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Mar, Oct

Kongossa
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Il est des réputations comme des mauvaises habitudes. Si vous ne vous défaites pas, elles finissent tôt ou tard par vous perdre. Ainsi, en est-il de la réputation et/ou de la mauvaise habitude de nos bidasses envers les femmes. Il paraît qu'ils ne peuvent pas voir une joliesse passer sans qu'ils essaient de tenter leur chance. Plus souvent d'ailleurs avec des arguments sonnants et trébuchants, qu'avec la persuasion tranquille et débonnaire qui sied aux véritables tombeurs de ces dames. La mésaventure survenue à Antoine D. surnommé Travolta par ses camarades d'armes, est révélatrice de cette tendance prononcée à la bonne chair chez nos hommes en tenue. 

Antoine D. est officier de 2e grade dans la police camerounaise, en service à Yaoundé. Marié et père de 5 enfants, l'homme filait le parfait amour ( ?) avec son épouse, (croit-elle) institutrice. Il y a quelques semaines, il quitte Yaoundé où il vit (au quartier Oyom Abang) pour Bamenda pour un business (or, il avait dit à son épouse qu'il allait à Douala pour impératif de service). Son séjour terminé dans la métropole régionale du Nord-Ouest, il entreprend de regagner la capitale politique. Sur le chemin du retour, les hasards du voyage le mettent sur la route d'une charmante jeune fille qui prend place à ses côtés. Pour Travolta (appelons-le ainsi), il faut être fou ou eunuque pour laisser passer une telle occasion. Notre flic n'est pourtant ni l'un, ni l'autre. Bien au contraire. Et en plus, il a les poches plutôt parlantes. 

Après quelques kilomètres de voyage, Travolta passe à l'attaque. De la conversation, il finit par apprendre que la ravissante créature assise à ses côtés se rend chez sa tante à Yaoundé, mais compte tenu de l'heure d'arrivée du bus dans lequel ils voyagent, il est très certain que la tante n'ouvrira pas sa porte. Question de principe: passé 22 heures, elle n'ouvre plus. Pour Travolta, l'information est capitale en même temps qu'elle décuple sa volonté d' «enlever» la pimpante blondasse. 

Septième ciel 

A la descente du bus, Travolta propose à sa dulcinée de l'héberger, ne fût-ce qu'une nuit. Et le lendemain, elle pourra rejoindre le domicile de sa tante. Après des atermoiements et hésitations de circonstance, elle accepte. Travolta, aux anges, lui fait alors faire un tour dans un restaurant de la place où ils se gavent, avant de prendre le chemin de l'hôtel à Mballa 2 où on apprête au « couple » une bonne chambre. C'est chaud ! 

Baignoire, vision de film « X », « Coucou », câlins, et enfin dodo, après ces débats ... houleux. A son réveil dimanche matin, Travolta tout encore à sa satisfaction, est surpris de constater que sa belle de nuit n'est pas à ses côtés. Plus grave, la porte est fermée de l'intérieur. En effet, Travolta avait pris soin de cacher la clé pour que la fille ne profite de son sommeil pour s'en aller. La clef, il la retrouve où il l'a cachée la veille. C'est alors qu'il comprend que quelque chose ne tourne pas rond. D'autant que la jalousie revient dans ses rêves régulièrement au foyer conjugal. Ce que va lui confirmer un tradipraticien, non sans lui faire remarquer que s'il ne se soigne pas, son « fusil d'assaut » (on se comprend) disparaîtrait. Depuis, Travolta se trouve dans un village pour sauvegarder ses attributs.

Martial Samba | L'Indépendant

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