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Mar, Déc

Politique

Au moment ou certains fantasment sur un remaniement ministériel devenu obsolète, au pouvoir et dans les structures d’Etat, la classe politique et managériale peine à se renouveler, finissant de vieillir à l’ombre de la République. Le Cameroun est gagné par une sorte de sclérose en plaque qui va du politique à l’économie

On aura du mal à retenir les noms et les actes positifs des quelque 400 ministres et directeurs généraux qui ont fait un tour en passant de 1982 à nos jours au gouvernement et dans les structures étatiques. Mais on peut aisément gloser sur la classe dirigeante qui aide «artistiquement» le chef de l’Etat à gérer l’immobilisme à longueur de décrets. Ses membres ne sont issus, ni de la Rose-Croix, ni de la Franc-maçonnerie comme certains tendraient à le croire.

Selon Jeune Afrique citant un initié, «Ce ne sont ni la franc-maçonnerie ni la Rose-Croix qui structurent le champ politique camerounais. C’est avant tout le fait ethnique. Un nouveau gouvernement ne peut raisonnablement pas sortir si les Bamilékés, les Bétis ou les Nordistes ne sont pas représentés. Ce n’est pas le cas pour les francs-maçons, qui sont d’ailleurs très peu nombreux dans le gouvernement actuel». Les réseaux qui conduisent au saint des saints sont autrement plus complexes. Ni l’amitié, ni l’appartenance ethnique, ni la confrérie, ni la famille, encore moins la compétence ne confèrent le visa d’accès au ‘grand chelem’. Encore faut-il savoir s’accrocher au bastingage lors des gros tangages, au risque d’être éjecté par-dessus bord. L’autodestruction étant le propre dans le secret du cénacle. Par la prison et aussi la mort, beaucoup y ont laissé des plumes.

«Si le but ultime de la politique, comme l’a laissé entendre Machiavel, est de conquérir et de conserver le pouvoir par tous les moyens, alors Paul Biya est un génie politique de son temps», écrit le père Ludovic Lado. Ceux qui sont élus doivent œuvrer par tous les moyens au maintien et à la gloire du chef. «22 millions de Camerounais, y compris ses adversaires politiques de tous bords, en sont réduits à attendre que la nature se charge de l’alternance politique», souligne le jésuite. Le secret Biya est dans l’interrogation d’Etienne de la Boétie. Celui-ci voulait «seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante — et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir… ».

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Système: Les inamovibles du cénacle

Le système Biya et son mécanisme de reproduction se repose sur ce que l’on peut appeler le dernier cercle, celui qui depuis des décennies n’a pas bougé, laissant juste une fenêtre où quelques rares élus peuvent entrer. La liste est non exhaustive. On sait qu’il y a aussi les hommes de l’ombre, invisibles a l’œil nu du profane, mais très actifs à l’intérieur du système



Martin Belinga Eboutou

Il est ce que l’on peut appeler dans la mafia italienne: le capo di tutti capi. C’est le vice-dieu du moment. Cet ancien séminariste est pour la deuxième fois directeur de cabinet du président Paul Biya, après avoir été, conseiller spécial à la présidence de la République du Cameroun. Il connaît le président son aîné de sept ans depuis l'école catholique de Nden et le séminaire d’Akono. Il a été directeur du protocole d'État à la présidence de la République de 1989 à 1997. Président du Comité national d'organisation des Cinquantenaires de l'Indépendance et de la Réunification du Cameroun, Belinga Eboutou a été un membre influent de la délégation camerounaise dans le suivi de l'affaire Bakassi, à la Cour internationale de justice de La Haye et dans la commission mixte Cameroun-Nigeria-Onu en vue de la résolution définitive de ce conflit., que le pays célèbre en 2010 et 2011.



Marcel Niat Njifenji

C’est le premier président du Sénat au Cameroun. Deux fois directeur général de la Sonel, il a été ministre, député, maire etc. Deuxième personnalité de la République, il dirigera officiellement le Cameroun en cas de vacance à la présidence, comme le prévoit la Constitution. Niat est né en 1934.



Amadou Ali

Il est l’ancien Garde des Sceaux qui a conduit l’opération Epervier avec le succès que l’on sait. Sa carrière a commencé depuis 1971 comme premier adjoint préfectoral. Il met le pied à l’étrier en 1974 au poste de secrétaire général du ministère de la Fonction ministre, Délégué général à la gendarmerie, ministre de la Justice, Garde des sceaux avant d’échouer aux relations avec les assemblées. Publique avant d’entrer au gouvernement à l’avènement de Paul Biya comme délégué général au Tourisme. Ancien secrétaire général de la présidence de la République a aussi été entre autres vice-Premier.



