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Mar, Oct

Opération épervier
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9h au Tribunal criminel spécial (Tcs) de Yaoundé. La salle d'audience ouvre ses portes pour accueillir l'audience d'hier mercredi 28 novembre 2012, dans le cadre du procès opposant l'Etat du Cameroun et le ministère public à Roger Ntongo Onguené et Yves Michel Fotso pour détournement de fonds publics en coaction. Les coaccusés sont appelés à choisir leur forme de déposition parmi les trois qui leurs sont proposées. L'ex Directeur général (Dg) de l'Autorité aéronautique du Cameroun (Aac) choisit de déposer comme témoin sous serment, tandis que l'ex Dg de la Cameroon Airlines (Camair) choisit de faire une déclaration sans serment, ce qui fait un peu jaser dans la salle. 

Mais, très vite, lorsqu'il prend la parole, ce dernier s'explique sur son choix de déposition. Pour lui, les faits sont simples, clair et précis de même que toute l'affaire. Il s'avère donc, inutile, dit le coaccusé, de tirer de long en large, une histoire susceptible de se régler en deux ou trois audiences. Sa déposition en dit d'ailleurs long sur ses allégations: pas plus de 15 minutes de déposition, contrairement à son coaccusé. Ici, il a commencé par dit-il, tenir à rétablir la vérité sur quelques contre-vérités qui ont été énoncées tout à l'heure (lors de la déposition de l'ex Dg de l'Aac Ndlr). Il déclare ainsi fausse, l'idée selon laquelle, toute responsabilité d'actes irrégulières dans le cadre de l'affaire qui les conduit aujourd'hui devant le Tribunal partirait de son initiative ou de celle du ou des ministres du Transport de l'époque: «je n'ai reçu aucune instruction d'aucun ministre et je n'en ai donnée à personne» appuie-t-il. 


Pas d'arrêt de poursuites 

Seulement, c'est de loin, la partie la plus intéressante de sa déposition. Le banquier millionnaire a également précisé, que comme annoncé dans les précédentes audiences, il a remboursé les 230 millions à lui imputés, et attend que soit prononcé, à son encontre, l'arrêt des poursuites. Car pour lui, ce serait justice. Toutes choses qui n'ont aucunement arrangé le parquet général qui, prenant la parole, a dit combien a été appréciée l'initiative de remboursement des sommes détournées (135 millions de FCFA en espèce et 95 millions en chèques). Mais, ils restent quelques peu sur leur faim, attendant que leurs parviennent le reste des sommes, soit 420 millions. Nous demandons ainsi à monsieur Yves Michel Fotso, si la somme remboursée constitue-t-elle un acompte de la somme pour laquelle il a été envoyé en coaction devant le Tribunal avec Ntongo Onguené? Et qu'il nous dise, comment il compte nous faire parvenir le reste ou alors, qu'il dise à quoi renvoie le somme remboursée persiste le parquet général. Réaction qui a quelque peu secoué l'accusé qui n'en croyait pas ses oreilles, lui qui était persuadé qu'après restitution des sommes qui lui sont imputées, retrouvera sa liberté (du moins, pour cette affaire). 

Plutôt dans la matinée, c'est Roger Ntongo Onguené qui a eu de la peine à se défendre face aux avocats généraux et aux conseils d'Yves Michel Fotso qu'il tentait à tout prix de faire plonger. Et ce, depuis l'intention dévoilée de ce dernier de rembourser 230 millions qui lui sont directement imputés. L'ex-Dg de l'Aac a ainsi tenté de démontrer tant bien que mal, que les fonds détenus dans un compte ouvert au Crédit commercial de France (Ccf) n'appartenaient pas à l'Aac, mais plutôt au propriétaire dudit compte même ont été utilisées, pour l'ouverture de ce compte, les noms de l'Aac et sa signature propre en tant que Dg de l'Aac et gestionnaire du compte, car, dit-il, le compte appartenait en réalité à l’ex-ministre Christopher Shalai des transports. Si l'ex Dg de la Camair a insisté sur le fait que, les transactions régulièrement effectuées sur ce compte tenaient de redevances de la Camair à l'Aac, ce n'est pas le cas pour Ntongo Onguené qui n'arrive pourtant pas à expliquer pourquoi et pour qui était cet argent. Au terme de leurs deux dépositions, le président du Tribunal Yap Abdou a accordé du temps pour la préparation des réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense et a renvoyé l'audience au 19 décembre 2012 à cet effet.

© Florette MANEDONG :  Le Messager

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