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Lun, Jui

Politique
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Le chef de l'État centrafricain François Bozizé a prononcé un réquisitoire contre le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire (Cemac) Antoine Ntsimi. Et mène campagne pour qu'il ne soit pas reconduit.

« Dégage ! » Le slogan rageur du Printemps arabe semble avoir trouvé une nouvelle cible en Afrique centrale. Il vise cette fois-ci le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) et n'est pas lancé par le peuple mais par des dirigeants en colère. En poste depuis le 14 mai 2007, le Camerounais Antoine Ntsimi doit achever son premier mandat en mai 2012 - et espère rempiler. Mais certains bataillent pour qu'il ne soit pas reconduit, voire pour qu'il disparaisse avant l'échéance programmée.

Très remonté contre Ntsimi, François Bozizé, le chef de l'État centrafricain, mène campagne depuis plusieurs mois pour obtenir son limogeage. « La Cemac fait du surplace depuis deux ans, a jugé Bozizé le 15 février sur la chaîne Voxafrica. Nous accusons le président de la Commission de ne pas respecter les textes, de faire traîner les choses. » Et d'enfoncer le clou : « Il faut qu'un sommet des chefs d'État ait lieu pour prendre enfin de grandes décisions. La Cemac doit fonctionner comme les autres institutions sous-régionales d'Afrique. On tourne en rond. Je dois le dénoncer. » Antoine Ntsimi n'a pas réagi à ce coup de sang présidentiel. « Je ne commente pas les propos des chefs d'État », a-t-il confié à Jeune Afrique.

Rotation

Depuis les deux sommets de 2010, en janvier à Bangui et en juin à Brazzaville, les dirigeants des six pays de la Cemac ne se sont plus réunis, laissant en plan plusieurs grands chantiers : le rapprochement des Bourses de Libreville et de Douala, le passeport biométrique, le lancement de la compagnie sous-régionale Air Cemac...

Pour relancer la machine, François Bozizé rappelle le principe de rotation à la tête des institutions selon l'ordre alphabétique, adopté en janvier 2010 au sommet de Bangui. Il pousse, au poste de président de la Commission, ses poulains, deux anciens Premiers ministres centrafricains : Élie Doté (65 ans) et, surtout, Enoch Dérant-Lakoué (67 ans), l'actuel président du Parti social démocrate (PSD). Issu comme François Bozizé de la région de Bossangoa, franc-maçon, ce dernier présente en outre l'avantage d'être un proche de Denis Sassou Nguesso. Le chef de l'État congolais, qui assure actuellement la présidence de la Cemac, soutiendrait ainsi son homologue centrafricain dans sa volonté d'évincer Antoine Ntsimi.

Grand-messe

Encore faut-il qu'un consensus se dessine au plus haut niveau - le Camerounais Paul Biya s'oppose en toute logique au départ de Ntsimi - et qu'un sommet se tienne enfin... Initialement prévu en janvier 2012, il a été repoussé à mars, Coupe d'Afrique des nations oblige (elle s'est tenue du 21 janvier au 12 février au Gabon et en Guinée équatoriale). Puis, il a été à nouveau remis, à fin avril, en raison du départ du président camerounais vers la Suisse. La grand-messe devrait finalement avoir lieu en mai. À ce rythme, Antoine Ntsimi tiendra probablement jusqu'à la fin de son mandat.

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