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Sam, Nov

Opération épervier
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Dans une note parvenue à notre rédaction, les malversations présumées de Gabriel Bengono sont dévoilées : missions fantaisistes, rétro commission, surfacturation, violation de la convention collective... Du pain béni pour la justice ?

Le torchon brûle entre Gabriel Bengono et des salariés de la Société immobilière du Cameroun (Sic). Pour cause, le premier se serait inscrit dans une logique de suppression des acquis sociaux en vigueur sous son prédécesseur, Boniface Ngoa Nkou. Chose qui provoque le courroux des seconds. Et comme dans un couple au bord du divorce, les secrets de la maison sont étalés sur la place publique. Ceux de Gabriel Bengono sont listés dans une note anonyme, mais virulente (lire ci-contre). On peut aisément imaginer pourquoi les salariés, qui en sont probablement les rédacteurs, n’osent pas l’assumer.

Professionnel, votre journal a mené son enquête. Il en ressort que les faits décriés sont assez conformes au climat qui règne à la Sic. Parmi les ‘’14 péchés capitaux’’ de Gabriel Bengono, nommé le 12 mars 2012 au terme d’un conseil d’administration aux allures de peloton d’exécution, se hisse en tête d’affiche (un indice assez parlant sur le profil des auteurs) les «Problèmes du personnel». Le refus du maître de céans de revoir «l’indemnité de logement», d’instaurer la «prime d’assiduité et de rendement» ou encore d’octroyer un «13ème mois» cristallise sur sa personne la colère des salariés.

Abonné absent. La millième partie, celle susceptible d’intéresser davantage la justice et les structures de contrôle de la fortune publique, concerne les péchés capitaux 3 (missions fantaisistes) ; 7 (malversations cautionnées par le Dg) ; 10 (honoraires d’avocats exorbitants) ; 12 (exclusion, complaisance et favoritisme pratiqués par le Dg). Des faits constitutifs d’atteinte à l’argent public.

Hélas, jusqu’au moment où nous mettions sous presse, nos tentatives de joindre le Dg de la Sic aux fins de recueillir sa version des faits n’avaient toujours pas prospéré. Dénonciation ou affabulation ? L’ouverture d’une enquête judiciaire permettrait d’en être fixé.

