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Mar, Oct

Politique
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L’une des six nouvelles recrues d’Elections Cameroon n’a pas pu tenir le temps de la cérémonie d’hier.

Conformément à la loi du 6 mai 2011 modifiant celle du 29 décembre 2006 portant création, organisation et fonctionnement d’Elections Cameroon (Elecam), les six membres supplémentaires nommés au sein du conseil électoral d’Elecam le 7 juillet dernier ont prêté serment hier, avant leur entrée en fonction. C’était au cours d’une audience solennelle de la Cour suprême, présidée par le premier président de cette Cour, Alexis Dipanda Mouellé. 
Devant une brochette de membres du gouvernement, à l’exception notable du ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Marafa Hamidou Yaya, du corps diplomatique et des personnalités de la société civile, Mgr Dieudonné Watio, Delphine Tsanga, Pauline Juliette Biyong, Pierre Titi Nwel, Christopher Tiku Tambe et Nsangou Issofa ont tous, la main droite levée de façon oblique, déclamé la phrase désormais célèbre : «Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de les exercer en toute impartialité dans le respect de la Constitution et les lois en vigueur, de garder le secret des délibérations et des votes, de ne prendre aucune position publique, de ne donner aucune consultation sur les questions relevant de la compétence d’Elections Cameroon».

L’honneur est revenu à l’évêque de Bafoussam, Mgr Dieudonné Watio, qui a troqué pour la circonstance sa soutane contre un costume de couleur noire, d’ouvrir le bal. Puis, d’une voix chevrotante, Delphine Tsanga a sacrifié au rituel. Mais le pire était à venir pour celle que le procureur général près la Cour suprême a soigneusement évité de présenter comme vice-présidente et membre du bureau politique de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp). 30 minutes après le début de la cérémonie, cette dame âgée de 76 ans, qui a assumé les fonctions de vice-ministre de la Santé publique et ministre des Affaires sociales, ne tenait plus debout. Voyant cette infirmière de formation «subir le martyr» de la station debout, Alexis Dipanda Mouellé, de sa voix lente et monocorde, lâchera : «Mme Tsanga Delphine, si vous vous sentez un tout petit peu fatigué, vous pouvez vous asseoir, sinon vous restez avec les autres…».

Serment
Le propos du premier président de la Cour suprême n’arrachera curieusement aucune réaction dans la salle. Quelques invités, à travers leurs mines, donneront néanmoins l’impression de s’apitoyer sur le sort de cette dame qui revendique une carrière bien remplie autant sur le plan national que sur la scène internationale. Comme si elle n’attendait que cette parole salvatrice, Delphine Tsanga foncera illico presto vers un siège, non loin de ses cinq collègues, visiblement compatissants. C’est confortablement assise que la militante de l’Undp suivra le «cour magistral» de science politique dispensé par Dipanda Mouellé aux «bleus» d’Elecam. Un hymne au patriotisme, à la compétence, à l’intégrité morale, à l’honnêteté intellectuelle et à l’impartialité. Avec comme cerise sur le gâteau, une saillie de Montesquieu, qui laisse songeur: «Si tout citoyen se comporte comme un esclave échappé de la maison de son maître, il est peut-être temps que l’homme politique qui se veut démocratique interrompe sa fuite pour bâtir une autre maison, la sienne où il y aura le respect de l’autre, des contradictions, des libertés, de l’expression de la volonté de la majorité».

Après la cérémonie de prestation de serment d’hier et les réjouissances dans les quartiers, le vif du sujet commence dès lundi. Le président du conseil électoral d’Elecam, Fonkam Azu’u annonce une session extraordinaire qui réunira les 18 membres d’Elecam. Pierre Titi Nwel, nouveau soldat au bataillon de la transparence électorale, pense que «par la grâce de Dieu», cet organisme présumé indépendant atteindra ses objectifs. 
Christopher Tiku Tambe, indique, pour sa part, qu’il fera tout pour ne pas trahir le serment d’hier, devant la Haute juridiction. Quant à Delphine Tsanga, qui s’est retirée subrepticement à fin de la cérémonie, on a encore à l’esprit sa déclaration après sa nomination à Elecam, publiée chez le confrère Le Jour : «Si le président [de la République, ndlr] estime que je peux encore travailler sur le plan national, je ne peux que l’en remercier. Je travaillerai jusqu’au dernier jour».

Mutations : Georges Alain Boyomo

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