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Mar, Aoû

Politique
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Faux décret, informations et prises de décisions approximatives, soupçons de règlement de compte et d’humiliation. Qui dirige quoi au Cameroun?

Le fait est inédit. Le 31 mars 2014, le ministre des Enseignements secondaires, Louis Bapès Bapès est reçu au Tribunal criminel spécial (Tcs) puis conduit, manu militari, à la prison centrale de Kondengui. Il y passe une nuit puis est libéré en fin d’après midi du 1er avril 2014. Des sources proches du sérail soutiennent à cet effet que, «surpris» par cette nouvelle, le président de la République aurait convoqué le ministre de la Justice, Garde des Sceaux pour en savoir plus sur cette affaire qui, le temps d’une journée, avait mis l’actualité en effervescence. Quelques semaines avant, un conseil d’administration extraordinaire du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) accouche de la nomination d’un directeur général et de son adjoint avec l’onction de Paul Biya.

Rendu à Douala pour l’installation des promus, le ministre des Transports, Robert Nkili, recevra «l’ordre» de surseoir à cette installation. Dans les faits, le ministre «en mission» s’évertue, avec peu d’arguments, à expliquer que sa présence dans la capitale économique n’était pas liée à l’installation de la nouvelle équipe dirigeante de la Cnic. Une glose dont la conséquence est de raviver la polémique autour du fonctionnement trouble de la haute administration camerounaise.

Dans la même période, des militaires incarcérés dans le cadre du braquage à main armée d’une agence d’Ecobank sont élargis par le tribunal militaire de Douala. Une autre curiosité lorsque l’opinion se souvient que ces présumés «complices» avaient été, des mois plus tôt mis à la retraite anticipée et radiés du fichier solde de l’armée par le président de la République. Une décision, soutiennent des sources crédibles, liée aux différents rapports des services de sécurité et de renseignement rattachés à la présidence de la République qui avaient été acheminés à la plus haute autorité de l’Etat.


Pouvoirs fragilisés

Ces faits survenus, en une période relativement courte, à défaut de mettre en lumière la fragilisation du pouvoir judiciaire démontre à suffisance le rôle trouble de quelques commis de l’Etat dans le dénouement de l’opération dite d’assainissement des mœurs gouvernantes au Cameroun. «Juges debout», donc directement liés à la chancellerie, le juge et le magistrat ayant décidé du cours de la procédure dans le cadre de l’incarcération du ministre des Enseignements secondaires auraient-ils fait montre d’un zèle débordant ? Une attitude qui suggère de déduire que le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, n’aurait pas été au parfum de la procédure. Par conséquent, le chef de l’Etat, lui aussi, aurait été pris de court dans cette affaire. Tout comme des sources souvent au fait des us du sérail évoquent l’éventualité d’un règlement de compte entre collègues du gouvernement et camarades de parti.

Tout comme, les résultats des enquêtes préliminaires liés à l’implication supposée des militaires dans le braquage de l’agence Ecobank suscitent quelques questions. D’autant que, des sources indiquent que la décision prise par le président de la République repose sur les rapports remontés par les services de renseignement. L’appréciation de l’impact des émeutes de février 2008 est une anecdote qui semble illustrer la nature et la qualité des renseignements qui parviennent au président de la République. Quoique la Constitution indique la séparation des pouvoirs, force est de constater que Paul Biya chapeaute le Conseil supérieur de la magistrature, autant qu’il est le chef suprême des armées et principal animateur de l’Assemblée nationale et du Sénat. Des entités dominées par le Rdpc dont les mandants valident les projets de loi concoctés avec la bénédiction du président national de ce parti. Des faits qui questionnent la capacité du président de la République à tenir les rênes du pouvoir. D’autant plus que les derniers faits d’actualité laissent dire à de nombreux observateurs que l’homme du Renouveau subirait les affres d’un entourage et de collaborateurs qu’il peine à maîtriser.

© Joseph OLINGA N. : Le Messager

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