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Mar, Déc

Politique

Le député du SDF a cuisiné le ministre des Transports, Robert Nkili, au sujet de l’acquisition de deux avions chinois lors des questions orales aux membres du gouvernement à l’Assemblée nationale, jeudi 26 juin 2014 à l’hémicycle de ngoa-Ekelé.

Le scandale des avions chinois s’est invité une fois de plus au palais des verres de l’Assemblée nationale, jeudi 26 juin 2014. Le pot aux roses de la mafia gouvernementale est découvert par l’entremise des députés du Social democratic front (Sdf). D’abord par l’honorable Joshua Osih, lequel a déposé lors de la dernière session une proposition de résolution portant constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur cette ténébreuse affaire. Ensuite, son camarade du même bord politique, le député Jean-Michel Nintcheu, qui est monté au créneau hier, jeudi 26 juin 2014 pour interpeller le ministre des Transports, Robert Nkili. L’élu du Sdf a voulu savoir pourquoi le Cameroun a acheté deux avions à plus de 34 milliards Fcfa alors que le prix unitaire publié par le constructeur Xian industries est de 5 milliards 600 millions Fcfa soit une bagatelle de 11milliards Fcfa pour deux avions MA-60.

S’appuyant sur le cas de la République du Congo, partie signataire de cet accord, le député fait savoir que ce pays frère «a déboursé 7 milliards Fcfa par avion» et ce prix «prenait en compte les intérêts, un stock de pièces de rechange, la formation des techniciens congolais ainsi que la maintenance durant une période définie».A-t-il poursuivi non sans rappeler la réaction du ministre Nkili face aux préoccupations pertinentes des commissaires : « vous aviez reconnu votre forfait en indiquant toute honte bue, que le coût global est de 31 milliards intégrant l’achat de l’avion, les pièces de rechange et la formation du personnel de Camair-co». Pour enfoncer le clou, Jean-Michel Nintcheu a cherché à comprendre ce qui a justifié, de façon rationnelle, «ce différentiel de plus de 20 milliards, si ce n’est que ce montant a servi de retro-commission à la filière maffieuse qui a piloté cette ruineuse opération, notamment le ministre de l’Economie, certains fonctionnaires de la Primature, de la présidence et vous-mêmes naturellement».

En guise de coup de grâce, le président régional du Sdf pour le Littoral porte également l’estocade finale en ces termes : « Il y a plus grave ! Non content de vous enrichir de la sorte sur le dos du contribuable, vous mettez délibérément la vie des Camerounais en danger car l’exploitation de ces fameux MA-60 qui, selon des spécialistes, est un cercueil volant mettra en péril la vie des passagers, du personnel navigant ainsi que celle des civils au sol. N’en déplaise à Monsieur le ministre, le MA-60 en matière de fiabilité peut être comparé aux avions russes Iliouchine ou Tupolev, boycottés par la majorité des compagnies aériennes et interdit de survol d’espaces aériens». Devant les députés médusés, Robert Nkili a préféré botter en touche et se dédouaner maladroitement : « Je reconnais que la République du Congo a acheté ces aéronefs moins chers que le Cameroun. Je ne maîtrise pas les contours financiers de l’opération. En tant que tutelle technique, je ne suis que l’utilisateur de ces aéronefs. Je ne suis donc pas concerné par l’aspect financier de l’achat. Posez la question à qui de droit». Suffisant pour convaincre les plus candides au sein de la chambre basse ? Pas si sûr !

Alain NJIPOU



Focal: Genèse de l’affaire…

C’est courant 2011, que le gouvernement camerounais a négocié avec la Chine l’achat de deux aéronefs MA 60. Sans aucun avis d’appel d’offres, aucun appel à manifestation d’intérêt ne soit lancé. Le 4 juillet 2012, faisant fi du scepticisme et des interrogations des experts camerounais en aéronautique civile, le gouvernement s’est montré euphorique aux côtés de Xue BO, vice président d’Avic International Holding, au sujet de la future acquisition de ces avions MA60, au point où le Mintransport a souligné à grands traits la générosité des Chinois qui promettaient de livrer à l’Etat du Cameroun 3 avions pour le prix de 2, le 3ème ayant été mis à la disposition de l’armée de l’air camerounaise. Le 11 novembre 2013, le ministre de l’Economie de la planification et de l’aménagement du territoire, a procédé à la signature d’un accord cadre d’un prêt préférentiel d’un montant de 34, milliards 400 millions avec l’ambassadeur de Chine au Cameroun pour l’achat de 2 MA-60 pour le compte de Camair-co. La suite ? La mafia a fait le reste…

© Alain NJIPOU : Le Messager

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