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Mar, Mar

Kongossa
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La voiture que conduisait Mme Corine Lele a été reconnue hier à Yaoundé par son acquéreur, puis gardée au commissariat central No1 de la ville.

«Même si c’est l’épouse du gouverneur, ni ce véhicule, ni la plaque d’immatriculation qu’elle a dissimulée dans son sac ne bougeront pas d’ici», avertit, courroucé, un jeune homme, assis sur le pare-choc arrière d’une Jeep 4x4 noire de marque Cherokee, immatriculée ES 570 AB. Le véhicule vient d’être conduit dans le parking intérieur du commissariat central No1. Le jeune homme qui profère ces menaces est un proche parent de Léa Atangana, celle là qui, ayant identifié sa voiture, a pris les occupants en chasse, jusqu’à ce que le véhicule s’immobilise devant un magasin à grande surface, le SKT face à la cathédrale de Yaoundé. Mme Corine Lele, l’épouse du gouverneur de la région de l’Est, Adolphe Lele Lafrique est confortablement assise au volant dudit véhicule déclaré frauduleusement acquis. Elle téléphone.

Arrive aussitôt sur les lieux le commissaire divisionnaire Pierre Tiwa de la police judiciaire. Après quelques échanges courts, il conduit les protagonistes et la Cherokee dans le parking intérieur du commissariat central No1, pendant que Corine Lele elle, prend place dans la voiture de fonction du commissaire divisionnaire, sous les protestations des proches de Léa Atangana et même de ses collègues de la police, furieux de voir l’épouse du gouverneur emmener avec elle la première plaque d’immatriculation de la Cherokee, matérialisée dans le Sud sous le numéro SU 728 AB. « C’est sous ce numéro que j’avais fait enregistrer mon véhicule, elle a changé l’immatriculation », déclare Léa Atangana. «Prise au piège, elle voudrait certainement la détruire car c’est une pièce à conviction pour ce dossier.

Il fallait que la police la garde» maintient Léa Atangana. Au commissariat, Pierre Tiwa, tancé de plus en plus par la foule et par ses collègues pour son soutien à peine dissimulé à l’épouse du gouverneur, emmène de nouveau hors de ces lieux mouvementés et loin des regards des curieux en promettant: «Je la ramènerai quand le Central sera là». Ainsi s’achève un fol après midi, qui a donc commencé au magasin Skt. «J’ai reconnu mon véhicule au centre ville. Et je l’ai suivi jusqu’ici, avant d’alerter les forces de l’ordre et de justice pour que constat soit fait», nous explique Mme Atangana. De fait, de nombreux éléments de police sont présents. Elle explique à ces derniers qu’elle a acheté sa Cherokee en 2009 à Douala. Au cours d’un voyage dans la région de l’Est, le véhicule est saisi sans procès verbal, par les éléments du secteur douane de la région à Bertoua. L’absence de procès verbal de saisie du véhicule avait été dûment constatée par l’huissier commis à cet effet par Mme Atangana.

 Ordonnance de confiscation

De guerre lasse, et après avoir refusé de verser la dizaine de millions de F Cfa que les responsables des douanes lui réclamaient pour restituer son véhicule, Léa Atangana saisi le Tribunal de première instance (Tpi) de Bertoua. Elle obtient gain de cause en avril dernier. Le tribunal ordonne la restitution du véhicule par les douaniers. La décision de justice ne fait pas l’objet d’un appel. Seulement, quelques semaines plus tard, Léa Atangana apprend que le président du tribunal de Grande instance de Bertoua a servi au chef secteur des douanes de l’Est, Emmanuel Efoufoule, une ordonnance de confiscation de la Cherokee sur la base d’un procès verbal établi «longtemps après la saisie du véhicule» et qualifié de «faux» par le Tpi.

Sur la base de cette ordonnance, une vente publique est organisée par les responsables des douanes, à l’issue de laquelle, Corine Lele, acquiert le véhicule, sans qu’aucun procès verbal de vente aux enchères ne soit rendu public, indique Léa Atangana, qui ne reverra plus sa Cherokee, jusqu’à ce qu’elle la retrouve ce lundi midi. «J’avais déjà saisi le gouverneur de la région de l’Est, poursuit-elle, pour l’informer de ma mésaventure et pour le prier de faire appliquer la décision du Tpi, avant de découvrir qu’il était lui-même intéressé à travers son épouse, pour l’achat de ce véhicule». Corine Lele, que nous avons approchée, s’est aussitôt braquée à la seule connaissance que c’est Mutations qui la sollicitait.

© Mutations : Serge D. Bontsebe

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