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Lun, Jui

Politique
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Le président de l'Assemblée nationale, en poste depuis 1992, use de tous les artifices pour sauver son perchoir, menacé.

La première session du Parlement bicaméral pour l'année 2014 s'ouvre, demain, mardi, 10 mars, à Yaoundé. Ce sera ainsi la deuxième expérience de cohabitation, après le round assez mouvementé observé aux lendemains des élections de l'année dernière.

Les sessions ordinaires du Sénat et de l'Assemblée nationale devront ainsi, en principe, avant la fin de la semaine, procéder au renouvellement de leurs bureaux respectifs. Si, à la Chambre haute, le perchoir occupé par Marcel Niat Njifendji ne semble pas très menacé, des observateurs pas très avertis, y voient d'ores et déjà, son vice-président, le lamido de Rey-Bouba, Sa majesté Aboubakary Abdoulaye, il en semble tout autrement avec le Palais de verre de Ngoa-Ekelle où, sauf changement de dernière minute, une redistribution des cartes n'est pas à écarter.

 

En poste depuis mars 1992, le cas Cavaye Yeguie Djibril nourrit en effet toutes sortes de controverses au sein du sérail. Et on dit le Président Biya de plus en plus tenté par un séisme, de ce côté-là. Au-delà de ses scandales à répétition dus à sa gestion épicière de la maison, la goutte d'eau ayant fait déborder le vase serait ainsi le vaste mouvement des personnels opéré récemment au sein des services.
 
Lors de ces nominations, le président de l'Assemblée nationale (Pan) a, une fois de plus, étalé son népotisme pathologique en nommant à tour de bras, des originaires de son Tokombéré natal. La langue mada, jusque-là cantonnée dans son cabinet, s'étend désormais dans plusieurs autres services de l'Assemblée. La colonisation culturelle est en marche...forcée. Le départ de M. Cavaye avait déjà été fortement évoqué l'an der¬nier, au plus fort de la controverse autour de sa moralité maintes fois dénoncée par des originaires du septentrion en général, et de l'Extrême-Nord en particulier, qui estiment «indignes», certains de ses agissements et ont plusieurs fois réclame sa tête.
 
D'autres, par contre, soutenaient que Paul Biya retire rarement sa confiance à ceux - et le Pan en serait - qui ont cheminé depuis longtemps avec lui et par qui ailleurs, sont inoffensifs (suivez notre regard). Les tenants de la thèse de son départ forcé en ce moment, mettent aussi en avant, son acte de «haute trahison» perpétré lorsque, alors deuxième personnalité de la République, il se permit de se porter candidat aux élections sénatoriales du 14 avril 2013.

Une posture jugée par beaucoup comme à la fois égocentrique et déloyale, vis-à-vis des institutions qui ont permis à ce maître adjoint d'éducation physique de gravir les marches les plus hautes de la République. Ses calculs mesquins avaient, on se souvient, été stoppés par le Chef de l'Etat en personne qui invalida les candidatures de tous les députés du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) ayant voulu migrer vers le Sénat. Peut-on alors continuer à faire confiance à une personnalité, qui a certes régressé à la troisième place des institutions, mais demeure parmi les plus influentes, et qui, au moindre mouvement du vent, n'hésite pas à virer de bord?
 
Si, au lendemain de l'année électorale 2013, Paul Biya n'avait pas souhaité donner l'impression de céder aux pressions de l'opinion publique, le contexte semble depuis lors s'être apaisé et favorable à l'avènement de sang neuf à la tête de l'Assemblée nationale. Sans doute, conscient de toutes les gaffes commises depuis sa première élection - lui-même a parlé de «nomination» Cavaye Yeguie Djibril a, selon nos sources, renforcé sa batterie de marabouts habituels qui savent toujours si bien envoûter le Chef de l'Etat, pour espérer se sauver d'un «coup de tête» présidentiel. La forte présence de ces charlatans, aussi bien à sa résidence du Lac ou lors de ses moindres déplacements, a fini par être tellement bruyante, qu'elle a attiré l'attention des collaborateurs, qui depuis lors, se répandent en sarcasmes dans les salons huppés de Yaoundé.

Il reste à vérifier si le pouvoir de ces marabouts fera encore de l'effet sur un Paul Biya que des proches disent visiblement décidé à donner un coup de pied dans la fourmilière institutionnelle. Sans oublier que, au sein même de la Chambre basse, un départ de Cavaye, à défaut d'être ardemment souhaité, ne serait pas une mauvaise chose dans la logique du renouvellement du personnel politique, et pourquoi pas, de la carte géopolitique du Cameroun. Le message des électeurs, à l'occasion des derniers scrutins, ne sera certainement pas ignoré de la tête du pays.

© La Météo : René Atangana

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