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Sam, Mar

Opération épervier
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Sa dernière visite à Garoua remonte au 28 février 2016. Haman Adama, ci-devant ministre de l’Education de base, avait pris une part très active au «Grand meeting de l’élite du Nord pour appeler à la candidature de Paul Biya à la prochaine élection présidentielle ». «J’ai été sollicitée par le lamido (Lamido de Rey-Bouba, Ndlr) pour apporter ma contribution à ce grand événement. C’était normal que je réponde présente», confiait-elle dans les coulisses du meeting.

Sa présence n’était pas passée inaperçue. Assise au premier rang de la tribune d’honneur, l’ancienne pensionnaire de Kondengui n’a pas résister à accompagner les groupes d’animation venus agrémenter le meeting. Mais depuis sa libération en septembre 2013, Haman Adama partage son temps entre ses occupations domestiques et ses activités politiques. «J’ai eu beaucoup d’enfants en plus de ceux qui sont à ma charge.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup de petit-fils ; je consacre mon quotidien à m’occuper d’eux. Franchement, je ne m’ennuis pas du tout et je me porte même très bien», soutient l’ancienne ministre qui est affectueusement appelée Néné à Garoua. Dans son entourage, on lui prête pourtant des projets politiques. Certains de ses proches affirment que Haman Adama caresserait le rêve de briguer un poste électif aux prochaines élections municipales et législatives de 2018. L’intéressée, sans démentir, n’apporte cependant une réponse claire à ces affirmations.

«Ecoutez, pour l’instant, il n’y a aucune élection en vue. Tout ce que je sais, c’est que j’apporte ma contribution à la construction et au dynamisme de mon parti, le Rdpc. Le reste appartient à Dieu, personne ne peut le prédire maintenant», répond-t-elle ; avant d’ajouter : «J’ai une longue et riche carrière administrative et politique. Par contre, il me vient très souvent à l’esprit de partager mon expérience avec la jeunesse dans un livre. En ce moment, j’ai beaucoup de temps, j’en profite pour lire et noter également plein d’anecdotes qui ont émaillées ma carrière», affirme l’ancienne ministre qui a connu une descente aux enfers brusque.

Accusée de détournement de fonds, elle est mise aux arrêts le 6 janvier 2010. Un an plus tôt, elle s’était vue limogée du gouvernement le 30 juin 2009 et remplacée par Youssouf Adidja Alim, originaire de la Bénoué comme elle. C’est après avoir séjourné au quartier 5 de la prison centrale de Kondengui à Yaoundé plus de deux ans, qu’elle sera officiellement notifiée des faits qui lui sont reprochés. Arrêtés pour un détournement de près d’un milliard de Fcfa, le juge d’instruction va ramener l’enveloppe à environ cent millions de Fcfa.

Les charges, qui pesaient contre elle, portaient sur des marchés publics liés à la gestion du paquet minimum, censé garantir la gratuité de l’enseignement primaire. A côté de ces faits, il y avait également la gestion des projets et programmes financés sur ressources Ppte. Notamment le dossier des instituteurs vacataires et les frais de mission payés par le Minedub pour les exercices 2005 et 2006.

Profitant d’une disposition du texte régissant le fonctionnement du Tribunal criminel spécial et qui offre la possibilité à l’accusé de rembourser le corps du délit, Haman Adama va restituer à l’Etat la somme de 212,5 millions de Fcfa. Un acte qui lui a fait bénéficier de l’arrêt des poursuites contre sa personne et de naturellement recouvrer la liberté.

© L’Oeil Du Sahel : INNOCENT-BLAISE YOUDA

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