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Mar, Jan

Politique
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Partie sur des chapeaux de roue en septembre 2006 avec le transfert des actifs de la défunte Cameroon Airlines, la relance de notre compagnie nationale sous le label Camair-Co en 2008, s'est présentée comme la restauration d'un orgueil du Cameroun. L'Etat camerounais y a consenti des efforts conséquents avec des moyens financiers consistants qui, malheureusement ne sont pas, au vu des informations fiables d'experts comptables contenues dans un audit pour la période du 6 septembre 2010 au 18 mars 2011, en train de produire l'effet escompté. Pire l'équipe actuelle aux commandes semble avoir trouvé en la Camair-Co un moyen de se faire plein les poches au grand dam des espoirs placés en elle par le gouvernement de la République. Face à cette incurie, Philémon Yang, Premier ministre et président du Conseil d'administration reste amorphe. Dans son dossier de la semaine, votre journal atterrit dans les magouilles de l'équipe d'Alex Van Elk. Serrez vos ceintures! 


Mort programmée de Camair-Co: Le rôle brumeux de Philémon Yang 

 

Philemon Yang
Photo: © CT

Au lieu de prendre des décisions vigoureuses face aux dérives managériales de l'équipe aux commandes, le Premier ministre, Philémon Yang, Pca de la Camair-Co de surcroît, se limiterait encore aujourd'hui selon nos sources, à demander des preuves de la mauvaise gestion et de l'incompétence imputées à l'équipe d'expatriés conduite par le Dg Alex Van Elk. Alors même que tous les feux sont au rouge. Révélations inédites. 

En plaçant le Premier ministre Philémon Yang à la tête du Conseil d'administration de la Camair-Co, Paul Biya avait sûrement misé sur les pouvoirs incontestables du locataire de l'immeuble Etoile pour faire décoller de manière efficiente la nouvelle compagnie. Seulement aujourd'hui, dans les coulisses de la Camair-Co où l'écho des dérives managériales de Alex Van Elk se fait de plus en plus retentissant, l'on indique que tout le mensonge et le faux entretenus par la colonie d'expatriés aux affaires avaient déjà commencé le 28 mars 2011, lorsqu'on lit par exemple dans les colonnes du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune (?!) du 29 mars que c'est le commandant Joseph Ze, pilote camerounais chevronné, qui était aux commandes du vol inaugural. Il s'avérera par la suite que c'était plutôt un certain Hollandais du nom de Boertien Matthijs, celui-là même qui est présenté comme le cerveau du «gang» qui tire toutes les ficelles de la gabegie aujourd’hui à la Camair-Co. Ceux des observateurs qui estiment que Philémon Yang jouerait une mauvaise partition dans la conduite de la compagnie relèvent qu'en tant que Pca, comment peut-il ignorer les résolutions pertinentes du Conseil d'administration du 16 mai 2011 qui avait profusément démontré l'incompétence avérée et «criarde» des expatriés? Comment peut-il continuer à accepter cette valse des expatriés qui, arrivés en fin de contrat, partent officiellement le jour et reviennent à visage découvert pour occuper des postes supposés laissés vacants? Sans être exhaustif, nos sources évoquent le cas de l'Espagnol Eduardo Fairen, directeur des opérations aériennes, arrivé en fin de contrat le 4 mars dernier qui, miraculeusement, s'est vu prolonger le séjour à Camair-Co. 

Selon nos antennes, c'est ce directeur des exploitations aériennes qui avait pris l'initiative d'importer des hôtesses et stewards qui allaient par la suite être chassés par le Conseil d'administration pour non-qualification. Cela n'aura cependant pas empêché à cet aréopage d'hôtesses et stewards d'empocher régulièrement plus de 2,5 millions de FCFA de salaire mensuel, se la coulant douce à l'hôtel Akwa Palace, avec tous les avantages liés non seulement à leur prétendue profession, mais également à leur statut d'expatriés. Dans la même lancée, nos sources se souviennent encore que c’est le même Eduardo Fairen qui aura été à l'origine de beaucoup de cas de licenciements abusifs à la Camair-Co et de multiples pertes de procès intentés contre la compagnie. Comme si cela ne suffisait pas, des sources proches des services spéciaux indiquent qu'en 2010, Eduardo Fairen aurait été suspendu pour une durée de 2 ans par la direction civile espagnole pour des raisons professionnelles et se retrouve curieusement aujourd’hui au Cameroun comme chef pilote et directeur des opérations aériennes. 

