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Mar, Oct

Opération épervier
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La deuxième audience de l'affaire Ministère public et Etat du Cameroun contre Jean-Marie Atangana Mebara, Ephraïm Inoni, Otélé Essomba et Kewin Wall, poursuivis pour détournement de deniers publics en coaction a eu lieu hier. A l'ouverture de la séance, le Président Yap Abdou a tenu à rappeler que la cause avait été renvoyée pour communication de la liste des témoins par les différentes parties. «Monsieur Otélé vous aviez formulé une demande de remise en liberté provisoire. Vous la maintenez», ajoute le Président Yap. «Evidemment Monsieur le Président», répond l'accusé avant de se lancer dans une longue tirade. 

On en retient que «ma détention actuelle est tout simplement illégale parce que le juge d'instruction dans son ordonnance de non-lieu partiel a rejeté les charges pour lesquelles j’ai été placé en détention provisoire». L'avocat d'Otélé Essomba abondera dans le même sens, citant au passage les dispositions de la loi. 

Maître Eta Bessong, l'avocat d'Ephraïm Inoni va s'engouffrer quelques minutes plus tard dans la brèche ouverte par Otélé Essomba. «Nous sollicitons une remise en liberté provisoire de notre client, Chief Inoni», soutient l'ancien bâtonnier. Mais, le Procureur général n'est pas pour la libération des deux accusés. Le représentant du Ministère public dit être étonné par la demande du tandem Inoni-Otélé. Car, d'après le Procureur, le problème se serait posé si la durée de la détention provisoire excédait celle de la peine encourue. Ce qui n'est pas le cas. Le Tribunal a décidé de joindre les exceptions ainsi soulevées au fond. En langage non technique, Ephraïm Inoni et Otélé Essomba vont rester à Kondengui. 

Gré à gré 

Et c'est de ce pénitencier qu'ils viendront se justifier sur les charges portées contre leur personne. Ce qu'ils ont d'ailleurs commencé à faire hier. En effet, les débats ont été ouverts avec l'audition des témoins. 
Cet exercice a commencé avec l'audition de l'ancien Ministre des Transports (Mintransports), John B. Ndeh. 

Il était question pour l'ex Mintranports d'éclairer le Tribunal sur un marché d'audit des contrats d'avions entre la CAMAIR et les loueurs d'aéronefs à travers le monde. John B. Ndeh dit avoir agi sous la pression de René Owono. L'ex Secrétaire général adjoint de la Présidence de la République, soutient le témoin, a insisté sur le fait que le Président de la République veillait personnellement sur ce dossier. M. Ndeh ajoute que durant son séjour au Mintransports, il n'a pas signé un autre contrat de gré à gré et sous la pression comme celui qui liait l'Etat du Cameroun à Aircraft Portfolio Management. Durant le contre-interrogatoire, le témoin reconnait n'avoir pas reçu des pressions ni d'Otélé, ni de Chief Inoni. Otélé Essomba va plus loin et estime qu'il n'était en rien concerné par le contrat aujourd’hui litigieux. Car, sa signature n'y figure pas. Et le fait qu'il ait accompagné son patron Kewin Wall au cabinet de John B. Ndeh n'engage en rien sa responsabilité. Auquel cas, les collaborateurs du Mintransports Nana Aboubakar et M. Sindeu qui ont pris part à la signature du contrat devraient aussi être interpellés.

© Olivier A. Ndenkop :  L'Actu

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