créateurs du concept du « G 11 ». « L'une des grandes inventions de ces machiavels des tropiques camerounaises aura été la création à l'orée 2005 de ce qu'ils ont eux-mêmes baptisés le G 11 [...]. G 11 pour Génération 11. M. Atangana Mebara Jean Marie, supposé leader de ce groupe fantôme, donne sa version des faits dans son ouvrage  Lettres d'ailleurs ».

Dans cet ouvrage volumineux – près de 500 pages – Urbain Olanguena présente les deux personnalités citées supra comme membres d' « officines et des réseaux d'intérêts dont le pouvoir et le seul principe, l'argent et les privilèges le principal objectif ».  Selon l'auteur de cet ouvrage, les « écuries de ces deux hommes originaires de l'arrondissement de Zoélété, département du Dja et Lobo, Région du Sud, et donc très proches des origines du chef de l'État ont inventé et popularisé l'histoire du G11. Un groupe de personnalités auquel on a attribué sans raison ni preuve, une dimension complotante avec l'objectif de s'emparer du pouvoir à l'élection présidentielle de 2011 ».

L'ancien ministre de la Santé publique, qui purge une peine de 20 ans de prison ferme, d'ajouter  que des « cabinets noirs » tournent autour de ces « deux principaux pôles de contrôle du renseignement de l'État ». Le but affiché de cette «mafia», a été « d'abattre » le « groupe des ambitieux », en leur  accréditant  « l'idée d'une conspiration politique contre le régime en place ». Dans ce groupe, l'on retrouve Urbain Olanguena Awono, Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l'Économie et des Finances, et Jean Marie Atangana Mebara, ancien secrétaire général de présidence de la République ; tous écroués avec des peines lourdes.

Pourtant, pense Urbain Olanguena Awono, le G 11 a été inventé pour détourner l'attention du chef de l'État sur les véritables visages qui aspirent à le renverser. Les émeutes de la faim, en février 2008, en sont un épisode marquant de ce complot. Voici la lecture que cet ancien haut responsable fait de ces émeutes :  « [...] or les spécialistes de la théorie du complot politique qui peuplent les officines ont vite fait de tout déformer pour prétendre dans les rapports adressés par leurs hiérarchies  au chef de l'État camerounais que les troubles sociaux marquaient le passage à l'action du G 11, groupe inexistant, inventé par eux-mêmes pour le renverser ». Amadou Ali, alors ministre de la Justice, et « principal pilote » de cette opération d'épuration politique n'est pas épargné par les foudres de son ex-collègue du gouvernement. Olanguena Awono le présente comme un «tribaliste », « diffusant la haine ethnique », allusions aux révélations de wikileaks, dans lesquelles l'actuel ministre chargé des Relations avec les assemblées confiait aux Américains que les groupes ethniques bamiléké et Beti étaient exclus de la succession de Paul Biya. En septembre 2007, Urbain Olanguena Awono est sorti du gouvernement. Et sera arrêté, puis incarcéré en mars 2008.

© La Météo : Michel Tafou

 

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