C'est cet Eduardo Fairen qui procéderait à travers l'agence Parc Aviation au recrutement des pilotes et signerait des contrats de travail avec une société lige dénommée C-Air Transport services Ltd, basée au Channel Island, chargée à son tour de percevoir de la Camair-Co les salaires de ces pilotes. En empochant au passage de fortes commissions sur le minimum garanti fixe. Pour illustration, Patrick Kyagera et Sgon Tung percevraient respectivement 7 000 et 3 500 euros minimum garanti; mais en retour la Camair-Co paierait à la société écran 13 362 euros. A la vérité, nos sources indiquent que la société écran en question serait tout simplement la propriété du Dg Alex Van Elk. Un véritable délit d'initié. A travers cette machination qui s'apparente à un vrai hold-up, l'actuel Dg de la Camair-Co toucherait donc à son propre compte 2 862 euros par mois. Soit environ 1 874 610 FCFA qu'il faudrait multiplier par le nombre de mois que ce Dg a déjà passé à la tête de la compagnie camerounaise. Pour comprendre cette rapine qui ne peut qu'assécher les caisses de la compagnie... Ceci expliquant sans doute cela, il en serait ainsi pour tous les pilotes expatriés. C'est la raison pour laquelle, indiquent certains analystes pointilleux, que personne au sein de l'équipe dirigeante actuelle ne voudrait entendre parler du recrutement des pilotes nationaux. 


Incurie 

L'histoire des sociétés écrans à la Camair-Co ne se limite pas là. Des sources proches des services spéciaux, un certain Roy proche d'Alex Van Elk, agent comptable à la direction de la maintenance de la compagnie aérienne caribéenne, pèserait de son poids dans la fourniture des pièces d’avions à la Camair-Co avec toutes les malversations financières imaginables et inimaginables. Pour la petite histoire, ce personnage a été viré de la compagnie caribéenne pour faute lourde et serait poursuivi en justice jusqu'à ce jour. C'est curieusement sur lui que la société Luftstansa consulting (à ne pas confondre avec Lufthansa Ag connue partout dans le monde pour son know-how) a jeté son dévolu pour le proposer à Arik Air dirigé par un certain Alex Van Elk où il est rapidement remercié pour ses rapports incestueux avec les finances. Plus grave, il se retrouve aujourd'hui aux côtés d'Alex Van Elk Gomme de grands cadres à la Camair-Co. Une bonne opportunité donnée à ce tandem pour réactiver leurs réseaux mafieux disséminés un peu partout dans la planète. Pour être plus précis, on parle de manière persistante des sociétés Dnata, Mercator, Transsys Solution implantées aux Emirats arabes unis; Perone Aerospace et Shri en Inde. Plus grave encore, des sociétés camerounaises auraient été appelées en renfort pour appuyer de malversations diverses. Il s'agit de Bonny Bonn Enterprises, Socalo et Ebène. Certaines indiscrétions mettent sous leurs dos un détournement de près de 360 millions de FCFA en un laps de temps. 


Johan Pauwels. 

