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Kongossa
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Hier, mardi 15 septembre, au cours de l’audience du Tribunal militaire de Yaoundé dans l’affaire qui oppose le ministère public au lieutenant Luc Emane poursuivi pour vol et violation de consigne, l’ex-officier en service à la présidence de la République a été condamné a 12 mois d’emprisonnement ferme et au paiement d’une amende de 100 000Fcfa d’amende au bénéfice du ministère public. Luc Emane devra aussi payer les dépens qui s’élèvent à 65 000Fcfa. Le colonel Mvondo Akoutou, le président du Tribunal militaire de Yaoundé qui a prononcé cette peine, avait préalablement précisé que l’accusé a bénéficié  des circonstances atténuantes, au regard de ses aveux spontanés, de sa qualité de délinquant primaire et de sa bonne tenue au tribunal. Luc Emane a dix jours pour faire appel de cette décision.
L’affaire dite du vol de la mallette du président remonte au 21 septembre 2008. Luc Emane, alors garçon de course du chef de l’Etat, fait partie de la délégation du couple présidentiel qui, en partance pour New York, fait escale à Genève en Suisse, et descend à l’hôtel Intercontinental. Le directeur du Cabinet civil confie une chemise sur laquelle il est marqué « Lecture du président de la République » au maréchal des logis Théodore Bolo Banga. Quelque temps après, Luc Emane arrive et confie au gendarme l’envoi d’un fax à un autre étage de l’hôtel. A son retour, Théodore Bolo Banga constate que la mallette dont il a la garde a disparu. Après des recherches, la mallette est retrouvée sous le lit de Luc Emane. Rien n’y avait été extrait.
A l’ouverture de l’audience le 1er septembre dernier, Luc Emane a plaidé coupable des faits qui lui sont reprochés. Lorsque la parole lui a à nouveau été donnée, il a opté pour le silence : « Je préfère me taire parce que je ne peux pas affronter la République », a-t-il déclaré, avant de solliciter la clémence du tribunal. Dans ses réquisitions, le colonel Pierre Désiré Mviena, le commissaire du gouvernement, a demandé au tribunal de punir sévèrement l’accusé, eu égard au fait qu’il était au service de « la plus haute autorité de l’Etat ». « Ce délit de vol et violation de consigne porte atteinte à l’honneur et à la dignité de l’armée », a-t-il martelé.
Interpellé le 21 septembre 2008, Luc Emane est écroué à la prison centrale de Yaoundé au quartier Kondengui le 07 janvier 2009. Il aura donc déjà purgé neuf des 12 mois de sa peine. La zone d’ombre de cette affaire demeure cette question que Me Valentin Ndjip, le conseil de l’accusé, avait suggéré au cours de la dernière audience : «Pourquoi Luc Emane a-t-il pris la mallette du président de la République ? » A ce sujet, l’acte d’accusation indique que Luc Emane a avancé plusieurs explications, « les unes aussi alambiquées que les autres ». « Il s’est passé quelque chose », a insisté l’avocat. Mais quoi ? La question demeure.

Luc emane : 22 ans au service du chef de l’Etat

Après la découverte de la mallette du président de la République sous son lit, dans une chambre de l’hôtel Intercontinental de Genève, en Suisse, Luc Emane qui fait partie des éléments de la Direction de la sécurité militaire est précipitamment renvoyé au Cameroun le lendemain de l’incident, sous bonne escorte. A l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen, il est accueilli au bas de la passerelle par ses collègues de la sécurité rapprochée du chef de l’Etat, avant d’être incarcéré dans une cellule de la Garde présidentielle au palais d’Etoudi, puis à la prison militaire de Yaoundé.
Le 07 janvier 2009, Luc Emane est écroué à la prison centrale de Yaoundé au quartier Kondengui. Mais il est plusieurs fois hospitalisé. Il a d’ailleurs passé trois mois en hospitalisation à l’hôpital général de Yaoundé. D’après son avocat, Luc Emane souffre d’une maladie cardiaque. Il aurait aussi souffert de troubles mentaux. « A un moment, on a eu peur pour sa vie », avait déclaré son avocat dans sa plaidoirie le 1er septembre dernier. Dans la nuit du 5 au 6 décembre 2008, l’officier avait d’ailleurs essayé de se suicider à l’hôpital militaire de Yaoundé où il était interné, en cognant plusieurs fois sa tête contre le mur. Cela après que le 1er décembre, un décret signé du président de la République l’avait mis en retraite avec effet immédiat, aux motifs de « faute lourde et faute contre la discipline ».
Père de six enfants, Luc Emane a travaillé dans l’armée camerounaise pendant 23 ans, dont  22 aux côtés du chef de l’Etat. Le capitaine de vaisseau Fouda, aide de camp de Paul Biya et supérieur hiérarchique de l’accusé au moment des faits, présente Luc Emane comme un « élément disponible, travailleur et dévoué », malgré une vie privé « chaotique ». 

Réactions

Colonel Pierre Désiré Mviena, commissaire du gouvernement : « C’est une affaire délicate »

La loi a été appliquée. C’est une affaire délicate, je ne souhaite pas faire de commentaire.

Me Valentin Ndjip, avocat de Luc Emane : « Mon client n’a jamais été un malade mental »

C’est une décision de justice. Mon client a choisi de plaider coupable, il nous revenait de plaider des circonstances atténuantes. Le juge les a d’ailleurs admises en tenant compte de la bonne conduite de mon client à l’audience, de sa qualité de délinquant primaire et du rapport de son supérieur hiérarchique, le colonel Fouda. Mon client était poursuivi pour vol et  violation de consigne. La loi prévoit pour ce délit une peine maximale de 10 ans. Le juge a rendu son verdict. Est-ce que nous allons faire appel ? Nous avons dix jours pour cela. Il faudrait, pour me prononcer, que je m’entretienne avec mon client. Il est malade, il souffre d’une maladie cardiaque contractée pendant la période de 22 ans qu’il a passée à servir le chef de l’Etat. Mon client n’a jamais été un malade menta

(le jour)l.

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