Sidebar

23
Sam, Sep

Politique

Les dépenses ostentatoires réalisées par le gouvernement, à plus de 4 milliards de francs CFA pour doter les hauts représentants de sa préfectorale d’un parc automobile fort démonstratif, en ce début d’année 2015, ont particulièrement scandalisé tous ceux qui avaient cru trop rapidement en la sincérité des Paul Biya et de ses hommes à vouloir réduire leur gargantuesque train de vie.

Cela, au regard de l’immense accumulation de contraintes, tant nationales qu’internationales, qui ont, depuis plus d’un an, objectivement réduit la marge de manoeuvre du ministre des finances et aliéné sa capacité à répartir le peu d’argent qu’il lui reste.

Il faut pourtant regarder d’un peu plus près dans le carnet des dépenses de l’Etat, tel que prévu dans le budget de cette année 2016, pour se rendre compte de l’insincérité et même de l’incohérence des approches globales du gouvernement sur la question sur le contrôle et l’aménagement de ses dépenses. Ainsi, même si sur la tendance globale le gouvernement affiche une baisse de près de 180 milliards dans les dépenses de fonctionnement, l’on peut encore s’étonner de ce que, dans le même temps, il dépense jusqu'à 56 milliards pour les frais de  bouche, les réceptions et les cérémonies.

Par ailleurs, il pointe pour 25 milliards de francs CFA pour ses seules factures d’eau et d’électricité, 33 milliards pour le carburant et les lubrifiants, rubrique dans laquelle le ministère de la Défense à lui seul s’en tire avec près de 10 milliards. Dans le même temps, Philémon Yang a laissé inscrire pour plus de 50 milliards de primes et gratifications, alors que la rubriques salaires et pensions des fonctionnaires fait étalage de près de 1150 milliards de francs.

Sur ce seul poste, une progression de plus de 55 milliards qui indique clairement le manque absolu de maîtrise que le gouvernement a sur son organisation et donc, sur sa programmation et ses dépenses. Une dérive qui, au son d’une campagne électorale à venir sera certainement très difficile à contrôler.

Les grandes tendances du budget de l’Etat restent donc les mêmes, grosso modo : plus de 70 pour cent de l’argent public affecté au seul fonctionnement, c’est-à-dire, clairement, à la « nourriture » des fonctionnaires et de leurs affidés. Il est question de garantir le « manger » des gens, de s’affairer à ce que leur estomac soit toujours bien garni.

Plus de 2 000 milliards donc, ainsi. Chiffre remarquable pour continuer de parler d’« émergence », comme d’une défaite plus morale qu’économique. Et se satisfaire de ce que, d’année en année, rien ne bouge et que, surtout, le pays aille, tout entier, à vau-l’eau.

© Source : Le Jour

Kongossa.fr, l'actualité du Cameroun en temps réel.

 

Overall Rating (0)

0 out of 5 stars
  • Aucun commentaire trouvé
Ajouter un commentaire
Inscrivez-vous à notre service gratuit de newsletter pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles informations sont disponibles.