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Mar, Fév

Politique
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Sur la scène de théâtre d'hier, au sommet de l'une des sept collines qui ceinturent la capitale politique du Cameroun, il y a eu deux principaux symboles. D'abord le symbole de la tradition ancestrale sur laquelle ont voulu jouer les organisateurs. Or, si le Centre doit vraiment être considéré comme tel et s'il tient aux valeurs ancestrales, une réunion de ce genre et de cette portée ne se serait jamais tenue dans ce cadre. C'est dire si la démarche d'hier était empruntée et il n'est pas surprenant que, malgré le forcing d'une discipline de fer, des voix dissonantes et réservées se soient élevées dans le brouhaha passablement cacophonique du Mont Febe où, par calculs politiques autant que par peur d'être marginalisé, l'essentiel des personnalités politiques ou des responsables de la haute administration se soient crus obligés de faire le déplacement.

L'autre symbole est incontestablement politique. On a sans doute pensé trop tôt que le rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd) mettant en cause certains biens personnels du chef de l'Etat et de quelques membres de sa famille, avec la furia médiatique qui l'a accompagné, allait définitivement fragiliser Paul Biya à quelques semaines d'un voyage officiel en France que l'on dit important. Et voilà un argument supplémentaire que récupère le pouvoir en place pour asseoir une stratégie basée sur la reconduction à l'infini du pouvoir présidentiel en la personne de Paul Biya.

Jusque-là en effet, les éléments stratégiques étaient basés sur la construction d'infrastructures sportives (le palais des Sports de Yaoundé a été opportunément inauguré par Paul Biya en personne), le rapprochement avec la famille à la fois nucléaire et politique du premier chef de l'Etat du Cameroun Ahmadou Ahidjo (le retour de sa dépouille mortelle est annoncé en début d'année prochaine avec les honneurs dus à sa position d'antan pendant que le dernier remaniement ministériel a consacré le retour en force de Garoua au sein du gouvernement) et la qualification toujours espérée (et désormais plus que possible depuis le match nul entre le Togo et le Maroc). Autant d'ingrédients qui auraient préparé à la convocation d'élections présidentielles anticipées en fin d'année prochaine (logiquement précédée d'une autre révision constitutionnelle qui devrait encadrer une telle décision politique).

Il reste cependant les calculs politiciens et mesquins. La "réaction au rapport du Ccfd" est commune à toutes les "forces vives" du Rdpc qui rivalisent de ridicule depuis plus d'une semaine, mais la démarcation des mémorandums semble être la marque déposée du conclave d'hier. Difficile de savoir cependant si sur ce point, la stratégie est bonne. S'il est constant de défendre les positions de la République et les problèmes généraux de la nation, force est de constater que ces dernières années, la production de ces documents promouvant le régionalisme a eu des conséquences politiques plus que positives. Le Grand nord s'en est tiré avec une université sur mesure et quelques postes ministériels en plus. L'Est vient d'hériter des attentions du chef de l'Etat qui demande d'étudier le dossier avec la plus grande attention. Reste à savoir si l'initiative d'hier a effectivement été encouragée par Paul Biya en personne ou si elle est l'œuvre de quelques calculateurs du dimanche. De la réponse à cette interrogation pourrait bien dépendre l'avenir politique de quelques ténors du rassemblement d'hier.

A.B.B. (mutations.info)

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