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L'ancien député a "confisqué" les biens d'un partenaire en affaires au terme d'un contrat d'usure.

L'après-midi du mercredi 15 juillet dernier a été troublée par un incident peu commun au quartier Akwa (Douala). La scène se déroule au "carrefour Idéal", non loin de l'ancien cinéma le Wouri. Une équipe spéciale d'intervention rapide (Esir) débarque pour saisir un véhicule bleu de marque Rav 4, immatriculé LT 2038-K. Sur place, et en l'absence du maître des lieux, les employés du magasin Idéal vont s'y opposer. Selon eux, la voiture appartiendrait à leur patron Isaac Ngahane, ancien député et propriétaire des boutiques de prêt-à-porter dénommées Idéal et Dallas. Très vite, un attroupement se crée alentour. L'absence d'un huissier de justice et d'un document indiquant la décision de l'autorité compétente en matière de saisie du véhicule, sont notamment décriés par les agents du prêt-à-porter trouvés sur place.

Plus tard, la voiture sera remorquée vers la Légion de gendarmerie de Bonanjo. Ceci, disent alors les policiers, pour éviter de ternir l'image de la boutique et frustrer la clientèle. Selon les informations glanées sur place, il ressort de cette histoire dont la genèse date de 1997, que le nommé Jephté Ndosseu Ngassa, à l'époque propriétaire de la société Tombola de l'unité, dit avoir été "abusé" par Isaac Ngahane. De par les documents mis à la disposition de Mutations, Jephté Ndosseu Ngassa, promoteur culturel à ses heures perdues, avait décidé, au moment des faits, de faire venir l'artiste musicien Defao au Cameroun. Ainsi, "il fallait mobiliser des fonds et ayant acheté le matériel musical, je me suis retrouvé sans sous. Je me suis donc tourné vers un aîné usurier, afin que celui-ci me fasse un prêt d'argent avec intérêt", indique Jephté Ngassa.

Hypothèque
Commence alors une série de négociations, qui vont aboutir à un prêt de 50 millions de francs Cfa de Issac Ngahane à Jephté Ngassa. La condition du prêt étant la mise en gage d'une villa entièrement meublée et de deux véhicules appartenant au demandeur. Celui-ci devant alors rembourser ledit prêt à hauteur de 84 millions Fcfa pour rentrer en possession de ses biens. Le concert de Defao n'ayant finalement pas débouché sur les retombées financières escomptées, le remboursement n'a conséquemment pas été effectué dans les délais. Juste quelque 27,2 millions Fcfa seront virés en trois temps (4 millions Fcfa, 22 millions Fcfa et 1,2 million Fcfa) du compte de Jephté Ngassa logé à la Commercial Bank of Cameroon (Cbc) vers celui de Idéal Voyage, l'autre entreprise appartenant à l'ancien député Isaac Ngahane. Ce dernier, de son côté, a aussitôt vendu la villa de son partenaire d'affaires bâtie au lieu dit "ancien dépôt Guinness" au quartier chic de Bonapriso, et s'est approprié les deux véhicules (une Lexus et la Toyota Rav 4). Dès lors, Jephté Ngassa crie à l'illégalité…

L'affaire a été portée devant les tribunaux et, en 2000, une décision a acquitté Isaac Ngahane pour "faits non établis". L'accusé avait en effet été déclaré "non coupable d'abus de confiance, de faux en écriture privée et usage, d'escroquerie et d'usure". L'avocat de la partie civile va faire appel de cette décision le 28 août 2000. Mais contre toute attente, le juge d'instruction lancera plutôt un mandat d'arrêt contre Jephté Ngassa en 2001, l'inculpant notamment de "corruption à fonctionnaire". Pendant que la procédure suit son cours, ce dernier quitte le Cameroun pour Paris (France), afin, prétexte-t-il, de mieux préparer sa défense. "Tout cela était fait dans le but de m'intimider", confie Jephté Ngassa.

De retour au pays après avoir été blanchi à la cour suprême, l'accusateur de l'ancien député semble donc déterminé à rentrer en possession des ses "biens". L'affaire vient en effet de rebondir à la cour d'appel du Littoral. Pour sa défense, Isaac Ngahane prône la prudence, indiquant que la justice seule tranchera l'affaire. "J'ai des pièces et des documents attestant l'acquisition des biens cités, de manière légale. Et je compte m'en servir comme preuve lors de ma défense en septembre prochain. Pour le reste, ce sera à la justice de trancher", a indiqué l'ancien député, quelques heures après le renvoi de l'affaire par la cour d'appel du Littoral au 15 du mois de septembre 2009.

Aristide Ekambi (Stagiaire) (mutations)

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