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12
Mar, Déc

Politique

La révélation est de la cellule de renseignement financier près le parquet du tribunal de Luxembourg

Ils sont tous les 15 de nationalité camerounaise. 

Ils viennent d’horizons divers et de différentes administrations. Notamment des ministères, des institutions bancaires, des sociétés d’Etat, du secteur de la finance et du pétrole, de l’Assemblée nationale, des collectivités territoriales, etc. Non sans être tous ou presque membres du RDPC. Eux, ce sont d’anciens ou actuels ministres d’Etat, Ministres, Ministres délégués, présidents directeurs généraux de sociétés, députés, délégués du gouvernement, etc. bref, 15 personnalités qui ont été épinglées par la cellule de renseignement financier près le parquet du tribunal de Luxembourg. 

Selon cette institution, ces personnalités disposent d’avoirs au Luxembourg. « La valeur globale des avoirs (sujette à fluctuations du chef des mouvements  sur des comptes ou/et des marchés financiers) peut être estimée prudemment à plus de 3 000 000 d’Euros » soit près de 2 milliards de Fcfa. 

Parmi ces personnalités, seules trois d’entre elles sont en prison en ce moment dans le cadre de « l’Opération Epervier », dont deux anciens ministres (Marafa Hamidou Yaya né en 1952 à  Garoua et Olanguena Awono Urbain né le 16 juillet 1955 à Polo) et un ancien Directeur General (Fotso Yves Michel né à Yaoundé). Une des personnalités concernées a été récemment libérée à la faveur de la grâce présidentielle accordée  à certains condamnés le 18 Février 2014 ; il s’agit de l’ancien Délégué du gouvernement auprès de communauté urbaine de Douala et ancien Pca du Port autonome de Douala à savoir Edouard Nathanael Etonde Ekotto né le 29 Juin 1937 à Douala. 

Restent encore en liberté 10 personnalités. Le fait troublant et déconcertant dans cette affaire est que parmi ces personnalités encore en liberté et au-dessus de tout soupçon, figurent des hommes de main du Président Paul Biya qui, du fait de leur présence sur une liste d’associations de malfaiteurs, trahissent la haute confiance du Chef de l’Etat placée en elles. De quoi faire pâlir Paul Biya de colère. Aucune femme ne figure sur cette liste (nous y reviendrons).
L’opération enclenchée contre ces personnalités concerne la « coopération dans la lutte contre le blanchiment d’argent et/ou le financement du terrorisme ». Elle s’inscrit dans le cadre de la coopération des commissions rogatoires représentées par les cellules de renseignement financier de la république du Cameroun et du Luxembourg.

Le 6 Février 2008, Marc Schiltz, substitut du procureur d’Etat près  du parquet du tribunal d’arrondissement de Luxembourg écrivait au Cameroun en indiquant que : « Selon les informations de notre cellule de renseignement financier, les personnes en question sont sous enquête et/ou jugées dans votre pays du chef d’accusation de corruption et/ou association de malfaiteurs respectivement organisation criminelle en rapport avec des détournements de deniers publics ». Restait seulement à confirmer par écrit les chefs d’inculpation par chacune des personnes en question et à donner l’autorisation d’utiliser les renseignements financiers à des fins judiciaires. 

Au demeurant, combien sont-ils ces compatriotes dont les paradis fiscaux se trouvent aussi à Monaco et aux Iles Caïmans ? Plusieurs assurément. Mais là, c’est une autre affaire. (Nous y reviendrons également).

Lutte contre les atteintes à la fortune publique ; le combat continue

Prenant acte de ce que depuis plusieurs semaines, une certaine opinion s’attelait à mettre en débat la poursuite de la lutte contre la corruption, relayée par une frange de medias nationaux et internationaux, se fondant sur les libérations et remises de peines intervenues, notamment à la faveur du décret présidentiel N°2014/058 du 18 Février 2014 et qui pour la première fois s’étendait aux personnes condamnées pour détournement de deniers publics, cette mesure de grâce présidentielle, le Ministre de la communication porte-parole du gouvernement avec à ses côtés le ministre de la justice garde des sceaux a donné la semaine passée u point de presse à cet effet. Issa Tchiroma Bakary, en présence de Laurent Marie Esso, a tenu à qualifier d’erronées ces interprétations des faits et à apporter les éclairages et les précisions nécessaires à une juste compréhension de la situation et d’autre part à dire toute la détermination du Président de la république Son Excellence Paul Biya, à poursuivre sans relâche et sans complaisance aucune, le combat qu’il a entrepris contre les atteintes à la fortune publique. 

Il est à rappeler à titre d’information que «  119 dossiers venant des tribunaux de grande instance ont été transférés au TCS. Trente-neuf de ces dossiers ont été enrôlés immédiatement. Ces affaires ont fait ou font encore l’objet de debats publics…

S’agissant de la restitution du corps du délit par certains mis en cause qui ont sollicité l’arrêt des poursuites, les montants déjà versés dans les caisses de l’Etat déposés  dans un compte ouvert au trésor public s’élèvent à 2 milliards 401 millions 225 mille 610 Fcfa à la même date, c’est-à-dire au 3 Avril 2014. Seize inculpés ont déjà pu bénéficier de cette mesure. Quant aux amendes et aux frais de justice, ils sont respectivement estimés à un million de Fcfa et à 602 millions 323 mille 612 Fcfa…

 

Pour ce qui est des dossiers à l’information judiciaire, à date, 19 inculpés ont bénéficié d’un non-lieu et 107 ont été renvoyés devant le TCS. A la date du 3 Avril 2014, le TCS a rendu 52 décisions dont trente-six au fond et 16 avant dire-droit, vingt-six inculpés ont été acquittés et cinquante-un condamnés. Certains ont exercé des voies de recours…

A ce jour, le tribunal criminel spécial a déjà prononcé des condamnations d’un montant de 12 milliards 164 millions 682 mille 504 Fcfa à titre de dommages et intérêts. »

La lutte contre les atteintes à la fortune publique se poursuit donc. Avis à ceux qui pensaient le contraire.

© Prospective Nouvelle : Jean Baptiste Biayé

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