Un autre expatrié qui aura vu son séjour prolongé au terme de son contrat, alimente également de nombreux commentaires dans ces milieux prolixes de la Camair-Co. C'est en effet lui qui s'occupe aujourd'hui de l'approvisionnement des aéronefs avec ce fait insolite que les ventes à bord sont effectuées à son propre compte. Du jamais vu, s'indigne-t-on à la Camair-Co! En effet, sensé partir au mois de mars en cours parce que arrivé en fin de contrat, il aurait trouvé là une bonne occasion pour frapper un coup fumant. Et ceci prétend-on, en signant un contrat fictif entre la Camair-Co et la chaîne française des hôtels Akena (Voir fac similé). Il serait question, précisent nos sources, de faire louer de manière permanente 52 chambres et suites à la nouvelle compagnie camerounaise de transport aérien. Une nébuleuse transaction qui permettrait au réseau entretenu par Alex Van Elk d'empocher des dizaines de millions de FCFA sur le dos du pauvre contribuable camerounais. Les responsables de la chaîne française des hôtels Akena n'ont fait que valider cette incurie en s'accrochant sur la demande des prix préférentiels introduite par Johan Pauwels. Selon certaines indiscrétions, après un débarquement de l'avion par les éléments de la police des frontières de Douala qui lui demandaient de présenter .un ordre de mission de son patron, le même Johan Pauwels serait tranquillement descendu à Yaoundé le lendemain où il a embarqué dans un autre vol. Et pour mieux narguer la police camerounaise après son bref séjour à l'étranger, il est tranquillement revenu à Douala, se vantant d'avoir roulé nos services de sécurité dans la farine. 


Dégraissement 

De nombreux observateurs se demandent comment Philémon Yang s'arrange-t-il pour ne pas voir toutes ces indélicatesses. Serait-il tout simplement entrain de marcher sur les plates bandes de son prédécesseur que d'aucuns présentaient comme le berger du troupeau des mafieux dans la mise en place des entreprises. Pour enfoncer le clou, nos observateurs n’hésitent pas à pointer un doigt accusateur sur Philémon Yang qui aurait favorisé un recrutement complaisant et massif de nombreux proches. Conséquence: à l'heure actuelle où des pressions sont exercées pour exiger un dégraissement des effectifs à la, Camair-Co, l'on buterait sur ce réseau du Pm. Pour la petite histoire, certaines langues qui ont commencé à se délier parlent des sommes d'argent énormes qui auraient circulé pour huiler ce réseau pendant ces recrutements. Par ailleurs, d'autres observateurs sceptiques craignent que le dégraissage exigé n'obéisse à des critères plus subjectifs pour satisfaire des intérêts des nombreux clans et réseaux qui pullulent en ce moment à la Camair-Co. «Il paraît clairement dans le contexte actuel avec l'autorité de supervision en place et l'équipe dirigeante de Camair-Co, que les chances de réussite de la compagnie sont minimes. Des mesures de redressement symboliques comme le changement de quelques cadres, s'apparenteraient à du saupoudrage et seraient complètement inefficaces. Un électrochoc s'impose.» Voilà la conclusion à laquelle le Conseil d'administration du 16 mai 2011 et auquel le Pm a assisté est 'arrivé, mais on attend toujours de savoir ce que le Pm a pris comme mesure. Dans cette histoire où l'on ne parle qu'en termes de millions distraits et distribués à la coterie mafieuse, quel serait le rôle du Pca et Pm Philémon Yang dans toute cette brume où l'on ne voit pas clair la piste d'atterrissage. Attention au crash ! D'autres révélations dans nos prochaines éditions. 

François Owona 


Malaise-Camair Co: Le rapport d’audit qui accuse 

La Camair Co ne se porte pas bien. Elle souffre d'une maladie dont les symptômes ont été révélés par le rapport d'audit commis par le cabinet d'expertise comptable Bekolo & Partners. Ce dernier qui passe au scanner les événements commerciaux, matériels, juridiques et économiques de l'entreprise, relève une brochette d'incongruités de la direction générale. 

