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Dim, Oct

Opération épervier
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C’est à peine si l’on connaît à la tête de quel ministère David Siegfried Etamè Massoma a été nommé, le 12 décembre 2004. Beaucoup savent juste qu’il est ministre. Mieux, ministre délégué à la présidence de la République chargé du Contrôle supérieur de l'Etat. Il fait parler de lui, quasi discrètement, le 16 juillet dernier lorsqu’il remet des commissions d’emploi aux vérificateurs nouvellement promus, mais aussi procède au lancement de la deuxième phase des activités de la cellule de lutte contre la corruption. Le ministre délégué a ainsi remis des «laissez-passer» à 16 inspecteurs et 13 contrôleurs d’Etat.

«Monsieur le gouverneur». Telle est l’image qui lui colle à la peau, lui qui a servi, pendant de longues années, comme gouverneur de province. Un jour, il lancera à ses collaborateurs sur un fond de menace : «De mon cabinet, il est désormais possible d’identifier le vérificateur dont l’utilisation de la commission d’emploi aurait violé les règles d’éthique et de déontologie.» Depuis le déclenchement de l'opération dite «Epervier», rares sont en effet les gestionnaires de la fortune publique qui s’en sont sortis indemnes des serres des hommes de David Siegfried Etamè Massoma, venus passer au peigne fin leurs livres comptables Parmi ses victimes, figurent Emmanuel Gérard Ondo Ndong, Alphonse Siyam Siwé, Emmanuel Edou, Edouard Etonde Ekotto, André Booto a Ngon, Polycarpe Abah Abah et, par extension, Jean Baptiste Nguini Effa, Paul Ngamo Hamani…

Les sanctions que son ministère a jusqu’ici infligées aux fonctionnaires continuent à faire grand bruit, pour les plus connus. A l’instar de Gervais Mendo Ze, reconnu débiteur envers le Trésor public d'une somme de plus de 2,6 milliards Fcfa représentant le préjudice causé à la Crtv. Il lui a été infligé une amende spéciale de 2 millions Fcfa, assortie d'une déchéance d'une durée de 5 ans, comme le prescrit la loi du 8 juillet 1976 relative au contrôle des ordonnateurs, gestionnaires de crédits publics et des entreprises d'Etat. Le Contrôle supérieur de l’Etat doit également essuyer des critiques liées à la qualité de ses hommes et à ses véritables missions.

Pour le premier cas, Me Mong, l’un des avocats de Polycarpe Abah Abah, se plaignait récemment de la qualité des rapports produits. Selon lui, ces documents «sont des plus inquiétants car, ces inspecteurs ne respectent plus la déontologie. Ils ne tiennent pas compte des manuels de procédure. On trouve, au Contrôle supérieur de l’Etat, des professeurs de sport ou de géographie». Pour le second cas, les rapports du Contrôle supérieur de l’Etat sont destinés au président de la République et non à la justice, qui s’en servirait aujourd’hui pour interpeller les auteurs de détournements des deniers publics. Et David Siegfried Etamè Massoma, ancien ministre des Sports et non moins pratiquant de tennis, sait certainement ce qu’il fera du rapport issu des auditions au Minsep.

J.B.A.

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