Bello Bouba Maïgari.

Né à Baschéo en 1947. Il est le tout dernier Premier ministre de la République unie du Cameroun du 6 novembre 1982 au 22 août 1983 et patron de l’Undp d’où il évinça feu Samuel Eboua, le père fondateur du parti. Ce lui ouvrit la porte du gouvernement dont il est un des dinosaures.



Laurent Esso

Ce fils sawa est ministre. Que ce soit à la Justice, à la Défense ou ailleurs, au secrétariat général à la présidence, c’est un ministre… professionnel. Ministre de la Défense, ministre de la Santé publique, ministre des Affaires étrangères, ministre de la Justice, poste qu’il occupe pour la deuxième fois. Il est l’un des hommes-clés du régime. etc.



Issa Tchiroma Bakary

L’ancien cheminot incarcéré à la suite du putsch de 1984 et libéré en 1990, a tout de suite commencé une intense période d’activité politique dans le sillage de Samuel Eboua pour la création de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp). Ancien député à l’Assemblée nationale, il occupe le portefeuille de ministre des Transports. Et depuis le 30 juin 2009, il est ministre de la Communication. Son entrée au gouvernement du 27 novembre 1992 ayant suscité de vives critiques au sein de l’Undp, Issa Tchiroma Bakary est exclu du parti avec son acolyte Hamadou Moustapha. C’est aujourd’hui le porte-parole du gouvernement.



Fame Ndongo Jacques

Journaliste, professeur d’Université, ministre et scribe du président, l’ancien chargé de Mission au cabinet civil de la présidence de la République est entré au gouvernement comme ministre de la Communication en 2000. Depuis le 08 décembre 2004, il est ministre de l’Enseignement supérieur. Il est l’auteur de «créatures de Paul Biya», parlant de lui et ses collègues membres du gouvernement. Il dit de Paul Biya qu’il est «L’Emmanuel Kant de la politique». Il devient furieux dès qu’on touche à son créateur. Ces adversaires le traitent de «griot louangeur et servile».




Biyiti Bi Essam

Il l’a échappé belle, le ministre. Il devait aller sans transition du ministère de la Communication à Kondegui en 2009 lorsqu’à la faveur de la visite du Pape Benoit XVI au Cameroun, l’utilisation des fonds alloués au ministère de la Communication (Mincom), qu’il dirigeait alors, avait fait voir des pratiques peu orthodoxes au point qu’il avait été réduit à une défense pitoyable à travers les médias. Par le fait du prince, il a eu une promotion. L’actuel ministre des Postes jure qu’on ne l’y prendra plus.




Pierre Moukoko Mbonjo

Dans le nouveau gouvernement de Paul Biya vieux de trois ou quatre ans, -un record-, le natif du Nkam occupe à présent la position prestigieuse de ministre des Relations extérieures. Après avoir officié à la Communication. S’il n’a pas le rang de ministre d’État, Pierre Moakoko Mbonjo fait néanmoins partie du premier cercle.



Edgar-Alain Mebe Ngo’o

Il est avec Louis-Paul Motazé un des enfants adoptifs du président. Des sources fiables indiquent que c’est dans la préfectorale qu’il a commencé sa carrière. On se souvient de lui comme préfet de l’océan à Kribi et surtout comme préfet du Mfoundi à Yaoundé. C’est lui qui fit arrêter Titus Edzoa et M. T. Atangana en avril 1987. La suite de cette affaire est connue. Il fait ensuite ses classes à l’ombre du père comme direteur du cabinet civil. Essai concluant, il est nommé délégué général à la Sûreté nationale avant son poste actuel de ministre délégué en charge de la Défense. Il est l’œil et l’oreille du chef de l’Etat et ne badine pas avec la confiance placée en lui.



Hamadou Moustapha

Jadis enfant chéri de l’ancien président de la République, il aura été avec Maïgari Bello Bouba, Hélé Pierre, Issa Tchiroma Bakary, l’un des « comploteurs » qui ont débarqué Samuel Eboua de l’Undp. Mais les négociations pour entrer dans le gouvernement finiront par diviser le cartel. Ce qui fit le jeu de Paul Biya qui se penchera sur leur dossier au cas par cas en les enrôlant un à un dans son gouvernement. Hamadou Moustapha est logé à la présidence de la République comme chargé de mission. Confortable placard politique pour le président de l’Alliance nationale pour la démocratie et le progrès (Andp).