Voici les 14 péchés capitaux de Gabriel Bengono

  1.  «Non application de la Convention collective nationale du commerce
  2. Malgré l’aboutissement de la revendication des délégués du personnel relative au sujet et ayant abouti à la décision N°060/SIC/DG/DRHMG du 29/12/2014 portant application de la convention citée à compter du 1er février 2015, la direction générale n’applique toujours pas ce texte qui améliore les conditions des salariés. Entre autres, les principales attentes concernent :
    • La revue de l’indemnité de logement
    • La revue de l’indemnité de transport
    • L’instauration de la prime d’assiduité et de rendement
    • L’octroi des gratifications de fin d’année
    • L’octroi du 13è mois.
    • Discrimination dans l’attribution de certaines primes
    • Les primes de bilan et de budget sont attribuées de manière discriminatoire. Le problème a été posé par certains cadres et la réponse de la Direction générale a été très surprenante «La prime reste essentiellement subjective».
  3. Des missions fantaisistes
    • Au moment où le traitement du personnel laisse beaucoup de mécontentement, il est inadmissible que des missions «pour aider des amis» soient une pratique courante. En l’occurrence des ordres de mission de 20 jours pour le Sénégal ont été signés pour le Directeur des Programmes et Projets et deux de ses cadres. Ceci s’est passé en décembre 2015 pendant que les revendications du personnel étaient à leur comble.
  4. Mauvais traitement du personnel mis à disposition du DG
    • Le chauffeur, le garde du corps et même le secrétariat se plaignent d’un égoïsme exagéré de leur patron qui ne se soucie en aucun cas de l’amélioration de leurs conditions de travail.
  5. Fragilisation de l’autorité des responsables
    • Le DG fragilise l’autorité de ses directeurs en leur créant des circuits parallèles de travail. Résultat : certains responsables sont surpris de ce qui se passe dans leurs propres services.
  6. Traitement préférentiel des «anciens prisonniers»
    • Il ressort clairement un traitement de faveur du DG envers les cadres relaxés dans le cadre de l’Affaire SIC Contre Gilles Roger BELINGA. Rappelons que le DG représentait la partie civile dans cette affaire et une forte animosité s’était créée entre lui et les accusés. Donc, comme pour se racheter, nous constatons bizarrement une liaison forte entre ces cadres et lui. Il leur a d’ailleurs tous promu à des postes de fortes responsabilités. Il se dit même qu’ils lui auraient versé une importante partie de leurs rappels après réintégration ; le chiffre de 10 millions de FCFA est avancé. Seul le neveu du chef de l’État a refusé catégoriquement de verser cette «rançon». Son traitement en est aussi conséquent.
  7. Instructions et malversations acceptées par le DG d’un certain «AMOUGOU Jules Martin» dans tous les dossiers de la société.
    • Meneur des actions des «anciens prisonniers» auprès du DG, Jules AMOUGOU, Sous-Directeur des moyens généraux est introduit dans toutes les directions comme un super-directeur.
    • C’est lui qui fait et défait les responsables à l’exemple de M. EKONGOLO MPESSA, ancien Sous-Directeur Financier mis à la disposition du Chef de Service Financier de la Direction Régionale de Douala sous l’indignation de tous les cadres mais avec la bénédiction du DG.
    • AMOUGOU Jules initie pratiquement toutes les primes (Bilan, Budget). Il a introduit des primes faramineuses liées au fonctionnement des travaux de réhabilitation de la SIC à la CTR où il est le Président de la Commission de suivi de l’exécution du Contrat-Plan SIC-État du Cameroun.
    • Il a avec Madame Adèle MBALLA ATANGANA surfacturé le billet d’avion du DG pour la Chine en 2014 pour une valeur de 22 millions de FCFA au lieu de 8 millions. Le DG sera saisi de cette situation et ne fera rien.
    • La même Adèle MBALLA ATANGANA ayant gagné des marchés pour l’entretien des cages d’escaliers et des espaces verts au camp SIC MESSA par le biais de M. AMOUGOU, n’a jamais réalisé ces travaux malgré les avances de démarrage perçus.
  8. Atteinte au code éthique par des recrutements établis comme conflits d’intérêts
    • Le DG a recruté :
    • - la sœur de M. SOLLO Jean William en échange de recrutement de son fils à la CAMWATER
    • - son neveu, M. MBARGA Jean Bertrand, comme Sous-Directeur Financier.
  9. Atteinte au code éthique par des attributions de logements établis comme conflits d’intérêts
    • Le DG a logé son fils à la Cité Verte en lui faisant bénéficier de la bonification de 50%, pratique interdite par lui-même qui prescrit l’application du taux de 100% à tous les nouveaux locataires fonctionnaires ou privés.
    • Son autre fils, agent à CAMTEL, a bénéficié des mêmes faveurs au camp SIC MESSA.
    • Bref, ses attributions de logement sont parfaitement ciblées entre amis, copains et famille.
  10. Honoraires d’avocats exorbitants
    • Il y a une forte inadéquation entre les frais d’honoraires et les résultats obtenus dans les différentes affaires. Ainsi, 100 millions de FCFA ont été débloqués par les manœuvres du Chef de la Cellule juridique M. OSSE ENDOMBA. Il s’agit des distractions des fonds d’une société en péril.
  11. Exclusion totale du DGA de la gestion
    • Le DGA est visiblement exclu de la gestion de la société. Les vrais collaborateurs du DG étant M. AMOUGOU et M. OSSE et dans une certaine mesure M. WOUANGNA Ernest.
  12. Exclusion, complaisance et favoritisme pratiqués par le DG
    • Le DG a prorogé le contrat du Directeur Commercial et du Marketing, M. NDOE alors qu’il était admis à faire valoir ses droits à la retraite. Il sera malheureusement remis à l’ordre par le conseil d’administration qui instruira l’arrêt immédiat d’activité du concerné à la SIC après six (06) mois.
    • Le même DG a refusé la prorogation du contrat de l’Attaché du PCA malgré la motivation du PCA.
    • L’intérim de la Direction Commerciale et du Marketing assurée par M. WOUAGNA Ernest alors que cette direction a deux sous-directeurs et des chefs de service capables d’assumer cette fonction.
    • M. WOUATSA est exclu du fonctionnement de la société. Il s’agit là d’une gestion catastrophique des Ressources Humaines quand nous savons que M. WOUATSA est un ingénieur sénior de la société.
  13. Freinage de l’exercice de la fonction de délégué du personnel
    • Le DG en deux ans (2014 et 2015) n’a reçu les délégués du personnel que trois (03) fois alors que la loi dispose des audiences mensuelles avec les délégués du personnel.
  14. Avancements du Personnel et Médailles d’Honneur du travail toujours en attente

Suite aux revendications des délégués du personnel, les avancements et les médailles sont attendus depuis 2014. De nouvelles promesses ont été faites pour 2016.»

© La Météo : Ousmane Shérif

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