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Politique
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Mesdames et Messieurs,

Depuis l'année 2003, la Communauté Internationale célèbre chaque 9 décembre, la Journée Mondiale des Nations Unies Contre la Corruption.
Cette journée a été instituée à la suite de l'adoption le 9 décembre de la même année de la Convention des Nations Unies contre la Corruption que le Cameroun a ratifiée le 18 mai 2004. Son but est de sensibiliser la communauté internationale sur la prévention de ce mal pernicieux qu'est la corruption.
La célébration de cette journée s'inscrit donc en droite ligne de la croisade que notre pays a engagée avec fermeté et détermination contre ce fléau planétaire qui sévit chez nous de manière endémique et fait des ravages immenses dans tous les secteurs de la vie nationale.
Ses conséquences sont telles que l'image et la réputation de notre pays s'en trouvent ternies. C'est pourquoi l'ensemble des populations du Cameroun sous la houlette de Son Excellence Paul BIYA, Président de la République, doit se lever comme un seul homme pour mener un combat sans merci, jusqu'à l'éradication totale de ce fléau dans notre pays. Notre avenir en dépend.
C'est pourquoi, cette année, la Commission Nationale Anti-Corruption a placé la célébration de cette journée sous le signe de l'Education à l'intégrité. La CONAC entend par ce choix attirer l'attention de la collectivité nationale et de ses partenaires sur la nécessité de promouvoir les valeurs éthiques dans notre pays pour que, demain, émerge au Cameroun une nouvelle race d'hommes et de femmes qui tournent le dos à la facilité, notamment à la corruption.
En effet, une des missions essentielles de La CONAC est de suivre et d'évaluer l'application effective du plan Gouvernemental de lutte contre la Corruption, qui prescrit notamment des mesures devant « susciter les populations à apporter leur concours à la lutte contre la corruption... d'introduire dans le système d'enseignement un volet d'éducation civique contre la Corruption. »
De plus, dans son discours à la Nation le 31 décembre 1998, le Président Paul BIYA dressait un constat alarmant en ces termes « Des comportements anormaux se sont infiltrés dans notre société. Ils ont non seulement affecté nos relations sociales, mais également les organes de l'Etat qui ont pourtant pour mission de veiller au respect de l'intérêt général et de la moralité publique. L'appât du gain, l'enrichissement illicite sont devenus les moteurs du comportement de beaucoup de nos compatriotes adeptes par ailleurs de la tricherie, de la fraude, voire de l'escroquerie. » Fin de citation.
Plus récemment, à l'occasion de la célébration du cinquantenaire de l'Ecole nationale d'Administration et de Magistrature, le Président de la République a souligné la nécessité de «cultiver les valeurs de la République)) et prescrit à cet effet « une bonne formation morale». Venant de la voix la plus autorisée, ces constats et ces hautes directives invitent à l'action immédiate. Car, force est de reconnaître que c'est à travers le corps social, que le déficit d'exemplarité sur le plan moral est devenu alarmant. Si bien que, de la base au sommet de l'échelle sociale, tout doit être mis en œuvre pour mettre fin à cette gangrène qui risque de détruire tout ce que le Cameroun a de sain, d'intègre et de bien.
Quand l'échelle des valeurs se disloque, c'est la société entière qui vacille sur ses fondements, ouvrant la voie à tous les dysfonctionnements : désormais, le vice tend à supplanter la vertu; l'imposture se répand aux dépens de l'effort et du mérite... fragilisant ainsi les règles élémentaires qui fondent la cohésion sociale. Et c'est notre destin commun qui est menacé. Comment prévenir un tel péril auquel nous expose le recul persistant des préoccupations éthiques et morales. Tel est notre défi. La réponse se trouve dans la refondation des valeurs morales et républicaines.
Nous voyons donc que notre société a besoin de restaurer ces valeurs essentielles pour retrouver ses marques, pour faire régner à nouveau l'ordre et la discipline, la politesse élémentaire, la norme et la hiérarchie, le respect des lois et règlements en vigueur. Comme le prescrit le Chef de l'Etat, il nous faut ((cultiver les valeurs républicaines)) et engager «une bonne formation morale)) pour nos citoyens. C'est le credo de la CONAC.
Cette œuvre de refondation sociétale doit pouvoir prendre racine dans la cellule familiale où le citoyen dès sa tendre enfance fait ses premiers pas dans la vie et s'initie aux valeurs fondamentales, développe le sentiment d'appartenance à un pays. Cette bonne formation morale doit se poursuivre dans les diverses associations civiles et religieuses, les différents cycles scolaires jusqu'au niveau le plus élevé, des centres d'apprentissage et des instituts de formation. Marquant ainsi une prise de conscience générale et une adhésion totale à la mise en œuvre de cette nouvelle éducation à l'intégrité indispensable pour promouvoir un Cameroun nouveau.
C'est à cette grande œuvre de refondation sociétale que la CONAC convie toutes les forces vives de la Nation : les associations, les partis politiques, les hommes et les femmes, les fonctionnaires et agents de l'Etat, les organisations syndicales, et tous les autres acteurs de bonne volonté.
Finalement, à la question, quel Cameroun voulons-nous laisser à nos enfants : la seule réponse devrait être : un Cameroun de paix, d'hommes intègres et respectueux des valeurs morales et des symboles de la République.

