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Mar, Déc

Politique

Agé de 21 ans, Victor Muvandimwe, inscrit au collège Vogt à Yaoundé, a été retrouvé en possession du téléphone qui a appartenu à Mme Soppo. C’est un enfant unique. Profondément éplorés, ses parents rwandais installés au Cameroun depuis plus d'une dizaine d'années n'en reviennent toujours pas.

L'arrestation de leur fils, Victor Muvandimwe, qui a fêté ses 21 ans le 4 juin dernier (il est né au Rwanda à Nyakogo), est un drame aussi bien au sein de sa famille que de la grande communauté rwandaise qui se trouve au Cameroun. Lundi, 9 juin des policiers débarquent au domicile des parents de Victor à Efoulan. On lui fait savoir que le téléphone qu'il utilise a appartenu à Mme Soppo, la secrétaire de Marafa Hamidou Yaya, tuée à son domicile en janvier 2014.

Un téléphone qu'elle possédait tout juste avant sa mort. L'appareil a été retracé à partir de son ??. Victor est embarqué et conduit à la direction régionale de la police judiciaire du Centre où l'enquête est ouverte depuis la mort de Mme Soppo. Après quatre jours de garde à vue, il est présenté au procureur de la République puis écroué, vendredi, 13 juin à la prison centrale de Yaoundé.

Il y a six mois, le grand-père maternel de Victor décède au Cameroun. Un de ses oncles arrivé du Canada pour prendre part à ces obsèques lui offre 100 dollars pour s'acheter un nouveau téléphone, le précédent étant perdu. Victor se rend promptement à l'avenue Kennedy, une place commerciale de Yaoundé où il acquiert le fameux téléphone qui lui crée aujourd’hui tous les ennuis. En détention provisoire à Kondengui, Victor était dans l'incapacité de prendre part, samedi dernier, avec tous ses camarades de classe de la Terminale D2 à la cérémonie de fin d'année du collège Vogt où il est élève depuis la classe de seconde.

Hier, c'est auprès du principal du collège, le père Jean Hervé Claret, que le papa de Victor a dû récupérer le bulletin de fin d'année de son fils. Elève moyen, ses enseignants le présentent comme un enfant sans histoire, qui parle très peu et très effacé. En trois ans dans cet établissement, le responsable de la discipline du collège Vogt ne se souvient pas d'un avertissement, d'un blâme ou d'une retenue collée à Victor. «La justice est allée un peu vite», commente-t-on au collège Vogt où la nouvelle de l'arrestation de Victor a plongé le personnel dans l'émoi. Ici, on pense d'ailleurs qu'avec ses notes, rien ne devrait l'empêcher d'obtenir son examen.

En l'absence d'une représentation diplomatique au Cameroun, le bureau exécutif de la communauté rwandaise préfère ne pas évoquer cette affaire pour le moment, compte tenu de sa sensibilité. La méfiance est de mise. «C'est une affaire assez compliquée, nous laissons la justice faire son travail», glisse laconiquement M. Mbabazi, vice-président du bureau exécutif de la communauté rwandaise.

Victor ayant un statut de réfugié, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) a mis un avocat à la disposition du jeune garçon pour assurer sa défense. Au moment où les vacances battent leur plein et en attendant les résultats du baccalauréat, les camarades de Victor espèrent le revoir très bientôt parmi eux.

Marafa et le meurtre de sa secrétaire

 

Christiane Soppo Mbango, secrétaire particulière de Marafa pendant près de 25 ans a brutalement été arrachée à la vie le 24 janvier dernier. Son corps recouvert de plusieurs blessures a été retrouvé à son domicile au quartier du Golf par sa fille Maéva qui vit à Bruxelles en Belgique. Son ordinateur portable, son passeport et son bloc note avaient disparu. Mais les bijoux qu'elle portait ne lui ont pas été retirés.

Le 26 janvier, la fille de Mme Soppo et son fiancé sont reçus par le délégué général à la Sureté nationale. Après lui avoir adressé ses condoléances, Mbarga Nguelé prie «gentiment» la jeune Maeva «de ne pas politiser cette affaire» et de ne pas prêter une grande attention à tout ce qui peut se dire autour du décès de sa maman. Il essaie surtout de la persuader de ce que la police fera tout ce qui est en son pouvoir pour mettre la main sur les personnes qui ont assassiné sa mère.

Dans sa huitième lettre adressée au président de la République, Marafa Hamidou Yaya l'interpelle sur cette enquête. «Monsieur le président de la République, il est de votre devoir, il est du devoir de l'Etat, de prendre immédiatement des mesures suivantes: mettre toutes les ressources publiques utiles à rechercher et punir les responsables de cet acte barbare, les commanditaires comme les exécutants, ainsi qu'à exposer leurs motifs; assurer la protection de mes proches ... De nouveaux innocents ne doivent pas tomber sur le coup de machette», écrit Marafa. Au préalable Marafa souligne: «Je n'ai pas voulu m'exprimer immédiatement pour ne pas ajouter à l'émotion et laisser les enquêteurs faire leur travail, mais deux mois après, je suis obligé de constater que l'Etat reste d'un silence absolu», regrette-t-il.

© Le Jour : Eitel Eléssa Mbassi

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