La toute première anomalie que ressort le rapport d'audit, c'est un contrôle financier inefficace et boiteux qui brille par l'absence d'une comptabilisation des recettes commerciales de l'entreprise. De quoi se demander à qui profite le flou. Tenez! On y aura retrouvé de nombreux achats effectués sans bon de commande et selon les initiés en comptabilité générale, c'est une preuve patente de détournement à ciel ouvert, puisque l'achat n'a aucune précision ni sur la nécessité, ni sur la nature de l'objet à acheter, ni la destination de l'achat. L'acheteur reste seul le maître du jeu qui n'est autre que la distraction d'argent. Dans le même ordre d'idées, le rapport note le paiement des factures des fournisseurs sans qu'il n'y ait une moindre preuve de réception des biens dans des délais anormalement courts. Suffisant pour comprendre que non seulement les factures font l'objet d'une manipulation, mais aussi que des employés de la Camair-Co se font eux-mêmes payer avec la complicité de leurs amis hommes d'affaires. Voilà pourquoi par la suite, on découvre logiquement qu'il existe des factures déjà réglées qui ne sont pas annulées et donc peuvent revenir comme non payées. 

Des combinaisons inappropriées de signatures où le Dga qui est payé sans documentation à l'appui alors qu'il n'est pas rémunéré, l'absence d'information sur les «One Time Supliers» d'un total de 121 663 393 FCFA, etc, sont autant d'éléments qui militent pour la thèse d'un contrôle financier fantaisiste et démontre que le flou s'est entretenu en continu, s'il faut par ailleurs faire allusion à ces véhicules acquis sans facture auprès de la cami Toyota pendant la période évaluée. Le rapport épingle ensuite des opérations bancaires peu orthodoxes avec des états de rapprochement erronés qui entraînent ainsi un véritable suspens bancaire. D'autres erreurs bancaires telles que la mauvaise conversion des devises entraînant une perte de 66 201 785 FCFA viennent saler l'addition de ce suspens bancaire qui souffre déjà au préalable d'une existence de déposits non comptabilisés. 

Flou artistique 

La sécurisation des finances de l'entreprise ne semble pas être le chapitre préféré des agents de comptabilité car ici tous les principes en la matière sont absents: l'information financière n'est pas vérifiable, ni tractable, ni sûre; les faits commerciaux, économiques et juridiques soumis à un véritable flou artistique. Le non respect des principes de règlement des marchés publics avec une soumission à la concurrence des fournisseurs constitue un autre élément essentiel pour appréhender la démarche de ceux qui sont chargés d'octroyer les marchés. Soit il y a de leur part une ignorance pure et simple des principes du droit comptable de l'Ohada, soit il y a une intention profonde de distraire les fonds. Mais tout porte à croire que la 2ème hypothèse est la plus plausible d'autant plus que la comptabilité matière brille par l'absence d'un contrôle des fournitures, l'achat de produits (consommables et autres) sans contrôle approprié et à certains moments de l'absence de la documentation pour la traçabilité. Cette carence d'éléments de traçabilité profite sûrement à tous ceux qui pratiquent les malversations telles que la surfacturation, l'acquisition sans décharge ou encore des missions fictives. La cerise sur le gâteau de ces incongruités financières que relève le rapport d'audit, c'est l'existence des dépenses ostentatoires au compte de l'entreprise meublées par des voyages des cadres expatriés sans motifs déclarés, des perdiems du Cfo, Coo, Cco et du directeur général définis comme étant illimités, la location très élevée des équipages et des dépenses extra dans les hôtels au compte de l'entreprise. 

Ce dernier chapitre qui est aussi vaste que le monde quand il n'est pas normé, est, on le sait, la cause de la chute de plusieurs entreprises camerounaises en l'occurrence, tant il est vrai que l'argent de la société résout le plus souvent les problèmes des copains, des copines, de factures à la maison, de la cotisation, de l'habillement, du restaurant, de la boite de nuit, etc. Il est dit en comptabilité que la révision comptable a pour but de s'assurer que tous les événements ont été pris en compte et pour des valeurs exactes. Mais l’exactitude n'est pas la politesse de la direction générale de Camair-Co. Le plus étonnant est qu'on s'attendait à ce qu'un expatrié à la peau blanche, comme l'exige éternel complexe, mène la barque avec rationalité et clarté dans la sécurisation des fonds que génère l'entreprise; mais le rapport d'audit prêche un autre message. Pendant que le gouvernement fait des efforts pour redorer le blason de la Cameroon Airlines, née le 26 juillet 1971 comme fierté nationale des réseaux maffieux entretiennent des rapports incestueux avec l'argent de la sueur du front des Camerounais. 

