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Mar, Oct

Opération épervier
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L’ancien secrétaire général de la présidence de la République, puis ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation a été auditionné vendredi, 25 octobre 2013 à la direction de la police judiciaire de Yaoundé dans le cadre d’une commission rogatoire demandée par un juge luxembourgeois.

La direction de la police judiciaire située au quartier Elig-Essono à Yaoundé n’a pas fait foule vendredi dernier. Pourtant, Marafa Hamidou Yaya y a été auditionné en fin de matinée ce jour-là. C’est que, quelques minutes avant l’arrivée du célèbre détenu de la prison secondaire de Yaoundé, logée dans l’enceinte du Secrétariat d’Etat à la Défense, gendarmes et policiers en civil mais armés de pistolets automatiques sillonnaient les lieux, invitant les curieux à éviter les attroupements. Même les usagers ayant des problèmes à résoudre dans cette unité de la police nationale, ont été sommés de revenir après l’audition de Marafa Hamidou Yaya.

Assisté de ses avocats, le prisonnier qui purge actuellement une peine de 25 ans fermes de prison a répondu aux questions des fins limiers de la sous direction des enquêtes économiques. Le Messager a appris de sources dignes de foi que les questions posées par les officiers de la Pj tournaient autour des transactions financières opérées dans le cadre de l’achat foireux du Bbjet II pour laquelle il a déjà été condamné. Le juge luxembourgeois a transmis à la justice camerounaise et la Pj un ensemble de préoccupations auxquelles l’ex ministre n’a pas jugé  utile d’apporter autre réponse que celles consignées dans les plumitifs d’audience de l’affaire Bbjet II jugée en 2012 par le Tribunal de grande instance du Mfoundi. « Le ministre d’Etat a renvoyé les enquêteurs aux minutes du procès Bbjet II, puisque ces questions lui ont déjà été posées par le tribunal », a confié à votre journal, un de ses avocats.
 
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D’autres informations concordantes font état de ce que la justice luxembourgeoise aurait ouvert son enquête à la suite d’une plainte de l’Etat du Cameroun qui estime que durant le processus de l’achat de l’avion présidentiel, de fortes sommes d’argent auraient pris la direction de comptes privés domiciliés au Luxembourg. Mais aussi qu’au cours du processus de privatisation de certaines entreprises publiques, les mêmes comptes auraient été alimentés par des fonds issus des micmacs conclus avec les repreneurs. Car dans sa posture de secrétaire général de la présidence de la République, Marafa aurait  personnellement piloté les dossiers de privatisation de plusieurs de ces structures étatiques aujourd’hui aux mains de multinationales.

Mais des proches de l’ex ministre disent formellement  qu’il n’a pas été entendu sur ce deuxième aspect concernant les privatisations.

Au demeurant,  de nombreux  observateurs de la scène politique nationale restent toujours sceptiques sur la sincérité de cette nouvelle procédure. D’aucuns pensent que c’est une stratégie savamment montée par le régime pour maintenir la pression psychologique sur le « prince »  de Garoua. Une forme de rouleau compresseur…
 

 

Focal. Marafa à la Cour suprême demain

La section spécialisée pour les affaires du Tcs à la haute juridiction ouvre le recours introduit par Marafa Hamidou Yaya et certains de ses coaccusés le 29 octobre 2013. Selon les dispositions de la loi de décembre 2011 modifiée en juillet 2012, la section spécialisée de la Cour suprême va examiner les questions de droit que la défense estime n’avoir pas été respectées par le Tribunal de grande instance du Mfoundi. Dans cette requête la défense estimerait  que le motif de « complicité intellectuelle » qui lui a été collé n’a pas de fondement juridique.

Dans ce type de procédure, la présence des  requérants eux-mêmes n’est pas indispensable puisque la haute cour juge le droit.  Mais ses avocats assurent que Marafa Hamidou Yaya entend bien faire le déplacement du palais de justice de Yaoundé demain.

© Le Messager : Rodrigue N. TONGUE et Joseph Flavien KANKEU

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