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Lun, Sep

Politique

Ama Tutu Muna huée, Bapes Bapes moqué, les cérémonies présidées par le premier ministre ont regorgé d’anecdotes d’un ministère à l’autre.

Stupéfaites, les personnes debout à l’extérieur du ministère des Transports s’étonnent encore de la rapidité avec laquelle le nouveau ministre a été installé. Selon le programme signé par le directeur du cabinet du Premier ministre et paru dans le Cameroun tribune de ce lundi 05 Octobre, la cérémonie d’installation d’Edgard Alain MebeNgo’o devait commencer à 12h. Les véhicules stationnés aux abords du Mintransportssont nombreux. Les places prévues à cet effet ne suffisent pas à les caser tous. Seulement, à 11h50, les personnes qui arrivent se rendent compte de ce que la cérémonie d’installation est terminée depuis fort longtemps.

Ils s’en vont aussitôt. Certains,voulant suivre le Premier ministre dans sa course sont confrontés aux embouteillages. Le rond-point de la poste centrale est complètement paralysé. Le passage de Philémon Yang, avec son cortège, bloque à plusieurs endroits le centre-ville. La sirène qui l’annonce permet aux uns de savoir à quel endroit il se trouve. Et le marathon continue. Alors que le Premier ministre, accompagné de ses nouveaux collaborateurs, notamment le secrétaire général des services du Premier ministre, Séraphin Magloire Fouda, et son adjoint, Pascal NguiheKante, avance en fanfare, le reste patiente. Les voies sont bloquées, et, il est difficile de suivre le cortège. Il est 12h15 lorsque les curieux envahissent le ministère des Postes et télécommunications.

A l’entrée, des femmes vêtues du pagne du Rdpcentonnent des chants à tue-tête. Tel des coureurs à la ligne de départ, les personnes venues assister à la cérémonie se ruent vers la salle de conférence du ministère. Les chaises disposées à l’intérieur ne sont pas suffisantes pour que tout le monde puisse s’asseoir. Les journalistes sont agglutinés au centre de la pièce, à la recherche de la bonne image. Après quelques minutes de silence, à écouter du Sally Nyolo, les portes s’ouvrent. Une Libom Li Likeng confiante fait son entrée. Dans son ensemble en basin riche, elle est suivie de son prédécesseur, Biyiti Bi Essam, l’air hagard, vêtu d’un costume noir, à la coupe classique. Cinq minutes plus tard, un homme annonce l’entrée du Premier ministre.

Son protocole le précède, et tout le monde dans la salle se lève. Philémon Yang entre, sourit, et dit : « asseyezvous ». Son discourt est bref : « monsieur Biyiti Bi Essam, au nom du président de la République, je vous remercie pour les services rendus à la nation, et vous souhaite bonne chance pour vos futures activités », annonce le Premier ministre. Des personnes dans le fond de la salle se mettent à rire. « Quelles activités ? La prison ? », questionne une dame. Le Pm poursuit : « Madame Minette Libom Li Likeng, je vous félicite pour le mérite que vous avez de bénéficier de la confiance du président de la République. Dans l’accomplissement de votre tâche, je vous demande de faire preuve de dévouement, d’un loyalisme sans faille. Sur ce, je vous déclare installée et vous souhaite plein de succès ».

Certains applaudissent, d’autres, des femmes surtout, crient. Tandis que les officiels s’éloignent, les réjouissances débutent. A la sortie, les commentaires vont bon train. On parle des rires dans la salle alors que le Premier ministre congédiait l’ancien patron du ministère. « C’est normal qu’on rit. Il avait l’air tout triste pendant la cérémonie », explique une autre femme. Un groupe de danse traditionnelle accompagnent les personnes qui s’en vont. Prochaine étape : le ministère des enseignements secondaires. L’une des cérémonies les plus attendues sans doute. Après celles d’Ama Tutu Muna et d’Alain Mebe Ngo’o. La santé fragile de Louis BapesBapes fait la curiosité des uns et des autres. Alors que la salle se remplit, un son de cloche retentit.

Des enseignants prennent place sur les chaises disposées à cet effet. On les reconnait à leur tenue de parade, celle de la journée de l’enseignant qui s’est célébrée hier. Une lignée d’hommes vêtus de pagne et de chemise, et armés de chassemouches fait son entrée. En réalité, ce sont les chefs traditionnels Bakoko qui sont venus « bénir » l’intronisation de leur fils, le nouveau ministre Jean Ernest Ngalle-Bibehe Massena. En même temps, l’ancien ministre des Enseignements Secondaires entre sans trop faire de bruits. Sa canne en bois à la main, il a une démarche chancelante. Son successeur s’avance, et une fois assis, un membre du protocole lui tend un papier, qu’il signe rapidement. Même procédure que dans le ministère d’avant, Philémon Yang ressort son discours. Et Lorsque qu’il remercie Bapes- Bapes, de timides applaudissements s’éteignent rapidement dans la salle. Lui-même a l’air surpris, et reprend en installant officiellement le nouveau ministre. Au sortir de cette nouvelle installation rapide, nombreux sont ceux qui approuvent le changement. Les enseignants présents se réjouissent : « il est même déjà vieux. Il n’y a pas match avec son remplaçant », dit l’un d’eux, en comparant les deux ministres.

Une ministre huée

De toutes les péripéties de cette journée d’installation des nouveaux ministres, la cérémonie qui a suscité le plus de réactions est celle qui s’est déroulée au ministère des Arts et de la culture. Lorsqu’Ama Tutu Muna se fait « congédiée », des personnes, pour la plupart des artistes la huent. A la fin de la cérémonie, les mêmes artistes exécutent « Liberté » d’Anne Marie Ndzie. Tandis que Narcisse MouelleKombi se fait applaudir.

© Le Jour : Inès Ntsama

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