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Mar, Fév

Politique
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L’usage de la biométrie pour les inscriptions sur les listes électorales comme vous et d’autres l’avez longtemps demandé, est-ce une avancée pour le système électoral camerounais?

Disons que c’est un bon point. Lorsqu’on a passé trois années à mener des revendications précises, sur la refonte et la biométrie comme modalité de mise en place d’une élection crédible, et que subitement l’acteur organisateur des élections réponde à ces préoccupations de manière séquentielle et à un intervalle rapide, c’est une très bonne chose. Maintenant, comme on a été habitué par le passé à beaucoup de formes d’escroquerie politique au Cameroun, on a intérêt à être très vigilant par rapport aux possibilités de détournement de cet acquis qui est une avancée réelle. Ça peut être aussi une source de désillusion si on y prend garde. Il faut que les gens comprennent d’abord très bien de quoi il est question et les conditions sans lesquelles cela n’est pas possible.

Qu’es-ce que la biométrie?

Disons déjà que la biométrie n’est pas qu’une science propre à l’élection. La science électorale vient simplement emprunter cette technologie comme étant une technologie qui est assez fiable dans d’autres secteurs. On peut résumer que la biométrie est cette forme de technologie qui s’appuie sur l’identification et l’authentification d’une personne, sur des bases fiables, à travers des données personnelles qui sont uniques pour chaque individu. Elle a donc deux segments, c’est-à-dire en amont l’authentification de l’individu et en aval vous avez son identification. Il faut noter aussi qu’il y a trois formes de biométrie à savoir la biométrie biologique, la biométrie comportementale et la biométrie morphologique.

Concrètement à quoi doivent s’attendre les électeurs?

En matière électorale, c’est la biométrie morphologique qui va être utilisée c’est-à-dire notamment les empreintes digitales qui sont uniques, le fond de l’iris qui est unique aussi, bref tout ce qui est à l’extérieur du corps et dont on peut immédiatement se servir. Ces données là, pour chaque individu vont être prélevées et introduites dans le fichier. Cela veut dire qu’on vous a identifié. On met cela dans une machine et à travers un logiciel, on imprime votre carte électorale où on a non seulement les éléments qui vous ont été donnés par ceux qui vous ont mis au mode c’est-à-dire le nom, etc; mais aussi des données qui sont caractéristiques de votre personne. Ça c’est la partie identification. La partie authentification va se faire à travers des kits dans lesquels des programmes ont été intégrés et lorsque, le jour de l’élection, vous venez avec la carte qui a permis de vous identifier, vous l’introduisez ou vous mettez votre empreinte, et le kit reconnaît qu’à cette empreinte correspond l’individu qui a été au préalable identifié. A ce moment là, on vous a authentifié. Si les principes d’identification et d’authentification sont contrôlés par tous les acteurs, il n’y a donc pas de risques que l’on puisse avoir un seul doublon.

La carte d’électeur correspondrait alors à une carte d’identité …

La carte électorale renferme des informations qui ont été au préalable identifiés. C’est donc un élément d’identification. Sauf qu’ici, celle-ci est renforcée par des éléments biométriques c’est-à-dire des éléments qui sont propres à vous et qui ont été captés et introduits dans une puce et dans un programme électronique ou informatique. C’est plus fiable, en termes de vérification, pour éviter qu’il y ait des personnes doubles. Mais il faut que cette modalité de mise en œuvre soit suffisamment claire.

Ce système a tout de même montré des défaillances en Côte d’Ivoire …

C’est pour cela qu’il faut mettre un accent sur le contrôle de la phase d’identification et la phase d’authentification. A la réalité, tout cela va être géré par l’homme. Il n’est pas dit que la machine va remplacer l’homme à tous les niveaux. S’il y a un programme, il faut être sûr qu’il est fiable, mais en définitive, ce sont les hommes qui vont y inclure les données. Il faut donc que les commissions électorales prennent le contrôle de l’affaire. La biométrie ne viendra jamais remplacer les hommes dans le processus. C’est un dispositif fiable qui, s’il est respecté, viendra éliminer les votes multiples et les doublons. S’il est renforcé par un programme informatique fiable, ça nous permettrait d’avoir des résultats très rapides. Mais il faut comprendre que la biométrie ne vient pas gérer tout le système électoral. Il vient résoudre deux problèmes : celui de l’identification des électeurs et celui des votes multiples et des charters électoraux. Mais toutes les autres formes de fraude existent encore. Dans mon ouvrage, j’ai recensé 36 formes de fraudes électorales en Afrique. La biométrie élimine environ 7 formes. Donc vous comprenez qu’il y a encore 25 autres qu’on peut expérimenter.

La nouvelle expression

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