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Mar, Oct

Opération épervier
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Selon le rapport des Etats Unis sur les droits de l’Homme au Cameroun en 2013 rendu public la semaine dernière, plusieurs faits accablants démontrent à suffisance que de nombreux prisonniers politiques croupissent dans les geôles camerounaises.

Le rapport est péremptoire. L’ancien secrétaire général de la présidence de la République, puis ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation Marafa Hamidou Yaya est un prisonnier politique. Les américains justifient cette posture par le fait que le prince de Garoua, interpellé en 2012 pour corruption et condamné à 25 ans de prison au cours d’un procès « sans preuves véritables » demeure en prison. « Au cours de l’année, il a fait appel à cette décision auprès de la Cour suprême et auprès du tribunal criminel spécial.

A la fin de cette année, les deux tribunaux se sont déclarés incompétents pour recevoir cet appel, ne laissant aucune issue à cette affaire », dénonce le rapport qui ne manque pas de souligner que même son recours en vue de la mise en liberté provisoire a été rejeté le 26 novembre 2013 par la section spécialisée de la Cour suprême. Au niveau de la corruption et du manque de transparence au sein du gouvernement, le rapport épingle Paul Biya sur le cas Iya Mohamed.
 
L’ancien directeur général de la Société de développement de coton (Sodecoton), par ailleurs ancien président de la fédération camerounaise de football (Fécafoot) a été interpellé depuis le mois de juin 2013 et jeté en prison. « En cette fin d’année, l’affaire est toujours pendante devant le tribunal criminel spécial (Tcs) », remarquent les Américains.

 

Pourtant, cette instance judiciaire a été mise en place pour permettre une expédition rapide des dossiers liés aux détournements des deniers publics. « En juin, Jean Baptiste Nguini Effa ancien directeur général de la Société camerounaise de dépôt pétrolier (Scdp) a gagné son procès pour détournement des fonds en appel devant le tribunal criminel spécial », relève le rapport qui observe que malgré tout, celui-ci reste en prison.
 
En termes de liberté de la presse, les manquements sont nombreux. Des journalistes ont été violentés sans raison, par des éléments de la police nationale. C’est le cas de Souley Onohiolo que des éléments de la police judiciaire ont arbitrairement arrêté, molesté gardé à vue pendant des heures.

Il n’a été libéré que grâce à l’intervention du directeur de cette unité de la police. « Des responsables gouvernementaux ont fréquemment menacé ou harcelé des personnes ou des organisations, ou arrêté des personnes ayant critiqué les politiques gouvernementales ou exprimé des vues opposées à ces politiques… » Fustige le pays de l’Oncle Sam.

Le Conseil national de la communication mis sur pied par le chef de l’Etat pour réguler le milieu des médias s’est transformé en véritable instrument de musèlement de la presse. C’est dans cette logique que des organes de presse ont été suspendus pour non respect de la déontologie. Bref, le rapport des Etats Unis sur la situation des droits de l’Homme au Cameroun en 2013 présente un tableau obscur de la gestion des libertés collectives dans notre pays.

© Le Messager : Joseph Flavien KANKEU

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