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Mar, Oct

Politique
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Le président de l’Assemblée nationale a, lors de son discours d’ouverture de la 3ème session ordinaire de l’année, hier, à Yaoundé, interpellé le chef du gouvernement sur la mauvaise utilisation du Budget d’investissement public (Bip) qui est devenue une habitude depuis quelques années

Un sujet de préoccupation nationale aura particulièrement alimenté l’agacement du Speaker de la  Chambre basse du parlement hier, 12 novembre 2014 : le Budget d’investissement public (Bip) qui« souffre depuis quelques années de la sous consommation ». Selon l’honorable Cavaye Yéguié Djibril, l’embellie actuelle, place les engagements émargeant du Bip à 89%. En d’autres termes, sur le papier l’exécution du Bip est très satisfaisante sauf que c’est le moins important car l’exécution physique, c’est-à-dire la réalisation effective des chantiers, caracole à 37% à la date du 24 octobre 2014. D’où l’interpellation du Premier ministre, Philémon Yang par le Pan. Celui-ci s’est d’abord fait un devoir de rappeler au chef du gouvernement que le Bip est un « accélérateur de croissance », et à ce titre « est également le levier qui permet à l’Etat de créer et de partager la richesse à travers la réalisation d’infrastructure de divers ordres».

Aussi averti-t-il Philémon Yang qui occupe l’immeuble étoile depuis 2009, «il faut donc craindre que la situation  actuelle ne vienne ralentir à la fois notre élan de croissance nationale et notre stratégie de lutte contre la pauvreté, qui pourtant compte au nombre des engagements prioritaires du chef de l’Etat au cours de ce septennat». Le Premier ministre est averti, si le président de la République ne parvient pas à concrétiser ses « Grandes réalisations » lancées au cours de la campagne présidentielle de 2011, lui et son gouvernement seront tenus pour seuls responsables. La croissance économique, qui ne repart que dans les discours, alors qu’elle est censée se ressentir «par tous les Camerounais». Philémon Yang en sera le seul comptable, a laissé entendre le premier des députés. « Monsieur le Premier ministre, au regard de ce contexte, somme toute préoccupant, vous conviendrez avec moi que la représentation nationale est en droit d’attendre beaucoup du gouvernement », a souligné le Pan.

Et comme pour en rajouter sur les épaules du Pm, Cavaye Yéguié a relancé le débat sur les atermoiements  du budget programme, la difficile exécution du budget de l’Etat et la morosité de l’économie mondiale et son inévitable incidence sur Cameroun. Ainsi, pense le Pan, si 2013 a été la phase initiatique du budget programme, 2014 « celle des premiers pas véritables sous ce régime »«2015 ne devrait plus être l’année de quelques balbutiements», a prévenu le speaker de la Chambre basse. Interpellant toujours le Pm qui ne se trouvait qu’a quelques mètres à sa droite, le Pan a décrié l’amateurisme qui règne autour de l’exécution du budget de l’Etat et conseille au chef du gouvernement« d’ouvrir une réflexion afin d’identifier les causes profondes du mal qui [le] mine». Quant-à la chute du prix du baril de pétrole sur les places internationales, le Pan demande au Pm : « quel en sera l’impact sur les ambitions de notre pays ? ».

La session qui vient de s’ouvrir, connaîtra de l’examen du vote du budget de l’Etat pour l’exercice 2015. Une fois de plus la loi de règlement, que le gouvernement doit mettre à la disposition des députés, pour que ceux-ci constatent l’exécution du budget en cours, cette loi n’a toujours pas été déposée à la Représentation nationale. Ceci au mépris de la loi qui veut que les députés aient pris connaissance du texte 15 jours avant le début de la session budgétaire. On ne se refait pas.

Ludovic Amara (stagiaire)


Commentaire: 
Cavaye actionne le fusible

Le 31 décembre 2013, c’est Paul Biya lui-même qui accablait de saillies, le chef du gouvernement, l’accusant de faiblesse dans  l’animation de l’activité gouvernementale qui plombe les performances économiques du pays. Le chef de l’Etat indexait  la sous consommation du Bip, tançait la recherche de l’intérêt personnel des dirigeants avant de proposer un plan d’urgence permettant de redresser la courbe de la croissance. De nombreux commentateurs avaient alors imaginé, un réaménagement gouvernemental comme suite logique de ce discours en rupture avec le style Biya (l’homme étant réputé ne pas tremper sa plume au vitriol). Mais ils ont été bien désillusionnés, car plus de onze mois après, le vrai et l’unique chef de l’exécutif au Cameroun, responsable des performances économiques n’a pas tiré les conséquences de sa sortie de décembre 2013.

Tout au plus, a-t-il sorti de son mouchoir, un plan d’urgence examiné à l’immeuble étoile en mai dernier mais dont la mouture finale, repose dans les parapheurs du secrétariat général du palais de l’Unité, comme l’ont  été précédemment, les résultats de l’évaluation des feuilles de route ministérielles, annoncées tambours battant. Deux mois avant, le prochain discours de fin d’année, le président de l’Assemblée nationale, jouant le bouclier de l’homme qu’il a dit ne jamais « avoir trahi »  lui offre sur un plateau d’argent la tête du Pm, Yang Philemon… Paul Biya ne devrait que se mettre à table en fin d’année en affirmant bassement que les choses stagnent à cause des autres exclusivement. Ainsi le fusible qui a pété le 31 décembre dernier a été réveillé et pourra encore sauter à tout moment. Mais la question de fond que Cavaye et même Yang mis en index n’oseraient poser publiquement  demeure : Après 32 ans, le président peut-il proposer quelque chose de novateur ?

©Ludovic Amara, Prince EWAH : Le Messager

 

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