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Sam, Aoû

Opération épervier
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Il est constant dans le landernau politique national que les moments d’effervescence libèrent les énergies. A des fins d’expression, de positionnement ou même de
pression, voire de manipulation. Aucune attitude, aucun acte ou geste n’étant ni gratuit, ni innocent dans cet espace public où les intérêts divergent, s’affrontent, s’entrechoquent. C’est ainsi que, naturellement, l’appel à la candidature de Paul Biya dans la perspective de la prochaine élection présidentielle n’est pas allé sans susciter des vagues. Au gré de sensibilités, des affinités idéologiques ou politiques, des ambitions affichées ou discrètement entretenues. Illustration de ce bouillonnement circonstanciel, des voix se font entendre de manière plus ou moins véhémente pour se rappeler au souvenir, à la sympathie bienveillante des concitoyens. Au sujet notamment d’affaires pendantes devant les différentes juridictions du pays, voire celles pour lesquelles cours et tribunaux se sont définitivement prononcés, conférant à ces décisions l’autorité de la chose jugée. A l’examen, il se dégage un dénominateur commun : les diatribes et réquisitoires dirigés contre les autorités étatiques portent sur les poursuites ou les condamnations liées aux atteintes présumées ou avérées contre la fortune publique.
L’objectif des initiateurs de la campagne éditoriale qui fait florès dans de nombreuses publications de la place est de faire admettre à l’opinion que la campagne engagée de longue date par le président Paul Biya contre les détournements de deniers publics serait plutôt une opération d’épuration politique. Une manoeuvre politicienne qui serait dirigée contre de potentiels adversaires du chef de l’Etat. Naturellement, ceux qui se présentent sous cette étiquette et qui ont maille à partir avec la justice clament leur innocence et crient à l’instrumentalisation des différentes instances à des fins inavouées. Ils se considèrent de ce fait comme prisonniers politiques.
Or, les faits tels qu’ils ont été exposés devant les juridictions compétentes attestent plutôt que les mis en cause se sont donné des libertés coupables avec la chose publique. Ce qui va à l’encontre des moeurs républicaines et des options fondatrices du Renouveau, la rigueur et la moralisation, dont le promoteur, Paul Biya, avait fait un leitmotiv de son programme politique. Rétrospectivement, il apparaît que les appels et mises en garde répétées du chef de l’Etat n’ont pas découragé certaines velléités. Des dérives dont les auteurs répugnent cependant à faire amende honorable devant la nation qu’ils ont spoliée.
Les choses reviennent à un principe élémentaire qui établit l’égalité de tous devant la loi. Sans que quiconque puisse, du point de vue du droit se soustraire à cette
contrainte constitutionnelle. Au contraire, plus haut on est placé sur l’échelle administrative, plus on devrait prendre conscience de l’obligation de servir avec désintéressement.
Au nom de quoi un agent subalterne devrait-il être puni pour des indélicatesses par lui commises et le haut, commis de l’Etat ne pas « rendre gorge » pour ses égarements dans les mêmes conditions ? Cameroon Tribune tente de restituer les faits, d’alimenter le débat, de décrypter le jeu trouble de certains protagonistes.

© Cameroun Tribune : MAKON ma PONDI

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