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Jeu, Mai

Politique
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Plusieurs délégations ont passé la nuit à la belle étoile pour défaut de structure d’hébergement.

Les différentes délégations qui ont débarqué à Bamenda, à l’occasion de la célébration du Cinquantenaire des armées, ont dû s’armer de patience. Et au bout, rares sont celles qui ont pu se trouver un logis. C’est ainsi que le contingent de journalistes venu de Yaoundé, arrivé la veille, le 7 décembre dernier, pour couvrir cet événement, et transporté par des véhicules alloués à cet effet, n’a pas bénéficié des avantages offerts aux autres. A savoir une réservation d’hôtel pour un séjour plus ou moins agréable.

Il n’en n’a pas été question, surtout que les établissements hospitaliers réquisitionnés pour la circonstance, avaient déjà été occupés par des confrères des médias publics. Raison de plus pour que les uns et les autres se débrouillent. On en a vu qui ont logé chez des connaissances, afin de résoudre le déficit en logement, observé dans le chef-lieu de la région du Nord-Ouest. «Les conditions d’accueil sont déplorables. J’ai dû prendre une chambre à la résidence d’un responsable de la prison centrale de Bamenda», s’indigne un reporter. Là au moins, il fréquente habituellement Bamenda ou ses environs.
D’autres, par contre, n’ont pas eu cette chance. Ils ont alors passé la nuit à la belle étoile, dans un environnement où il fallait regagner son lit un peu plus tôt, pour ne pas subir les représailles des forces du maintien de l’ordre, qui veillaient au grain, de jour comme de nuit. Il y en avait une centaine, déployée à Bamenda, pour rendre compte d’une célébration tant attendue, et qui a commencé par des grincements de dents.
Quant aux délégations en provenance des villages voisins, la stratégie avait été trouvée bien avant. Notamment par des élites résidant à Bamenda, qui se sont engagés à leur trouver des espaces?: «Nous avons dormi chez un éminent membre du Comité central du Rdpc. Ce n’était pas mal. Il y avait des matelas pour la majorité, et on ne peut pas dire que nous avons été oubliés», relativise un militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti de son Mbengwi natal, à une quinzaine de kilomètres de Bamenda.

Un jour auparavant, le stade municipal de Mankon a vibré au son de diverses mélodies. Ce qui n’a pas manqué de bercer quelques accrocs, lesquels ont apprécié les prestations de l’Ivoirien Meiway ou encore des Camerounais Georges Sébba et Nguéa la Route, devant le ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, visiblement satisfaite de la qualité du plateau technique d’un car-podium nouvellement acquis par son département ministériel.
Finalement, Bamenda a été dépassée par de flux humain, alors que tout semblait indiquer, qu’avec des structures hospitalières érigées ici et là, on éloignerait des revendications. Tout reste encore insuffisant, pour une cité qui ne peut pas dire avoir beaucoup eu du Cinquantenaire des armées. En dehors d’une tribune de fête, qui rivalise avec celle du Boulevard du 20 mai à Yaoundé, l’aménagement de voirie urbaine semble être un véritable fiasco. Les travaux réalisés sur quelques tronçons de routes, ne sont pas moins un rafistolage.

Coulisses

Banderoles
Difficile de faire le décompte de toutes celles qui ont été déployées à l’occasion de cette visite du chef de l’Etat à Bamenda à l’occasion du cinquantenaire des Armées. Car on les dénombre dès les premières villes de la région voisine de l’Ouest, passage obligé pour tous ceux qui veulent rallier Bamenda, jusque dans les quartiers les plus reculés de la ville. Commercial Avenue, lieu des cérémonies compte certainement le plus grand nombre de banderoles jamais déployées au mètre carré au Cameroun à l’occasion d’un événement. Elles sont à la fois l’œuvre du comité local d’organisation, du ministère de la Défense et des sections locales du parti au pouvoir, le Rdpc. Au rang de ces banderoles, il y a les deux du Social democratic front (Sdf) au siège régional du parti à quelques mètres seulement de la maison du parti qui a vu naître le Rdpc ici en 1985. Le parti de John Fru Ndi, qui a pris part aux manifestations de Commercial Avenue hier, souhaite la bienvenue au chef de l’Etat. Difficile de savoir si l’illustre visiteur a pu la lire, lui qui s’est rendu au siège régional de son parti à la fin du défilé militaire pour le vin d’honneur qui y était offert.

