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Mar, Déc

Politique

Le processus d'acquisition de 3 aéronefs de type Ma 60 par le gouvernement camerounais reste étrangement bloqué alors que ces avions peints désormais aux couleurs de Camair-Co sont déjà disponibles. Qu'est-ce qui explique que ces avions ne soient pas encore en service au Cameroun?

«J'ai l'honneur de porter à votre connaissance, pour la Très haute attention de son Excellence Monsieur le président de la République, chef de l'Etat, que la société Avic a soumis à ma signature un projet d'avenant à l'accord commercial signé en septembre 2011 à Yaoundé par le ministre d'Etat, ministre des Transports, pour l'acquisition de trois (03) aéronefs de type Ma 60 par le gouvernement. Par cet avenant, la partie chinoise sort du champ d'application de l'accord commercial l'aéronef en donation offert à son Excellence Monsieur le président de la République par son homologue chinois. L'autorité aéronautique, au terme de l'examen du projet dudit avenant ne relève aucune objection pour sa signature. Au regard de ce qui précède et sauf avis contraire de la très haute hiérarchie, je me propose de signer cet avenant afin de permettre la poursuite de ce projet.» Ce sont là les termes de la correspondance que, Robert Nkili, ministre des Transports, adresse le 23 avril 2012 au secrétaire général de la présidence de la République. Et le 25 juin 2012, Ferdinand Ngoh Ngoh lui répond avec la même promptitude. «J'ai l'honneur de vous faire connaitre que le chef de l'Etat a marqué son accord pour la signature de l'avenant au contrat N° Avic/Cmy/10M8060 par le ministre des Transports.»

Depuis ce temps, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Parmi les 3 aéronefs Ma 60 chinois concernés par ce contrat signé par Bello Bouba Maïgari, celui qui avait initialement été offert en donation au président Paul Biya, a été mis à la disposition des forces armées camerounaises. On l'a vu à l'œuvre lors des opérations de rapatriement des ressortissants camerounais de la Rca, il y a quelques mois. Après plus d'un volume de 1500 heures de vol, cet avion a déjà démontré ses performances. Doté d'un dispositif de sécurité fiable, il a déjà eu le temps de confirmer qu'il est technologiquement outillé pour s'adapter aux rudes conditions climatiques et météorologiques des pays africains. De son côté, le gouvernement camerounais a lui aussi déjà, amorcé de s'acquitter de son dû. C'est à cet effet qu'a récemment été signé un décret présidentiel autorisant le ministre de l'Economie à signer un accord de prêt avec Eximbank pour le paiement total des 31 milliards Fcfa réclamés par les Chinois. Il y a près de 2 mois le personnel technique et naviguant de Camair-Co qui était en formation en Chine depuis plus d'un an, est revenu au pays, en laissant dans les ateliers chinois les 2 aéronefs Ma 60 acquis à 31 milliards de Fcfa déjà peints aux couleurs de notre nouvelle compagnie aérienne.


Tribunal criminel spécial

Pourtant ces avions devaient déjà être au Cameroun depuis près d'un mois. Alors question: pourquoi ces avions ne sont-ils pas déjà au Cameroun? Tout simplement parce que l'Autorité aéronautique du Cameroun ne leur a pas encore délivré une certification et une autorisation d'atterrissage. Autre question: si le président de la République a décidé de payer la facture de ces avions chinois, pourquoi Pierre Tankam, Dg de l'Autorité aéronautique du Cameroun, s'oppose-t-il? Pour répondre à cette question, dans son entourage, des indiscrétions glanées à bonnes sources, indiquent qu'il douterait de la fiabilité de ces aéronefs chinois. Une grande curiosité dans cet entourage où on se souvient que c'est lui qui avait initié le projet de lettre que le ministre Robert Nkili adresse au secrétaire général de la présidence de la République le 23 avril 2012. Et dans cette lettre. Il est clairement dit que «l'Autorité Aéronautique, au terme de l'examen du projet dudit avenant, ne relève aucune objection pour sa signature». Qu'est-ce qui a tien pu se passer entretemps pour qu'aujourd'hui la même Autorité aéronautique s'oppose à la délivrance d'une certification et d'une autorisation d'atterrissage à ces avions?

On évoque sous les chaumières d'une certaine solidarité avec tous ceux qui ont participé à la surfacturation, de ces aéronefs, en ce moment où, après qu'une lettre des parlementaires adressée au président Paul Biya demande l'interpellation des coupables, ce dossier est enrôlé au Tribunal criminel spécial (Tcs). On explique ainsi que c'est pour cela que, pour bloquer le processus d'acquisition de ces aéronefs, certaines personnes ont commencé à avancer des raisons somme toute fallacieuses sur l'état technique de ces avions qui volent pourtant chez nous depuis près de 2 ans. Seulement, l'immobilisation de ces 2 avions dans les ateliers chinois cause un autre problème. Celui de gardiennage et de maintenance qui pourrait provoquer des dépenses, supplémentaires de l'ordre de quelques milliards. Après avoir payé 31 milliards de Fcfa pour 3 aéronefs qui n'auraient véritablement coûté que la moitié, le Cameroun sera-t-il prêt à débloquer ces autres milliards de trop pour payer les frais de gardiennage et de maintenance avant que ces aéronefs ne commencent à voler?

© Conrad Atangana : La Nouvelle

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