Je vous remercie.

 

Livre : L’ennemi est parmi nous

Dans un ouvrage paru en 2006, Patrice Ndedi Penda présentait les fonctionnaires, membres des cellules de lutte, comme les «parrains de la corruption».

Que penserait aujourd’hui Patrice Ndedi Penda, écrivain, membre de la société civile et ancien membre de l’Observatoire de lutte contre la corruption (Olc), de la façon dont cette lutte est justement menée au Cameroun. Il y a trois ans, à la suite de l’annonce de la création de la Commission nationale anti-corruption (Conac) et de l’Agence nationale d’investigation financière (Anif), il avait écrit un livre intitulé «Cameroun. Les parrains de la corruption».
Un ouvrage de 140 pages publié aux Editions Clé à Yaoundé en 2006 et qui, pour l’essentiel, s’appuyait sur l’expérience vécue par l’auteur au sein de l’Olc.
Le livre de Ndedi Penda, comme il l’indiquait lui-même, avait été inspiré par le discours du président Paul Biya à qui il l’a d’ailleurs dédié. «A Son Excellence, M. Paul Biya, Président de la République du Cameroun. Pour une lutte intensive et efficace contre la corruption dans notre pays», écrit-il en ouverture de l’ouvrage.
Dans la préface, il précise : «J’ai décidé d’écrire ce livre après avoir suivi le discours du chef de l’Etat à l’occasion de sa traditionnelle présentation des vœux au peuple camerounais pour la nouvelle année 2006. Il semblait placer beaucoup d’espoir dans la création de l’Agence nationale d’investigation financière (Anif), afin de lutter efficacement contre la corruption».
Le livre revient sur l’expérience de son auteur dans la lutte contre la corruption. Il écrit : «Je me devais de témoigner de ce que je vois, vis et entends dans les structures de la stratégie gouvernementale de lutte contre la corruption depuis six ans».