Michel Meva’a m’Eboutou

L’actuel secrétaire général du Sénat fait partie de ces « biale biale » qui constituent la garde rapprochée de Paul Biya. Grâce à cette proximité, il a eu à occuper des fonctions stratégiques de ministre de la Défense, ministre des Finances, secrétaire général de l’Assemblée nationale puis du Sénat. Ses ennemis estiment que son implication dans l’achat foireux de l’avion présidentiel devrait lui attirer des soucis. Il n’en demeure pas moins que sorti de là, il a été promu secrétaire général de la Chambre haute.



Bokam Jean-Baptiste

Le fils de Nkouba Etienne et de Nkoasse Lucie, il est né le 10 octobre 1951 à Bagbezé I dans le département du Haut-Nyong, région de l’Est est un revenant. Il est ministre depuis 1988. Sur sa carte de visite, on peut lire qu’il a été ministre du Travail et de la prévoyance sociale; des travaux publics. En 1997, il amorce une traversée du désert et revient en 2006 comme secrétaire d’Etat à la Gendarmerie.




Yaou Aissatou

Dg de la Société nationale d’investissement (Sni) depuis 2003, Yaou Aissatou née à Garoua en 1951est titulaire d’une licence en sciences économiques et d’un Master of business administration (Mba) obtenu aux Etats-Unis. En 1975, elle entre à la Sni et occupe le poste de directeur adjoint des finances. Le 4 février 1984, deux ans après l’arrivée de Biya au pouvoir, elle est nommée ministre de la Condition féminine, et quelques années après, ministre des Affaires sociales et de la Condition féminine.




Foumane Akame

vit à l'ombre du président. Docteur Jekyll où Mister Hide? Difficile de coller une étiquette à Jean Foumane Akame, auteur du «code pénal camerounais», et avec Etoga Eyli, d’un essai biographique sur le deuxième président de la République unie du Cameroun intitulé «Paul Biya, ou l'incarnation de la rigueur ». C’est tout dire sur ce magistrat hors hiérarchie, juge à Dschang, à Douala, et président de la Chambre administrative de la Cour fédérale de Justice né le 31 août 1937 à Ndonkol.




Louis-Paul Motaze

Né en 1959 à Meyomessi, a pratiquement grandi et été élevé dans l’entourage du chef de l’État. C’est un fort en thème : administrateur civil ; Dea en droit public ; diplômé en Transport international etc. Après 10 ans de travail à la Camair, il a été nommé à la tête de la Cnps en septembre 1999. Celui qui fait office depuis le 9 décembre 2011, de secrétaire général des services de la Primature a rang de ministre. Précédemment ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire, il a gravi les échelons dans le 4ème gouvernement de l’ère démocratique du président Paul Biya. Il est certain qu’il ira loin. Si le président est l’inspirateur du Document de stratégie de croissance économique, Louis Paul Motaze est l’un des piliers majeurs de la mise en œuvre des grands chantiers économiques issus de cet instrument théorique qui constitue le dernier défi du président.




Grégoire Owona

Il est un fin connaisseur du microcosme politique national, des jeux et des enjeux du pouvoir. Secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc, C’est en 1987 que ce natif de Japoma obtient sont premier mandat en tant que conseiller municipal de la ville de Douala. Ancien député à l’Assemblée nationale, il est également membre titulaire du comité central, ancien ministre délégué chargé des Relations avec les Assemblées et aujourd’hui ministre du Travail.




Adolphe Moudiki

Aujourd’hui tout puissant et inamovible administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), c’est un ancien ministre. Il est l’oreille et l’œil du président en matière d’hydrocarbures.



Talba Malla

A 53 ans, originaire du Mayo Sava dans l’Extrême-Nord est en charge de l’organisation du Rdpc au Comité central, ancien directeur général de la Caisse de stabilisation des produits des hydrocarbures, et aujourd’hui directeur général de la Sonara. A 54 ans, ce fiscaliste et spécialiste du droit des affaires, fils d’un ancien haut commis de l’Etat dont il porte le même nom est un apparatchik du pouvoir, militant inconditionnel du Rdpc.


© Edking & Dobell | Le Messager

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