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Sam, Aoû

Lettres de Marafa

MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRAUSATION 


Yaoundé le 7 septembre 2008 

Excellence, Monsieur Le Président de la République, 


J’ai le Très Grand Honneur de Vous faire parvenir ci-joint le rapport portant sur la désignation du Chef du 2 degré de SABGA, dans la Province du Nord-Ouest. 

Si je me résouds à Vous faire parvenir ce rapport sur une affaire qui aurait dû être et rester une banale affaire administrative, c’est parce que des responsables à des niveaux insoupçonnés de la hiérarchie administrative et politique ont délibérément tenté d’instrumentaliser une simple crise de succession à la tête d’une chefferie de 2eme degré à des fins bassement mercantiles pour certains et plus pernicieuses pour d’autres mais en tout cas dénuées de tout loyalisme et de tout patriotisme, puisque n’ayant pas hésité à en appeler à une chancellerie étrangère et à impliquer les Nations Unies dans une affaire qui aurait dû rester au niveau du Préfet de la Mezam. 

Excellence, Monsieur Le Président de la République, 

Si je me résouds aujourd’hui à distraire Vos précieux instants sur cette affaire qui ne méritait pas à mes yeux de parvenir jusqu’à Vous, c’est pour solliciter respectueusement l’ouverture d’une enquête afin que les responsabilités des uns et des autres soient définitivement et clairement établies. 

En effet, alors que je croyais naïvement que la paix et le calme étaient revenus à SABGA, voilà qu’un Mbororo « repenti » me fera dire qu’il est rongé par le remords des accusations graves qu’il aurait portées contre ma personne et me fait parvenir une copie de la note en date du 24 juillet 2008 que l’Honorable MVONDO ASSAM Bonaventure, Député à l’Assemblée Nationale, Vice-Président de la Commission de Défense et de Sécurité aurait adressée à Son Excellence Monsieur Le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef des Armées. 

II convient d’emblée, de relever les inexactitudes contenues dans la note de l’Honorable Député. En effet, il affirme qu’«au Cameroun, on dénombre environ deux millions cinq cent mille Mbororos (2.500.000 habitants).. Ils sont une communauté importante estimée à 12,5% de la population camerounaise »! 

De même, lorsque Monsieur MVONDO ASSAM Bonaventure relate le « processus de désignation du Lamido disparu» (?), il aurait gagné en objectivité à mieux se renseigner. 

Il y a également lieu de relever que lorsqu’il cite les gens dans la hiérarchie administrative, l’Honorable député se réfère au Premier Ministre et au Préfet de la Mezam par leurs titres officiels mais préfère délibérément parler de Monsieur MARAFA HAMIDOU YAYA et de Monsieur KOUMPA ISSA (ancien Gouverneur de la Province du Nord- Ouest). En effet, dans le schéma mental que s’est construit le Député, il ne faut citer que des patronymes évocateurs d’une même région, pour mieux conforter sa thèse de complot. 

Mais au-delà de ce qui précède et qui est somme toute anecdotique, ce sont les accusations suivantes proférées par le Vice- Président de la commission de Défense et de Sécurité de l’Assemblée Nationale qui sont graves, outrageantes et inacceptables. 


En effet, il affirme: 


1. « Monsieur Le Président de la République, dans différentes notes antérieures, nous avons souligné l’ambition d’un grand destin national qui anime Monsieur MA RA FA HAMIDOU YAYA. Nous avons également établi la connexion entre le Ministre d’Etat et El Hadj Danpoulo qui représente et défend ses intérêts à la fois politiques, financiers et économiques. Il est évident que l’action de Monsieur DANPOULO et la grande liberté de manœuvres dont il bénéficie s’inscrivent dans un schéma d’assistance de Monsieur MARAFA HAMIDOU YAYA dans sa stratégie de conquête de pouvoir». 

Monsieur MVONDO ASSAM devra fonder ces allégations dans lesquelles je ne me reconnais nullement mais qui, pour lui, semblent relever de l’«évidence» ! 

2. «Il nous a été rapporté peut être à Votre insu, que le Ministre d’Etat introduit étrangement dans les réunions de CCO, Monsieur DANPOULO, qui a d’ailleurs abrité l’une d’elles dans son Ranch de Ndawara». 

Encore une fois, Monsieur MVONDO ASSAM se fourvoie totalement. En effet; le Comité de Coordination de l’Ordre (CCO) est régi par l’instruction présidentielle du 22 novembre 1969, modifiée par celle n°16/CAB/PR du 21 mars 1978. Sa composition est constituée de responsables connus en charge des questions de sécurité. 

Les Gouverneurs de province organisent les CCO à chaque fois dans un département différent de leur province. Et lorsque dans un département il n’y a pas de structure publique ou hôtelière susceptible d’abriter ces réunions, le préfet territorialement compétent propose des installations privées pour ce faire. Cela a été le cas dans le département de Ngo Ketunjia où les structures du ranch de Ndawara ont abrité un CCO. Il en a été de même par exemple dans la province de l’Extrême-Nord où le dernier CCO tenu dans le département du Mayo Sava a bénéficié des structures du Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice à Kolofata. 

3. «Nous sommes également fondés de penser, de façon rétrospective que c’est dans cette optique que le Gouverneur KOUMPA ISSA, actuellement à Yaoundé, a pour un temps été affecté dans la Province du Nord-Ouest, pour s’assurer et organiser les conditions de ralliement des Mbororos à la cause MARAFA HAMIDOU YAYA. Monsieur KOUMPA ISSA est revenu à Yaoundé, certainement pour une autre mission ». 

Les Gouverneurs de province sont nommés par Le Président de la République dont ils sont les représentants. Monsieur KOUMPA ISSA a bénéficié de la confiance de Monsieur Le Président de la République successivement à la tête des provinces du Sud, du Nord-Ouest et du Centre où II s’acquitte à ma connaissance des mêmes devoirs que les autres gouverneurs de la République. 

Si Monsieur MVONDO ASSAM a connaissance d’autres missions qui auraient été confiées à Monsieur KOUMPA ISSA, Gouverneur de la Province du Centre, il devrait le porter à la connaissance de qui de droit afin que toutes les conséquences puissent en être tirées. 

Compte tenu de ce qui précède, je voudrais solliciter respectueusement l’ouverture d’une enquête sur ces graves accusations afin que le cas échéant, les uns et les autres puissent être rétablis dans leur honneur. 

Je Vous prie d’agréer, Monsieur Le Président de la République, l’expression de ma Très Haute considération ainsi que celle de mes sentiments les plus dévoués. 


Marafa Hamidou Yaya 

Source: L'Oeil du Sahel

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