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Mar, Sep

Opération épervier

Marafa Hamidou Yaya, ancien ministre d’État en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, a été condamné à vingt ans de prison ferme mercredi par la Cour suprême camerounaise

Arrêté le 16 avril 2012, Marafa Hamidou Yaya avait été condamné par le Tribunal criminel spécial (TCS) à 25 ans de prison ferme le 22 septembre de la même année, pour coaction de détournement de 31 millions de dollars (24 milliards de francs CFA), destinés à l’acquisition d’un avion neuf pour les voyages du chef de l’État.

Le TCS avait jugé coupable Marafa d’avoir apporté son aide (sa « complicité intellectuelle ») à un montage financier qui aurait été monté par Yves Michel Fotso et destiné à détourner la majeure partie des 31 millions de dollars destinés à l’achat de l’avion présidentiel. Clamant son innocence, l’ancien secrétaire général de la présidence de la République avait fait appel.

Mais les juges de la Cour suprême ont confirmé mercredi 18 mai sa condamnation, tout en « allégeant » sa peine, qui est désormais de vingt années de réclusion. L’audience aura duré plus de treize heures, s’étant ouverte la veille à 16 heures et ayant pris fin à 5h30 du matin.

« Condamnation politique »

« Je m’y attendais », confie l’avocate de Marafa, Alice Nkom. « Des instructions avaient été données, cela se sentait. On n’a plus de Cour suprême : chaque fois, leur verdict est un copié-collé, mot pour mot, de celui du TCS », ajoute-t-elle.

« Ce qui est extraordinaire dans cette affaire, c’est que Marafa a été condamné pour le détournement de 31 millions de dollars. Or,  Atangana Mebara, pourtant son successeur au secrétariat général de la présidence a été lui aussi condamné pour avoir détourné la même somme [le 6 janvier 2016 à 15 ans de prison, NDLR] », explique encore l’avocate. « En droit, si l’un est condamné, l’autre ne devrait pas l’être, puisque c’est la même affaire. C’est une condamnation politique », conclut-elle.

En dehors d’une hypothétique grâce présidentielle, le dossier Marafa est donc refermé. Et son personnage principal va retrouver, malgré un état de santé préoccupant, sa cellule du secrétariat d’État à la Défense chargé de la gendarmerie à Yaoundé. « Marafa voulait absolument être jugé rapidement car il est malade. Il avait refusé d’aller à l’hôpital pour assister à l’audience », révèle un proche du dossier. « On ne veut pas le soigner, ils veulent qu’il meurt », déplore Alice Nkom.

Source: Jeune afrique

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