Propositions
Et ce qu’on retient surtout de cette expérience, c’est le rôle néfaste joué par les fonctionnaires dans la lutte contre la corruption dont ils ont été les principaux acteurs. Au sein de l’observatoire, mais aussi au sein des cellules ministérielles de lutte contre la corruption. D’ailleurs, le sous-titre de son livre est : Comment ils paralysent les structures de lutte».
Certaines des anecdotes relatées dans le livre sont à la fois édifiantes et symptomatiques de l’ampleur prise par la corruption au Cameroun. Celle-ci est présentée dans la première partie du livre : «Le ver est dans le fruit». Là, en même temps qu’un aperçu du phénomène est donné, l’auteur indique également ce que la loi prévoit dans le cadre de la lutte contre la corruption. Et puis, il y a les épisodes différents de la difficulté que l’auteur a eu à travailler avec les autres membres de l’Olc et surtout son président.
On y découvre des acteurs chargés de lutter contre la corruption, mais qui n’hésitent pas eux-mêmes à empocher des pots de vin. On vit la réalité de la corruption dans les hôpitaux, dans les établissements scolaires, au port de Douala… Et partout, l’on se rend bien compte que la lutte contre la corruption n’y a rien fait.
Pour terminer son livre, Patrice Ndedi Penda fait un ensemble de propositions pour améliorer la lutte. Une «stratégie de lutte» qu’il présente en deux volets : un volet éducatif et des réformes à court terme et un volet traitement de l’information et du châtiment. Dans le premier volet, on note, par exemple, la revalorisation des salaires et la restauration de l’autorité de l’Etat. Dans le second, il y a, par exemple, une proposition de brigade de lutte contre la corruption, ou encore d’observatoire rénové, avec, comme personnel : un secrétaire général, un avocat, un magistrat, trois religieux de haut niveau (catholique, musulman, protestant), un colonel de gendarmerie, un commissaire divisionnaire, trois membres des organisations non gouvernementales et associations de lutte contre la corruption.
Il serait intéressant de savoir si ces propositions, trois ans après, ont eu quelque écho. Et si, M. Ndedi Penda a, entre temps, changé d’avis sur ce combat qu’il a mené.

Jules Romuald Nkonlak

 

 

Joseph-Marie Eloundou :  « Le plan gouvernemental de lutte contre la corruption est obsolète »

Président de l’Association de lutte contre l’inertie, une organisation de la société civile, il relève les limites des structures anti-corruption au Cameroun.

ImageAu cours d'une rencontre organisée par la Conac mardi dernier à Yaoundé, les représentants des du plan gouvernemental de lutte contre la corruption qui leur a été présenté. Que reprochez-vous à ce programme?
Effectivement, l’atelier organisations de la société civile dont vous faites partie ont émit des réserves quant à l’adoption portait sur le renforcement de l’implication des organisations de la Société civile dans la lutte contre la corruption au Cameroun. Ce que je peux vous dire c’est que ce plan, en réalité, n’est pas celui de la Conac. C ’est un document obsolète, conçu il y a longtemps. Le Président de la Conac l’a d’ailleurs reconnu lui-même. Il est irréalisable à notre avis. Il ressemble plus, quand vous le parcourez attentivement, à un plan de restructuration interne de notre administration.

Le plan du gouvernement prévoit des mesures comme la déclaration des biens. Or, entre autres blocages, les décrets d'application de cette loi n'ont pas encore été signés. Comment l’appliquer dans ce cas ?
Cette question a été évoquée par la représentante de Transparency International qui s’est entendu répondre par un membre de la Coordination qu’elle était hors sujet. Cette mission ne relève pas de la Conac nous a-t-on rappelé.

Le plan du gouvernement recense un certain nombre de mesures à prendre pour lutter contre la corruption, mais ne fixe pas les résultats attendus ni les délais d'exécution. Est-il crédible?
Je vous ai dit que ce plan n’est pas celui de la Conac. Je pense également qu’il n’y a pas une réelle volonté à combattre ce fléau, identifié par le chef de l’Etat lui-même comme un crime contre le peuple. C’est un document à revisiter entièrement.

Quelle évaluation pouvez-vous faire du travail du gouvernement pour la lutte contre la corruption à travers les différentes structures créées à cet effet ?
Faire une évaluation dans notre contexte n’est pas une chose aisée. On ne s’arrête jamais chez nous pour voir le chemin parcouru. Le problème avec la Conac , c’est que ses concepteurs l’on affaibli dès le départ. L’on nous a rappelé sans cesse que la mission de la Conac est de « participer » à la lutte contre la corruption. Nous pensions que c’était un organe stratégique de « lutte » contre la corruption dans le but de l’éradiquer. La remarque principale à faire c’est que tous les organes dont vous parlez ne sont pas indépendants. C’est toujours le même problème : on crée des organes qui sont généralement des gadgets politiques. Cependant, on a perçu qu’il existe à la Conac un camp des progressistes et celui des conservateurs. Quant aux cellules ministérielles de lutte contre la corruption, à priori, de lourds soupçons pèsent sur leur l’impartialité. Lesdites structures sont juge et partie.