La période signalée n'étant que de 6 mois, il serait plus intéressant ou plutôt désobligeant de savoir ce qui se passe le reste du temps. Ne s'achemine-t-on pas vers une faillite à cette allure de gestion somme toute chaotique De toutes les façons le rapport d'audit qui ne connaît pas les états d'âme, tire froidement à notre place la sonnette d'alarme pour qu'une attention particulière de nos gouvernants soit portée vers cette direction où des plaintes fusent de partout sur l'absence d'une priorité donnée aux nationaux dans les recrutements. C'est peut-être également l'occasion de dire stop aux slogans pompeux et creux qui vantent un avion qui risque de ne plus jamais sortir de cette zone de turbulence à cause des réseaux mafieux. 

André Michel Bayiha 


Camair-Co: Une organisation bancale 

Que ce soit sur le Plan administratif, des ressources humaines, de la politique, de l'organisation et de l'exploitation commerciale ou de la sous-traitance, le top management de la Camair-Co semble être au bout d'une sortie de piste monumentale. Voici pourquoi. 

«La Nouvelle a toujours raison». C'est en ces termes qu'un cadre de la Cameroon Airlines Corporation, sous le couvert de l'anonymat s'exprimait il y a quelques jours dans un salon huppé de la capitale. L'homme, faisait alors allusion aux nombreux articles parus dans les colonnes de votre journal bien avant le démarrage des activités de la nouvelle compagnie camerounaise de transports aériens. Votre journal avait alors programmé le crash avant le décollage. Au regard des indices qui s'amoncelaient déjà à l'horizon. Pourtant, le 28 mars 2011, comme pour défier tous les articles parus dans votre journal, Alex Van Elk lançait les activités de la Camair-Co avec grand renfort de publicité. Mais les indices militants pour un crash n'avaient pas été corrigés. Au contraire, l'équipe dirigeante continuait à faire preuve d'un manque criard de professionnalisme et d'une gabegie financière comme le soutient un rapport d'audit externe couvrant la période de pré décollage au 18 mars 2011. 

Sur le plan administratif, ce rapport d'audit faisait mention de ces salaires des expatriés fixés sans aucune règle ou encore d'un organigramme relevant de la pure fantaisie. S'agissant du recrutement, le même audit le qualifiait de non pertinent tant il était établi que de jeunes agents sans expérience, recrutent des ingénieurs de l'aviation expérimentés alors eux-mêmes entendent parler aviation pour la première fois. Plus grave, il s'est avéré que la compagnie dépensait des centaines de millions de FCFA pour qualifier sur des aéronefs des pilotes et autres personnels navigants expatriés qui peuvent à tout moment claquer la porte sans crier garde. Plus grave, leurs salaires sont des plus costauds, allant de 4 à 5 fois supérieurs à ceux des Camerounais, expérimentés, qualifiés et plus compétents. 


