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L’essayiste a rendu l’âme ce 21 février 2014  au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yaoundé après une hospitalisation de quatre jours.

Il est à peu près 20 heures et demie lorsque la petite valise marron qui contient les vêtements d’Ateba Eyene est sortie du pavillon où il était interné quelques heures plutôt. La manœuvre est subreptice.  Les proches du disparu pleurent en silence devant la porte. Ils sont entourés par une nuée de journalistes et d’hommes publics qui restent abasourdis par la triste nouvelle.

Dans cette foule endeuillée se trouve l’une des sœurs du défunt. C’est elle qui l’avait accompagné dans sa chambre d’hospitalisation mardi dernier lorsque son état de santé s’est dégradé, apprend-on. A la vue de la valise de Charles, elle s’écroule littéralement. Agrippée à l’objet, elle qui, quelques instants auparavant, avait gardé son calme ne peut plus se retenir. En voyant cette valise seule sans son propriétaire se lamente-t-elle, il n’y a plus rien à faire : Charles Ateba Eyene ne reviendra pas à la maison.

Au moment où cette dame atteste la réalité de la rumeur qui embrase Yaoundé en ce vendredi soir, le fait est déjà confirmé par le chef de famille.  Arrivé au CHU vers 18 heures, il est reçu par le directeur de l’hôpital. Il est 19h45 lorsqu’il sort de cet entretien. Il appelle les membres de la famille à l’écart, dans un coin du parking de l’établissement. Les couloirs remplis de journalistes se vident. Tout le monde veut enfin être fixé.

En effet depuis 17 heures, des informations les plus contradictoires circulent sur l’état de santé de l’un des polémistes les plus actifs sur la scène médiatique camerounaise.

Au vue des sources d’information, l’inquiétude est l’une des choses les plus partagées parmi les confrères qui refusent ouvertement de croire aux on-dit. Jusqu’à la confirmation du décès, tous s’accordent à penser et à dire que Charles Ateba Eyene est en réanimation. Dans le coma certes, mais encore vivant. Et ces sources d’information alors ?
 
Rumeur fondée
 
Un des reporters assure avoir été alerté par Rigobert Song Bahanag, l’ancien capitaine de l’équipe nationale de football via son statut Facebook. La nouvelle est parvenue à d’autres par le truchement d’une nuée de SMS où des personnalités aux profils les plus divers s’interrogent sur l’effectivité du fait. A 18 heures et demie la CRTV confirme la nouvelle en diffusant des témoignages sur la vie d’Ateba.

45 minutes plus tard, un haut responsable du ministère de la communication qui a rendu visite à l’un de ses collègues, collègue lui-même hospitalisé dans la chambre qui fait face à celle où se trouvait Ateba Eyene confirme l’information. Ateba Eyene serait mort vers 16 heures et demie en salle de réanimation. La même information aurait été communiquée à la présidence de la République et au ministre de la Communication depuis sa retraite de Buea, dans le Sud Ouest. On lit la déception sur les visages.

 

Cette personnalité dit en plus que la veille, elle a pu s’entretenir avec le disparu. «Quand j’ai vu Charles hier, j’ai eu très peur, raconte-t-elle. Il avait les tuyaux partout. Il a essayé de se redresser lorsqu’il m’a vu. Mais il était fatigué». Le natif de Bikoka subissait une hémodialyse des suites d’insuffisances rénales assurent des proches.

Il apparaît aussi qu’il souffrait de problèmes pulmonaires. Une allégation difficile à confirmer auprès de la famille. Charles serait-il donc mort ? Pas du tout, s’insurge une dame qui revient du pavillon dans lequel Ateba Eyene est hospitalisé. Son fils s’y trouve aussi. A 19h30 elle assure encore avoir vu celui que la rumeur a déjà envoyé à la morgue. Il serait bien en réanimation. L’assistance veut croire aux dires de cette femme. Les téléphones crépitent. Charles n’est pas encore mort en attendant la prise de position du chef de famille.

Alors que ce dernier est encore en conciliabule dans le parking avec le reste de la famille, l’ancien député du Nyong et Kelle Jean Clavin Libock qui se mêle à la presse sera le premier à en appeler à plus de lucidité. «J’ai vu le chef sortir de l’entretien avec le Professeur Maurice Nkam, commence-t-il. Dans son visage on pouvait lire beaucoup de déception. Je crois qu’il faut qu’on se dise que Charles n’est plus. Si ce n’est pas vrai, la surprise sera agréable pour tout le monde». Quelques instants plus tard, l’information est confirmée par le chef de famille. Charles Ateba Eyene est décédé ce vendredi en milieu d’après-midi. La rumeur était fondée.

© La Nouvelle Expression : William Bayiha

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