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Lun, Oct

Opération épervier

"Tous les signes étaient réunis et je ne compte pas le nombre de personnes qui sont venues me supplier, pour sauver ma liberté sous d'autres cieux, de quitter notre pays ou de ne pas y retourner lorsque j'en étais hors. Si l'on y ajoute toutes les vexations que j'ai eues au niveau des aéroports où je devais embarquer pour honorer des rendez-vous avec des partenaires et des personnalités extérieures, j'avais toutes les raisons de quitter notre pays".

L'intégralité de la déposition de l'ex Adg de la Camair au tribunal le 06 septembre dernier.

Monsieur le Président, honorables membres de la collégialité,

Messieurs de l'accusation et avocat des parties civiles,
 
Avec l'opportunité qui m'est offerte de prendre la parole, je tiens à faire savoir mon indignation par rapport aux déclarations infondées et outrageantes proférées à mon encontre devant ce tribunal le 27 août dernier.
 
Je souhaiterais qu'il soit acté que c'est spontanément que je me suis régulièrement présenté devant les officiers de police judiciaire dès l'ouverture de l'enquête en avril 2008 et qu'après plus de 17 mois de rétention de mon passeport pour les besoins de l'enquête, je ne me suis pas enfui après l'avoir récupéré, de même après avoir eu connaissance de l'ordonnance de disjonction n°1 du Juge Pascal Magnaguemabe du 10 janvier 2010 et de l'interdiction de quitter le territoire national qu'il a prise à mon encontre, malgré la levée par la suite de cette interdiction, je ne me suis toujours pas enfui du Cameroun et cela pour deux bonnes raisons:
 
- J'avais ma conscience tranquille car je savais que je n'avais pas détourné le moindre dollar sur les 31 millions de dollars à virés a Gia Inc. par la Snh pour l'acquisition du BBJ2 présidentiel.
 
- D'autre part, j'avais une totale confiance en la justice de mon pays, qui j'en étais à l'époque convaincu, ne recherchait que la vérité et rien que la vérité.
 
Je n'avais aucune raison de m'inquiéter, car les faits ne pouvaient selon moi en aucun cas être dénaturés.
 
Monsieur le Président,

Il a été évoqué devant ce tribunal un carton de signature non daté et non activé qui établirait ma collusion supposée.
 
Tout cela n'est que diffamation. Mes avocats aux Etats-Unis ont pu obtenir une injonction du Tribunal Fédéral de l'Oregon à l'encontre de Bank of America afin que cette dernière délivre une attestation spécifiant si dans les livres de Bank of America, il y a un quelconque document indiquant que j'ai jamais eu la signature sur un quelconque des comptes bancaires de Gia Inc. ou un quelconque compte ouvert dans cette banque. La réponse tant attendue est tombée le 28 août 2012 (malheureusement après la clôture des débats) et Bank of America est formelle sur l'absence d'un quelconque document me concernant dans cette banque.
 
Ceci confirme, de manière irréfutable, que je n'ai jamais été partie prenante dans CIA. Les faits sont têtus et la vérité finit toujours par jaillir.
 
Pour ce qui est de ma plainte déposée aux USA dont la presse locale s'est fait l'écho, celle-ci a été déposée contre l'Etat du Cameroun qui, en violation du Settlement agreement signé en 2006, m'a fait arrêter et incarcérer a la prison de Kondengui, et qui lors de mon transfèrement à la prison militaire du Sed, m'a fait subir des violences physiques et des sévices du fait d'un officier et d'un officier supérieur de la gendarmerie nationale bien identifiés tous les deux.
 
Aussi ai-je instruit mes avocats américains de bien vouloir rectifier la plainte et la liste des mis en cause en y retirant notamment votre nom, monsieur le procureur, de même que ceux du président de la République, du Sed et du colonel Amadou qui n'ont, en aucun cas, directement posé ces actes de sévices sur ma personne.
 
Permettez-moi, monsieur le président, de remercier le tout-puissant pour toutes les grâces qu'il m'a accordées, de m'avoir donné des parents qui m'ont inculqué des valeurs m'ayant permis d'avoir un parcours académique et une expérience professionnelle multiformes dans le privé. Du fait de ces atouts, j'ai pu, guidé par l'Esprit Saint, mettre mon habileté acquise au service de mes jeunes compatriotes, en générant de multiples emplois de haut niveau, en valorisant les cadres camerounais sans distinction d'avec les expatriés.
 
Depuis le déclenchement de l'Opération Epervier, il n'y a pas eu une seule arrestation programmée et annoncée comme la mienne.
 
Tous les signes étaient réunis et je ne compte pas le nombre de personnes qui sont venues me supplier, pour sauver ma liberté sous d'autres cieux, de quitter notre pays ou de ne pas y retourner lorsque j'en étais hors. Si l'on y ajoute toutes les vexations que j'ai eues au niveau des aéroports ou je devais embarquer pour honorer des rendez-vous avec des partenaires et des personnalités extérieures, j'avais toutes les raisons de quitter notre pays.
 
Je ne l'ai pas fait, je ne le ferai jamais. Ma passion pour mon pays, inculquée depuis l'enfance par des parents viscéralement attachés au terroir me l'interdisent formellement. Au Cameroun je suis, au Cameroun je resterai. Je n'ai donc pas honte de mon parcours et sui plutôt fier de ce que j'ai accompli.
 
Le président américain John Fitzgerald Kennedy disait, je le, cite: «Ne te demande pas ce que ton pays a fait pour toi, mais plutôt ce que tu fais pour lui».
 
Monsieur le président, honorables membres de la collégialité,
 
Tout a été dit.

Toutes les pressions réelles ou supposées de l'exécutif ne peuvent changer les faits. C'est donc à chacun d'entre vous et à vous seuls qu'il reviendra désormais en son âme et conscience, de dire si la preuve de ma culpabilité a été démontrée devant ce tribunal.
 
Je vous remercie pour votre attention.

© correspondance particulière : Yves Michel Fotso

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