Circulation
Les populations de la ville de Bamenda auront regardé d’un œil admiratif, la gestion de la circulation sur certains axes principaux de leur ville, quelques jours avant le début officiel des festivités du cinquantenaire des Armées et les jours ayant marqué la présence du couple présidentiel dans le chef lieu de la région du Nord Ouest. Ces populations auront surtout apprécié le doigté des agents commis à cette tâche. Des agents de police venus tout droit de la Compagnie de la circulation de la ville de Yaoundé sous la conduite de leur commandant, l’officier de police principal Adamou.

Présence
Personne n’aime passer inaperçu, quand on annonce l’arrivée du président de la République, Paul Biya, dans une célébration comme celle qui a commencé hier à Bamenda. Tout le monde veut être là, afin que l’histoire retienne sa présence. Même des hommes pratiquement mis en retrait, comme Fon Doh de Balikumbat, était des invités qui sont arrivés à la première heure de la matinée, pour occuper une place au premier rang, dans la loge des chefs traditionnels. Il y était tout souriant, pour rappeler aux uns et aux autres, qui n’est pas encore ‘‘fini’’, après la perte de son immunité parlementaire et sa condamnation suite à l’assassinat de John Konthem, responsable du Social Democratic Front (Sdf)-parti d’opposition- à Balikumbat. C’est vrai que Fon Doh bénéficie d’une liberté provisoire sous caution, mais il n’est plus l’homme qui faisait peur dans le Nord-Ouest.

Protocole
La plupart des hommes de média, placés à la place de fête à Bamenda, attendaient de voir si le Chairman du Sdf, Ni John Fru Ndi, devait répondre à l’invitation du protocole d’Etat.  Surtout qu’il y avait des sons discordants des mois plutôt, sur la participation ou non du Sdf au rendez-vous des armées. John Fru Ndi est bel et bien arrivé à la Commercial Avenue, dans un boubou traditionnel. Et le protocole n’a pas hésité à lui donner une place de choix, même si elle se situait à deux loges du chef de l’Etat. En réalité, John Fru Ndi était au plan. Ce qu’il a accepté. Mais, il y a eu ce soleil qui l’a fait reculer de quelques rangées de chaises. Le protocole est revenu vers lui, pour lui signifier que sa place n’était pas derrière. Ils se sont accordés, et avant le début des cérémonies, Fru Ndi a regagné sa première place. Si au passage, certains hauts responsables faisaient semblant de n’avoir pas vu John Fru Ndi, d’autres l’ont approché pour le saluer, à l’instar du ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Marafa Hamidou Yaya.

Déploiement
Les partis politiques les plus en vue dans la région du Nord-Ouest, le Sdf et le Rdpc, n’ont pas eu de cesse de mobiliser leurs militants, avant la visite de Paul Biya à Bamenda. Ce qui s’est passé à travers plusieurs réunions et communiqués de presse diffusés dans les médias locaux. Surtout parce que, chaque parti entendait battre le record des troupes. Afin de démontrer à l’opinion qu’il contrôle la zone. Les militants des deux partis étaient massivement représentés, mais, la cérémonie étant purement militaire, on ne leur a pas donné la possibilité de faire cette démonstration de force. Chacun a dû replier dans son quartier général. Pour le Sdf, son siège situé à côté de celui du Rdpc, était suffisamment pavoisé aux couleurs de la République.

Michel Ferdinand, à Bamenda

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