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Jeu, Avr

Opération épervier
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Hier au Tribunal de grande instance du Mfoundi, Yves Michel Fotso a perdu de la superbe qu'il montrait au début de l’audience, lorsqu’on on lui a demandé pourquoi il n'avait pas rendu compte au conseil d'administration de la Camair de ce qu’un nouvel avion devait rentrer en sa possession. «Qui suis-je petit Adg de la Camair, pour aller rendre compte au conseil d'administration, quand le président de la République a instruit que cet avion doit être acheté sans que personne ne soit informé. Quand le chef de l'Etat donne des instructions on s'exécute!», a répondu YM Fotso. Par la suite, il s'est fâché des persiflages des avocats de l'Etat qui l'accusaient de s'abriter derrière l'anglais et la culture anglo-saxonne: «l'anglais n'est pas ma langue maternelle et je ne suis pas traducteur assermenté», leur a-t-il répondu, quand ils ont essayé de lui faire traduire des phrases dites dans un anglais châtié. 



Entreprise fantoche 

La 9ème séance de l'audience de l'affaire Etat du Cameroun contre Marafa et autres avait un goût spécial hier. La partie civile quoiqu'ayant achevé le contre interrogatoire d’Yves Michel Fotso, le témoin auditionné depuis deux séances déjà, a introduit une nouvelle pièce au dossier. Cette introduction a fait sortir les avocats de la défense qui, à l'unisson de Patrice Monthé, ont fustigé la fusion qui s'est opérée en ce moment entre le ministère public et les avocats de l'Etat. Cet incident a toutefois été de courte durée, mais a marqué le début d'une âpre fin de soirée. Hier encore, l'accusé YM Fotso devait faire face au contre interrogatoire des avocats de l'Etat. Mais l'ex Adg est apparu métamorphosé quand il a répondu aux questions de Me Ngongo Ottou. Cet avocat de l'Etat, par des circonlocutions a essayé de faire dire à YM Fotso, que aidé de son coaccusé Marafa, ils savaient, avant la réunion qui s'est tenue à la présidence de la République, que Gia international était une entreprise fantoche. Et que consciemment, ils ont dupé les personnes qui assistaient à cette réunion et le chef de l'Etat avec. 

Me Ngongo citait l'ordonnance de clôture de l'instruction d'un juge suisse sur l'affaire de 31 millions de dollars. Russell Meek, le Dg de Gia international y déclarait que YM Fotso cherchait déjà un avion dès qu'il est rentré en contact avec ce cabinet le 12 juillet 2001 en Afrique du Sud. «Russel Meek, qui n'était pas en Afrique du Sud, a fait des déclarations qui ne peuvent pas faire le poids avec les documents que moi qui ai participé à la réunion j'ai versé au dossier», a répondu YM Fotso. 


Meva’a M’Eboutou 

Me Ngongo est revenu à la charge. Il a essayé de faire endosser la responsabilité du «mot de passe» à l'accusé, évoqué lors d’une précédente audience par l’ex-ministre Meva’a M’Eboutou. Me Ngongo s'est appuyé sur un procès verbal d'audition de Marafa Hamidou Yaya par la police Judiciaire le 15 juillet 2008. «Je ne recevais des instructions que du ministre des Finances qui était ma tutelle financière et je n'avais pas à les contredire», a dit Yves Michel Fotso. Avant d'ajouter: «Le ministre Meva'a a dit lui même à ce tribunal qu'il a choisi la Camair pour servir de paravent contre les bailleurs de fonds», mais encore, il a aussi dit «je vais trouver l'argent» de même qu'il a avoué que «c'est à la Snh que je l'ai trouvé».

Aziz Salatou | Le Jour

 

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