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Mar, Fév

Politique
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Rassemblées hier sur les hauteurs de l'hôtel Mont Fébé, des élites de cette partie du pays ont dit avoir tout reçu de Paul Biya.

Les "élites du Centre" voulaient certainement être en phase avec le chef de l'Etat et président national du Rdpc, Paul Biya hier, 08 juillet 2009. Elles ont, pour cela, choisi les hauteurs de l'hôtel Mont Fébé. A un jet de pierre du Palais de l'Unité, un autre lieu haut perché de la capitale camerounaise. Ici, hommes et femmes parmi ceux que le Centre compte de têtes couronnées notamment dans la classe administrante du parti et de la notabilité traditionnelle, se sont réunis autour de René Emmanual Sadi, l'officiant principal qui, d'entrée de propos à la suite du modérateur de circonstance, Benoît Ndong Soumeth, puis de Gilbert Tsimi Evouna (dont on ne sait pas s'il parlait au nom du parti dont il est le trésorier ou de la ville de Yaoundé dont il est l'édile en chef, a réaffirmé que la région du Centre est comblé par l'action de Paul Biya.

Après avoir situé le cadre de cette réunion des plus inédites, le tout nouveau ministre chargé des missions à la présidence de la République et toujours secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir, a souligné que "s'agissant de la région du Centre, notre soutien a toujours été inconditionnel. Nous ne l'avons jamais marchandé parce que nous n'avons pas de raisons de le marchander, tant il est vrai que le président de la République, conscient de la sincérité, la qualité et de l'indéfectibilité de ce soutien, a toujours su nous le revaloir par une attention et une sollicitude jamais démenties, non pas seulement par des mots, mais par des actes".

Cette partie de ce que l'organisation de la rencontre appelle la "communication du ministre Emmanuel René", est intervenue à la suite d'une série de dénonciations relatives au "mémorandum du Centre" que l'orateur aura qualifié de tract puisque, dit-il, non signé. Tout comme le secrétaire général du comité central du Rdpc a fustigé le rapport du Comité catholique pour la faim et le développement (Ccfd). S'il soutient que "le calme règne dans la région du Centre", René Sadi est démenti par la valse de réunions et déclarations de différentes tendances des ressortissants du Centre au sujet du "mémorandum" qui, manifestement, si l'on s'en tient aux réactions dans la salle, "a fait mal".

Chantage
Certes, M. Sadi dira que "loin d'être une avalanche de réactions épidermiques, ou mécaniques, ces prises de position procèdent bien d'attitudes réfléchies et pleinement assumées. On aurait pu s'attendre à ce que, filles et fils du Centre, nous adhérions à ce qu'en réalité, on a abusivement appelé mémorandum. Mais cela ne se pouvait pas, puisque nous étions en total désaccord tant sur la forme que sur le fond". Sur la forme, René Emmanuel Sadi pourfend la circonstance, les moyens et le ton. Des unités qui tranchent, soutient-il, d'avec la crédibilité, la sincérité, la fidélité et la dignité de l'homme du Centre. Pour tout dire, René Sadi croit savoir, parlant de ses frères du Centre et lui-même, que le "mémorandum du Centre est une implication sans nous et contre nous". De la même manière, il dira que le mémorandum n'est pas le mode d'expression des peules de la forêt.

Après avoir dénoncé ce qu'il appelle "chantage et manipulation", il aura le même discours à l'endroit du rapport du Ccfd qui "veut détourner les Camerounais qui ont toujours eu pour leur chef la plus haute estime et la confiance la plus totale car, il s'est toujours situé aux antipodes de la démesure et de l'ostentation". Et le secrétaire général du comité central du Rdpc de dire qu'on "veut nuire au Cameroun qui, en dépit des jugements hâtifs et biaisés, offre au monde l'image d'un pays pacifique, stable, et promis à un bel avenir (…) Les Camerounaises et les Camerounais sont donc sereins; ils ne se laisseront pas distraire ni duper. Car, ils ont bien compris qu'au-delà de leur président, dont la stature, la sagesse et la clairvoyance lui ont valu estime et respect en Afrique et dans le monde, c'est le Cameroun dont chacun connaît les atouts d'aujourd'hui et les perspectives de demain, que l'on veut mettre en péril".

Au cours des différentes interventions de la salle, les uns et les autres auront relayé les mêmes idées assorties d'un appel à la candidature de Paul Biya pour la présidentielle de 2011. Pour autant, à la suite de Félix Tonye Mbock (ancien ministre des Sports) qui a longuement interrogé la salle sur les auteurs du mémorandum, le maire de Mbalmayo, Dieudonné Zang Mba Obélé, dira que l'arrière pays a des problème de développement (routes, infrastructures scolaires et sanitaires). Les acclamations, jusque là tièdes dans la salle, ont doublé. Comme ils ont grandi en ampleur lorsque après la lecture de la déclaration du Mont Fébé (priant Paul Biya d'être candidat en 2001), Pierre Eloundou Mani a tenu à dire que "le mémorandum, lorsqu'il est signé, est un mode d'expression politique". Comme quoi, dire le contraire, n'est qu'un mensonge.

Léger Ntiga (mutations)

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