Gouffre à sous 

Sur le plan de la gestion des ressources humaines, ce n'était pas non plus l'idéal. L'audit relève ainsi une disproportion entre le nombre de personnels et le nombre d'avions dont dispose la compagnie. Lorsqu'en plus une bonne partie de ce personnel manque d'expérience dans le domaine de l'aviation civile et que d'autres n'ont été formés qu'a la dernière minute, il y avait péril en la demeure. De plus, certains personnels navigants de cabine expatriés n'étaient pas qualifiés sur les aéronefs utilisés par Camair-Co. L'audit a également indiqué que les procédures d'obtention des autorisations légales pour les personnels sous licences étaient inappropriées, ce qui fait que certains d'entre eux exerçaient en marge de la réglementation applicable. Le comble, c'est que la direction des ressources humaines avait été confiée à une étrangère comme s'il n'existait pas un Camerounais disposant du profil requis. S'agissant de la politique de l'organisation et de l'exploitation commerciale, l'on remarquera par exemple que la gestion du fret était tout simplement inexistante. De même, pour juger le taux d'occupation notamment sur le Boeing 767 sur la ligne Paris-Cameroun Paris n'était pas à la hauteur des attentes surtout lorsqu'on sait que les clients de France ne savaient pas où se procurer un billet, le siège de la compagnie étant difficile à trouver sur la place parisienne. Sur un tout autre plan, l'on a noté que si un certain nombre de contrats de sous-traitance ont été soumis à l'appréciation du Conseil d'administration avec un avis pertinent, d'autres notamment ceux très importants en rapport avec la mise à disposition de personnels navigants n'étaient pas disponibles. Et pour cause, la sous-traitance est devenue pour l'équipe dirigeante un moyen d'action et surtout d'affaires. En tout cas, il apparaît clairement que si des correctifs efficaces ne sont pas mis en place, la Camair-Co restera un gouffre à sous dans un Cameroun en quête d'émergence. 

Charles Nwé 


Sécurité et maintenance: Lorsque les vols de Camair-co font peur 

Beaucoup d'impairs ont été relevés depuis le dernier Conseil d'administration de Camair-Co du 16 mai 2011, au niveau de la sécurité des vols, et de la maintenance des avions. 

Décidément, la Camair-Co n'en finit pas de faire mauvaise presse, et pour cause? Selon le rapport du conseil d'administration de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), les différents rapports de contrôle d'aire de trafic de l'autorité française de l'aviation civile (Dgsn), les aéronefs de Camair-Co ont été momentanément interdits de vols pour raison d'entorse grave à la sécurité. Ces contrôles négatifs traduisent au minimum un laisser aller coupable, et au plus une incompétence notoire des hommes en charge et du système opérationnel. Le rapport conclut donc que le niveau de sécurité de la compagnie est sans conteste sujet à caution. La non certification au départ est une des raisons, elle-même est due aux manquements conjugués des équipes managériales de la Ccaa et de la Camair-Co. C'est dans ce sens que le Conseil d'administration a proposé à court terme, de mettre en place un contrôle systématique par une équipe indépendante qui aura le pouvoir «Go-No-Go» au départ de chaque vol vers l'Europe. La Dac/Mint pourra être le coordonateur, et à long terme ou moyen terme, envisager de changer les équipes dirigeantes des 2 entités qui posent problème à savoir la Ccaa et la Camair-Co. 

Sur le plan de la maintenance, le rapport du Conseil d'administration a également relevé beaucoup de manquements graves, et les éléments de référence pour en apprécier la pertinence sont de plusieurs ordres. On pourrait citer les multiples contrats de sous-traitance signés avec la compagnie allemande Lufthansa Consulting et Technik, la qualité des techniciens et ingénieurs en charge, les procédures de maintenance mises ou non mises en place pour le responsable désigné de la maintenance de l'exploitant. Une des données indiscutables pour juger la cohérence de tous ces éléments est la manière effective dont sont résolues les pannes et menées les opérations de maintenance. Les résultats à ce propos sont manifestement décevants. Une imprévoyance qui va jusqu’à l'inexistence de roues de secours génératrice de mise au sol pendant plusieurs jours d'un aéronef se passe de commentaires. Le rapport conclut qu'a ce niveau, l'incompétence du directeur de la maintenance est criarde, l'inconsistance du système mis en place évidente. Il propose donc le retour du Camerounais, Max Mve, qui a conduit efficacement la maintenance du Dja avant son transfert à la Camair-Co. Au regard du dit rapport du Conseil d'administration du 16 mai 2011 de la Camair-Co, l'on serait tenté de se poser la question de savoir si la compagnie ne va pas à son déclin. Tout comme on pourrait se demander le rôle joué par la Ccaa dans ce flou total. Est-ce uniquement dû à l'incompétence criarde de son équipe dirigeante, ou reçoit-elle des pots de vin de la part de Camair-Co pour faire table rase sur ces manquements observés? Comme le président Paul Biya déclarait récemment que l'heure est à l'action, il serait grand temps qu'on fasse confiance aux Camerounais pour diriger la Camair-Co. Sinon, on n'est pas prêt de sortir de l'auberge. 