Quel rôle la société civile peut-elle jouer dans ce contexte ?
Dans un entretien que j’ai eu avec le président de la Conac , il se dégage une réelle volonté de sa part de traquer ce mal radical. Les débats ont démontré que la société civile dispose d’une expertise pluridisciplinaire pointue. Au Président Tessa de savoir manager tout cela. Cette lutte engage tout le monde. Il y a nécessité d’une synergie.

Propos recueillis
par Stéphanie Dongmo

 

 

Votre avis : Quelle évaluation faites-vous de la lutte contre la corruption menée au Cameroun ?

Valentin Ndongmo Fils, vice président Manidem : « Le Cameroun est toujours au hit parade des pays corrompus ».

Lorsque l’on jette un coup d’œil sur le dernier rapport de Transparency International, on remarque qu’il n’y a pas une avancée. La position que le Cameroun occupe montre que les mesures dissuasives n’ont pas porté leurs fruits. Le Cameroun est toujours au hit parade des pays corrompus.  Cela peut se comprendre. Déjà au pays, il y a une incongruité qui existe dans le code de procédure pénale, qui stipule qu’il n’y a pas d’enrichissement illicite. C'est-à-dire qu’un magistrat ne peut pas mener une enquête à partir des signes extérieurs d’une  richesse dont on trouve disproportionnée par rapport au revenu du citoyen. Voilà ce qui cause du tord à la lutte contre l corruption et à l’assainissement des biens publics.  En outre, lorsque l’on jette un regard sur les membres de la Conac, on s’aperçoit que Biya y a nommé ses copains à se direction, toute chose qui plombe la lutte contre la corruption. On ne peut pas demander aux braqueurs de surveiller les braqueurs.

Jean Robert Wafo, secrétaire provincial à la communication au Sdf Littoral

La lutte contre la corruption c’est une gâchette pour mieux divertir les camerounais. Jamais on a attaqué ce fléau en profondeur au Cameroun. Tant qu’on n’aura pas établi les responsabilités par rapport au détournement massif des 960 milliards détournés en dix ans au seul titre de la masse salariale, je vais continuer à considérer que la lutte contre la corruption n’est qu’une proclamation sous fond de poudre jetée dans les yeux des camerounais. Quand un ministre de la république déclare du haut de la tribune de l’assemblée nationale que la masse salariale est passée de 36 milliards à 28 milliards, cela veut dire que des individus tapis dans les bureaux feutrés ont vampirisé continuellement les caisses de l’Etat. C’est cette corruption généralisée autour des salaires fictifs de la fonction publique, qui a poussé le Cameroun à tomber dans le camp des pays pauvre et très endettés. 

Mongwat Amadou, président Udc Wouri  2

Je crois que la lutte contre la corruption au Cameroun n’existe que de nom. L’expérience nous a d’ailleurs prouvé qu’il n’y avait pas de volonté politique réelle derrière cette action. La politique de lutte contre la corruption mis en place par le gouvernement en place n’était qu’un slogan politique de plus. On l’impression que de plus que l’opération épervier a été lancée, les détournements de deniers publics et la corruption ont tendance à se généraliser. Il y a également de plus en plus des fonctionnaires et autres responsables du système qui posent des actes  de corruption. Ainsi,  nous assistons au principe de deux poids plusieurs mesures. par ailleurs l’article 66 de la constitution qui est le socle de la politique de lutte contre la corruption n’est toujours pas mise en place. Il n’ y a jamais eu de volonté réelle pour la mise en place d’une véritable politique de lutte contre la corruption. Si cela était fait, elle contribuera à mettre en péril tout le système qui a contribué à maintenir le gouvernement actuel en place

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