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Sur la foi d'un certain nombre de charges, toutes aussi accablantes et renversantes les unes que les autres, imputées à l'ex-administrateur directeur général des Brasseries du Cameroun, le Tcs ne tardera pas dans les prochains jours à mettre le grappin sur le prédécesseur de Francis Batista. A l'origine, d'importantes pertes en terme de milliards de FCFA enregistrées par le Trésor public camerounais et d'autres jongleries fiscales des plus obliques commises par l'ancien patron de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc), sous le parapluie apprend-on, de l'ancien ministre des Finances, Polycarpe Abah Abah et la protection de l'ex-directeur général des Impôts, Alfred Bagueka Assobo.

S'agissant particulièrement de la fraude douanière, ceux qui en devisent en petits comités dans les milieux judiciaires ont entre autres en mémoire, le procès-verbal de constat n°027 du 16 juin 2001 de quatre enquêteurs de la Douane, sanctionnant le contrôle des exportations des produits fabriqués par la Sabc sous les régimes de la Tva et des droits d'assises (Da) pour les exercices 1997/1998, 1998/1999, 1999/2000, où il a été constaté un indescriptible cafouillis, dans la gestion de M. Siaka.

De nombreux observateurs, à la lecture de ce volumineux document, ont dû le constater que l'homme est pris en flagrant délit de fraude douanière. En effet, dans une correspondance datée du 13 mai 2013, adressée au ministre des Finances sous le couvert de Mme le directeur général des Douanes, l'inspecteur principal des douanes à la retraite Eugène Prosper Diyouckey est revenu sur des détails de taille, permettant de mieux comprendre le «système Siaka», fait d'esbroufe et de tours de passe-passe. Aux dernières nouvelles, le Tribunal criminel spécial (Tcs), s'est saisi de l'affaire et n'aura aucune peine à coincer le «digne» fils de Bandjoun.


Impunité.

Ce qui reste constant aujourd'hui, c'est que la Sabc est au moins redevable envers le Trésor public de la somme de 3.961.860.082 FCFA, tel que révélé par le rapport Diyouckey. Le comportement délictuel de l'ancien Adg des Brasseries est suffisamment établi quand le rapporteur, inspecteur des douanes, fait remarquer au Minfi que M. Siaka savait ce qui s'est passé. «Il sait que nos constatations sont fondées car avant notre contrôle, les exportations n'étaient pas maîtrisées. C'était une gestion manuelle d'une activité certainement considérée comme marginale. Il en a résulté des dérives et les agents des Brasseries ont organisé un réseau de ventes de produits destinés à l'exportation sur le marché local. Il devait savoir que ces produits se vendaient à New-Bell à un prix inférieur au prix de vente normal. C'est ainsi que nous avons eu l'information que nous avons exploitée! Nous avons fait un travail remarquable et titanesque de reconstitution de ces opérations», détaille le PV de l'équipe d'enquêteurs.

Elle ne manque pas de pointer des noms, connus ou pas, du réseau Siaka. Ainsi de Mourot Jean Dénis et Nseke Nseke Oscar, respectivement directeur d'agence et responsable de la fiscalité à la direction générale de la Sabc, qui sont cités comme «étant les bras séculiers de M. Siaka. Sauf que, depuis lors, ce dernier ne s'est pas empressé de communiquer sur le sujet, lui qu'on connaissait pourtant plus loquace en d'autres occasions. Préférerait-il alors «mourir» seul au Tcs? En tout cas, les Camerounais attendent, avec la plus grande attention, que la justice de leur pays éclaire enfin leur lanterne sur ce mystère. Et que, finalement, M. Siaka dévoile le visage de ceux qu'il protège.

«Le réseau mis en place par l'ex-Adg de la Sabc, à travers des sociétés écrans pour dépouiller cette société et frauder avec le fisc camerounais, doit être démasqué. Il ne faudrait pas que l'affaire Siaka donne le sentiment d'une impunité des puissants. Que c'est la trique pour les citoyens de base, l'impunité pour les gros et le laxisme pour les véritables délinquants», analyse un avocat du cru. Pour dire à quel point l'affaire est sérieuse, M. Siaka a été pris à partir voici deux semaines à Yaoundé par d'anciens proches collaborateurs.

A l'occasion de la Fête du personnel,ils ont tenu à déverser leur bile sur la place publique, et ce, pendant de longues minutes. Ils ont, en dépit d'un protocole trié sur le volet et particulièrement rigoureux, révélé le système mafieux de l'homme. A la fin, scié par le spectacle auquel il ne s'attendait certainement pas, André Siaka, oubliant chauffeur et voiture, est sorti de la Salle des fêtes par la porte de service pour emprunter un taxi rapidement affrété par un proche. C'est ainsi qu'il a réussi à échapper à un lynchage qui lui était promis de longue date;

© Michel Tafou : La Météo

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