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Mar, Oct

Politique
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Le chef de la délégation européenne a octroyé 196 millions Fcfa à Transparency Cameroon pour le suivi des élections.

La délégation de l’Union européenne (Ue) au Cameroun vient d’octroyer une subvention de 196 millions Fcfa (2 millions d’euros) à l’Ong Transparency International Cameroon (Tic) pour le suivi et l’observation de l’élection présidentielle 2011. La subvention accordée hier à Tic est une fraction de l’enveloppe globale du Programme d’appui de l’Ue au processus électoral au Cameroun, signé le 5 juillet dernier par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), d’un montant total de 1,31 milliard Fcfa, comptant pour les élections de 2011 et 2012.
Ce programme appuie également le renforcement des capacités d’Elecam, et mettra des subventions à la disposition d’autres Osc, selon le chef de la délégation européenne. Lors de la signature du contrat de subvention hier, jeudi 28 juillet 2011 au siège de cet organisme sis à Bastos à Yaoundé, le chef de la délégation de l’Ue, Raul Mateus Paula, a indiqué que l’objectif est «de contribuer de manière effective à un bon déroulement des élections présidentielles». Est-ce à dire que l’Ue estime que toutes les conditions ne sont pas encore réunies pour la tenue d’une élection libre et transparente ? Le diplomate portugais préfère adopter la prudence.

Toutefois, consent-il à dire, «il ya un nettoyage à faire dans l’ancien fichier électoral pour s’assurer que les doublons et les décès» ont été épurés.
Ce dernier tient davantage à relever «les points positifs» qui, selon lui, témoignent de la dynamique du Cameroun à baliser le terrain pour des élections équitables: la gratuité de la carte nationale d’identité qui «a probablement influencé favorablement le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales», l’élargissement du conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam), organe en charge de l’organisation du scrutin, avec la nomination des membres issus de la société civile et de l’Eglise, le nombre de personnes déjà inscrites sur les listes, «un bon indicateur» du processus électoral sur lequel «la communauté internationale est très attentive». Pour Raul Mateus Paula, il ne faut donc pas voir cette subvention comme «une ingérence de l’extérieur». «Nous sommes là pour accompagner et aider le gouvernement qui est notre partenaire. Nous ne pouvons pas nous substituer au peuple camerounais (car) c’est aux Camerounais de prendre leur destin en main. Donc, on ne peut pas parler d’ingérence», lâche le diplomate, soulignant que l’Ue a «toujours respecté la souveraineté du Cameroun.»

Bonne gouvernance
Pour le président de Tic, Me Charles Nguini, cette subvention «permettra, s’il en était encore besoin, d’évaluer l’impact de la contribution des Organisations de la société civile (Osc) au processus de consolidation de l’Etat de droit dans notre pays». Si la société civile est appelée à jouer un rôle central dans l’amélioration des processus démocratiques, «ce rôle est encore plus accru dans des systèmes où l’organe en charge des élections ne présente pas toutes les garanties d’indépendance, d’impartialité et de neutralité», affirme Me Nguini, remettant ainsi en cause la composition d’Elecam. «Elecam I aurait due être comme Elecam 2, c’est-à-dire que cet organe ne devait être composé que des personnalités qui n’ont pas d’étiquette affichée», déplore Me Nguini, faisant référence aux 12 membres d’Elecam nommés en premier lieu, et dont la plupart sont ou ont été du comité central et du bureau politique du Rdpc, parti au pouvoir.

Mis en oeuvre par Tic, le projet «Suivi et l’observation de l’élection présidentielle de 2011», d’une durée de 8 mois, vise à appuyer le processus électoral à travers la sensibilisation civique et le renforcement des capacités des acteurs impliqués, notamment les médias, «à suivre le processus électoral et à déployer leurs observateurs lors des élections présidentielles». Selon le diplomate, «l’expérience et le savoir-faire» de Tic dans ce domaine, ont guidé le choix pour la mise en oeuvre des activités de la société civile liées à la prochaine présidentielle. «Notre intervention dans le processus électoral ne suscitera pas l’enthousiasme général. Elle pourra même être perçue d’un ?il méfiant par les acteurs politiques et par les observateurs habituels. Bien que nous soyons des collaborateurs naturels dans des systèmes de bonne gouvernance politique, nous serons peut-être redoutés parce que nous avons tendance à signaler, lorsque ces faits sont avérés, la fraude électorale, l’intimidation politique, la corruption, la violation des droits de l’Homme et bien d’autres abus», a indiqué Me Nguini.

MUTATIONS : Patricia Ngo Ngouem.

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