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Le sieur Mbah Patrick Musi, tradi praticien très connu dans la ville de Kumba, région du Sud-Ouest, a été condamné à la mort par pendaison par le tribunal de grande instance de Kumba le lundi 31 août dernier. Le juge Emmanuel Mbando Ngoe a prononcé son verdict en l’absence du marabout, qui avait fondu dans la nature un mois plus tôt, alors que son mandat d’incarcération à la prison de Kumba était encore en cours de validité. Les nommés Margarate Asogo née en 1960, Ndongaken Jonas, né en 1975, Njukang Vincent Ndongaken, né en 1970 et Asonganyi Aloysius Ndongaken, né en 1959, ont, quant à eux, été condamnés à vie.

Ces derniers sont tous des membres d’une famille résidant dans le département du Lebialem, dans le Sud-Ouest. Ils ont écopé de la même peine que le sieur Moses Chi Ngunu, né en 1940 et originaire de Bafut dans la région du Nord-Ouest. Tous les condamnés, excepté Mbah Partrick Musi, le marabout , vont par ailleurs être soumis à une contrainte par corps à vie. En outre, ils devront payer chacun la somme d’un million de F.cfa pour le délit commis et réprimé par l’article 125 du code pénal.
Les six personnes condamnées sont accusées en effet de meurtre. Les faits incriminés remontent à la fin de l’année 2007. L’une des filles de la famille Ndongaken est alors gravement malade. Ses proches parents font le tour des hôpitaux de la région, mais la malade, âgée d’environ 20 ans, ne recouvre pas sa santé. Des incantations effectuées en sa faveur, en vain. Même les rites traditionnels n’y font rien. Les parents de la jeune fille dont le nom n’a pas été révélé, concluent à une maladie mystérieuse.
Commencent alors le bal des accusations mutuelles. C’est dans ce climat de tension qu’un des protagonistes propose de consulter un «voyant». L’on jette le dévolu sur Mbah Patrick Musi, marabout réputé à Kumba. Mbah Peter s’invite chez les Ndongaken et exige l’achat d’un canard. L’animal tué, est découpé en petits morceaux, cuit et servi à tous les proches parents de la famille de la fille décédée entre temps. Deux d’entre ceux-ci décèdent sur le champ, après avoir dégusté cette espèce de « cadis ».
Choquées, les populations du quartier portent plainte au Tgi de Kumba pour meurtre. La compagnie de gendarmerie de Kumba descend sur les lieux et met aux arrêts le marabout, ainsi que les quatre membres de la famille sus-nommée. Le procureur de la République ordonne une autopsie sur le corps des deux parents décédés. Le résultat de l’expertise révèle la présence du poison dans la viande de canard servie aux victimes. Selon nos sources, un papa avait, début 2007, trouvé la mort après avoir mangé la viande de canard concocté et servi dans les mêmes conditions par Mbah Patrick, qui a pris la clé des champs début août, à l’issue de l’avant-dernière audience de son procès, sous la barbe du gardien de prison chargé de l’escorter.

(le jour)

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