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Jeu, Mai

Opération épervier
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Paul Barri Mbang a expliqué au tribunal comment les accusés ont procédé pour le détournement de 2,9 milliards de francs Cfa.

Seuls deux des accusés étaient présents à l’audience qui s’est tenue hier lundi, 20 septembre, au Tribunal de grande instance (Tgi) de Douala-Bonanjo dans le procès de l’ex trésorier payeur général (Tpg) de Douala et de ses coaccusés. Il s’agit de Jean Louis Edou Ono, l’ex-trésorier payeur général et Jems Frou Salla, le correspondant informatique. Ibrahim Mouhamed Toukour, le caissier au moment des faits, est en fuite, alors que deux autres accusés ont bénéficié d’un non lieu (leur accusation n’a pas pu être prouvée). Tout au long de sa déposition à l’audience d’hier, le deuxième témoin du ministère public a tenu à expliquer les différentes tractations qui ont conduit au détournement de 2,9 milliards de francs Cfa.

«J’ai fait partie de la mission de contrôle du 28 juillet 2008 qui a contrôlé ce service», précise Paul Barri Mbang. Le deuxième des quatre témoins du ministère public est ingénieur informaticien en service à la direction du Trésor du ministère des Finances. A en croire le témoin encore en service, son travail consiste à l’exploitation et l’administration du système informatique du Trésor et de tous ses services. Il précise par ailleurs ses missions. «Nous devions vérifier les bons de commande de l’exercice 2007. Au regard des irrégularités constatées dans la circonscription financière du Littoral, il était aussi question pour nous de comprendre le débit anormal du compte de bon de commande à la trésorerie générale», explique t-il. Paul Barri Mbang fait également état de ce que des manipulations ont été découvertes dans le système informatique de la trésorerie.

Fausses opérations
Et au témoin de préciser: «Nous avons fait face à des anomalies graves suite à des fraudes devant servir à produire des faux états.» Il fait également état d’un faux compte caisse, d’un faux compte des mouvements de fonds. Il mentionne aussi la présence d’un poste fictif et d’une période comptable fictive, notamment la période comptable 001 en lieu et place de la véritable période comptable. «Il y a eu 16 opérations de janvier à juillet pour un montant de plus de 2 milliards de francs Cfa. Ces opérations ont été faites avec des faux comptes comptables qui permettaient de rééquilibrer la balance et empêchaient d’avoir l’historique de ces opérations dans le compte», explique-t-il.

Et de préciser que «ces fraudes allaient du 26 janvier 2007 au 27 juillet 2007 pour un total de 2,9 milliards de francs détournés de ces opérations fictives». A en croire le témoin, ce système parallèle a été créé grâce à des personnes de l’intérieur de l’entreprise. Ce d’autant plus que «entre 2006 et 2007, plus de 5000 opérations ont été effectuées. Nous avons plu avoir avec exactitude les jours et les heures de ces opérations qui se faisaient le samedi entre minuit et trois heures», déclare le témoin. Pour ce dernier, ce détournement était planifié sur le plan comptable. Il est également convaincu de ce que cela s’est fait grâce au correspondant informatique qui pouvait naviguer dans tous les services.

Blaise Djouokep

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