François Theodore Evembe 


Négligence: La certification des vols en question 

Des dysfonctionnements divers décriés dans cette opération, la Camair-Co évolue en plein temps sans aucun plan de navigation déclaré. 

La Camair-Co se porte mal. Au fil des jours, elle va de mal en pire, et plus grave, les passagers courent un énorme danger. En effet, si l'on s'en tient à la première des 8 «plaies» qui gangrènent cette structure étarque, les vols des aéronefs de cette compagnie ne sont pas certifiés. En d'autres termes, aucun plan de vol et depuis sa mise en service, n'a été éclairé à l'autorité compétente qui n'est rien d'autre que la Cameroon Civil Aviation authority (Ccaa). Seul, le certificat de transporteur aérien qualifié de complaisant, été donné, certainement près plusieurs pressions, par directeur de la Ccaa. Ce certificat de transporteur aérien, qui est utilisé par la Camair-Co, ne respecte en outre aucune étape des 5 procédures qui doivent normalement y être effectuées. Et cela, le Conseil d'administration du 16 mai 2011 l'a fait savoir. En se référant pareillement à certains indices qui ont filtré lors dudit conseil, l'observateur même le plus dupe comprend clairement qu'une espèce de malaise existait déjà dès la première mise en service des avions de la Camair-Co. Un autre fait majeur relevé est que, la licence d'exploitation a été délivrée à la compagnie sans que celle-ci ait déposé un dossier complet, et notamment l'élément le plus important d'une telle entreprise, qui n'est rien d'autre que son «Business Plan». Pour être plus explicite, dans le domaine de l'exploitation des lignes commerciales aériennes, aucune compagnie aéronautique au monde ne peut opérer si elle n'est pas titulaire d'un Cta et d'une licence d'exploitation (appellation camerounaise), ou un Air Operator Certificate (Oaci). C'est donc ce document précieux, délivré par les autorités de l'aviation civile d'un Etat contractant, qui atteste de la capacité du bénéficiaire à assurer dans le respect de la réglementation applicable, le transport des passagers en toute quiétude. En quelque sorte, c'est l'acte de naissance et la carte d'identité d'une compagnie aérienne digne et soucieuse de la sécurité de sa clientèle. Ce document, d'une très grande conséquence, est délivré aux postulants après une procédure de certification réglementaire et conforme aux règles internationales de l'Oaci. 

C'est dont ce parchemin, hautement important, qui n'a pas été l'objet des attentions de société. La Camair-Co se révèle au grand étonnement de sa clientèle comme étant une compagnie aérienne non certifiée. Sa capacité à assurer le transport des passagers en toute sécurité n'a jamais été prouvée et établie. Bien avant la tenue du Conseil d'administration du 16 mai dernier, les rats ont commencé à déserter le navire Camair-Co. Le chef de projet de certification, a rendu son tablier. Sa démission d'après certaines langues, s'est traduite par son envie de se dissocier à cette bavure. Si l'on se base sur ce qui tient lieu de «Business Plan» de la Camair-Co, l'on note clairement une projection allant de 2011 à 2015. A ce jour, la réflexion a pris une autre forme du côté des administrateurs. La Camair-Co, doit désormais tenir la barre. Et pour cela, elle se doit de produire à la Ccaa une étude de ligne appropriée et non des projections génériques comme cela a été le cas en 2011. Comme elle se doit aussi de se faire certifier, conformément aux normes établies et reconnues par l'Oaci. Cette embellie se fera aussi avec une autorité aéronautique sérieuse. Autant il est clair que, sans une autorité aéronautique compétente et a la hauteur des attentes, il est vain d'envisager une compagnie aérienne qui inspire confiance et crédit sur le plan national et international. 

Thierry Patrick Ondoua

La nouvelle

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